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jeudi 28 janvier 2010

Coeur "Océans"...



Je sors d'une projection du dernier film de Jacques Perrin... et j'ai le coeur océan.
Tant d'animaux, tant d'images, tant de beautés... Des raies de lumière dans l'eau et des raies protectrices : de petits poissons se nichent sous elles, sous leur nageoires comme des ailes... Des membranes colorées se mouvant telles de précieuses étoffes, des touffes d'algues qui cachent des espèces aux aguets... Des bancs de poissons, de dauphins malins... Et des hordes de fous de bassan, fous, alertes, qui plongent et qui au fond n'ont pas peur du fond. Ils côtoient les requins et les dauphins, et tous ensemble piègent leurs petites proies, pour mettre les petits plats dans les grands poissons.

Des animaux nagent, tournent, sautent, se frôlent, dansent, d'autres se déplacent la gueule ouverte... Comme certains dans la salle de cinéma qui ne peuvent s'empêcher de commenter à tout-va. Et tout va vite, voilà un requin, un orque qui rôde, une terrible bataille entre un crabe et une langouste. Ouste !
Et puis les plus grands mammifères du monde se laissent porter par les vagues, chantent, se font des mamours. Dans une autre vie, j'étais effrayée par les baleines. Je réalise maintenant qu'elles sont plus paisibles que certains de mes con-temporains. Majestueuses, gracieuses, tranquilles, elles forcent le respect. Leur grandeur et leur air un peu préhistorique nous rappellent à notre humble condition.

D'autres poissons, plus au fond, ont l'air de drôles de pierres. Et pourtant, eux aussi se meuvent avec détermination et harmonie. Ce qui me frappe, dans ce monde marin, c'est que tous, même les tout petits, même ceux tout au fond, respirent la vie, aspirent les possibles. Pourquoi l'homme répand-il ainsi la mort ? Les scènes les plus tragiques ne sont pas celles où des animaux en attrapent d'autres pour se nourrir, mais... les méfaits causés par l'homme.

Je reste un peu sceptique quand je vois sur l'écran "Fondation Total, EDF, Veolia Environnement"... Je comprends Jacques Perrin qui prend les fonds là où ils sont (c'est le cas de le dire). Mais j'aimerais comprendre comment on peut à ce point-là bousiller la nature et faire semblant de vouloir la sauver. Schizophrénie. Il est vrai qu'il n'y a dans le film aucune allusion aux marées noires... Ni même au réchauffement climatique, ce que j'ai trouvé un peu étonnant. Néanmoins, ma réserve s'arrêtera-là, car la beauté parle et le message passe, je pense.

Courez vous immerger, vous ne coulerez pas ! Et la musique de Coulais (il était destiné à composer pour le film !) vous bercera. Ode à l'eau, hommage à la mer pas amer, sauf que... Il nous faut nous bouger pour la préserver... Amen. Et déjà... Amène-toi au cinéma !

mercredi 27 janvier 2010

Alerte sur le thon rouge et manuel du mangeur de sushi responsable



Hola ! Alerte rouge ! Il faut mettre le holà à la pêche au thon rouge ! Ca fait des années que Greenpeace tire la sonnette d'alarme, et avant de verser de chaudes larmes sur la disparition pure et simple de l'animal, il faut agir maintenant. Près de 80 % de la population de thon rouge a été décimée... On doit lui fiche la paix, si on veut qu'il puisse se reproduire.

En signant les pétitions destinées à secouer le gouvernement, et notamment le ministre de l'Agriculture M. Le Maire*. Car la mer, magnifiquement montrée dans "Océans" qui sort aujourd'hui sur les écrans, est un patrimoine à préserver. Et chacun se doit d'agir à son niveau. D'abord en évitant de consommer les poissons en voie de disparition. Et notamment, les mangeurs de sushi doivent donc avoir à l'esprit qu'ils sont responsables de ce qu'ils mangent.

La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) se tiendra en mars au Qatar, avec 175 pays. Il est impératif que la France, premier producteur mondial, renonce à la pêche de thon rouge et à sa commercialisation, exportée en majorité vers le Japon, nous dit-on.
Le Japon, oui, essentiellement pour l'élaboration de sushi. Mais en France aussi, on mange de plus en plus de ces associations de riz et poissons crus (et algues et légumes, selon les déclinaisons). Maki, sashimi, sushi : c'est vrai que ça se mange sans souci. C'est bon et (apparemment) sain. Oui, mais... C'est le premier plat avide de thon rouge. On s'en rend pas vraiment compte, on n'en fait qu'une bouchée, mais on vient d'avaler l'un des derniers poissons protégés... Alors, sans arrêter formellement les sushis, on peut se responsabiliser dans sa consommation. Comment ?

En ayant en tête (ou en poche) la liste du WWF** des poissons à privilégier, à consommer avec modération ou à éviter.
En résumé, on évite les sushis à base de thon rouge et anguille. On privilégie ceux au maquereau et à la dorade royale... si, si, ça existe et c'est bon, j'ai testé !*** Ceux à la crevette tropicale peuvent être appréciés de temps en temps. Ceux au saumon... euh, là, ça vous regarde. Tant qu'il ne vient pas de l'Atlantique, ça peut se consommer sans risque pour l'espèce.
Mais quand on sait les espèces de saloperies et les taux de PCB véhiculés par ces poissons, moi, j'évite. D'élevage, c'est pire que sauvage. Sauf s'il est bio, bien sûr. Je ne connais pas de sushi-bar où on garantisse l'origine et l'aquaculture bio du saumon, mais ça devrait venir. Et puis, y a toujours les maki au concombre et à l'avocat. Quoique... pas trop non plus, car l'avocat peut venir de loin... et être plein de pesticides.
Bon, je ne vais pas vous déprimer non plus. Mais les choses étant dites, après, on est libre de faire ses choix. Mais vraiment, si vous ne devez retenir qu'un seul feu rouge, c'est celui sur le thon rouge.

Il est aussi possible de faire une soirée japonaise à la maison. Même si les sushi, c'est chaud à faire, j'ai déjà testé façon sashimi : du bon riz bien collant, du gingembre rose, du wasabi et du poisson cru de chez le poissonnier qui garantit la fraîcheur, et qu'on peut interroger sur les provenances...

Pour que le thon rouge reste dans la danse, à vos marques, prêts... agissez !


*la pétition sur le site de Greenpeace pour alerter le ministre
*le guide des poissons du WWF à avoir sur soi

**restaurant de sushi de bonne qualité, où j'ai pu choisir mes poissons, en changeant légèrement les menus : Yaki, 50 rue du faub Saint-Antoine, Paris 11

dimanche 24 janvier 2010

Invictus Clint...



Une fois encore, Clint fait mouche, Clint est loin de faire moche, et Clint ne mâche pas les maux de société... Non, il n'est pas du genre à remâcher, Clint, il agit, il fonce, encore et encore. Depuis 97, un film par an en tant que réalisateur (et acteur souvent), et ce rythme s'accélère : depuis Invictus, il a tourné à l'automne un film à Paris (avec Cécile de France et Matt Damon) et est sur la production du suivant.

Alors, bien sûr, d'aucuns disent que ses films sont linéaires, plein de bons sentiments... Je ne suis pas tout à fait d'accord. D'une part, ça dépend des films. Car on ne peut pas dire que Million Dollars Baby soit exactement linéaire et prévisible, avec une happy end à l'américaine. Pour ce qui concerne Gran Torino, il y a une vraie ambiguïté et progression dans les personnages (je pense par exemple au personnage du prêtre). Et puis, il y a les autres, je ne vais pas tous les citer...

Dans Invictus, c'est peut-être plus attendu, et pour cause : ça cause d'une histoire vraie, et globalement, l'histoire, on la connaît. OK. Mais malheureusement, on ne peut pas dire que les problèmes du racisme et du rejet de l'autre soient des maux réglés aujourd'hui, donc la façon dont Eastwood porte la démonstration que l'union fait la force et la farce aux opposants, est jouissive et porteuse d'espoir. Et je réalise que, si j'apprécie les films qui montrent ou dénoncent, un peu d'espoir ne fait pas de mal. Ca ne veut pas dire qu'il faut nécessairement finir en fin heureuse et mièvre ou être léger tout le temps, ça veut dire UN PEU d'espoir, une lueur à un moment ou à un autre. Ou alors, s'il n'y en a presque pas, l'empathie avec les personnages m'est nécessaire. Sinon je reste en dehors du film, à distance.

Mais je m'égare, car pour en revenir à "Robin Easthood", avancer en âge semble le motiver à accélérer le rythme et à défendre des causes sociales. Et il ne lésine pas sur les moyens. Les reconstitutions des matches de rugby sont impressionnantes et le nombre de figurants, rien que pour jouer les joueurs de tous les pays, important. Tom Stern à l'image fait encore des miracles. Matt Damon, grossi et durci pour son rôle de capitaine de l'équipe de rugby nationale, est convaincant. Quant à Morgan Freeman (seul acteur jugé digne par Mandela de jouer son rôle) en Mandela, il est criant d'authenticité et très attachant.

Et puis, ce poème "Invictus" (de William Ernest Henley), qui veut dire "invincible" et parle d'insoumission et de courage, a encore des résonances pertinentes aujourd'hui... Plus que jamais, c'est ce dont nous avons besoin pour arriver à dessiner un monde meilleur et plus vert... A vos marques !

Du nucléaire dans nos affaires ? Non merci !



Il était une fois un code de la Santé publique... censé nous protéger, notamment contre la présence de radionucléides (éléments qui émettent des rayonnements ionisants) dans les aliments, les biens de consommation et les matériaux de construction. En 2002, ce code s'est vu adjoindre des articles allant dans ce sens... en même temps que d'autres articles permettant d'y déroger. Cependant, pour que ces derniers puissent prendre effet, un arrêté était nécessaire.

Dans cette forêt législative, le petit chaperon rouge, c'est le Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) et il avait obtenu du méchant loup (le gouvernement) que cet arrêté ne paraisse jamais... mais le méchant loup du conte n'est pas fiable... et l'arrêté est paru en mai 2009.

Du coup, le Criirad a déposé un recours devant le Conseil d'Etat en juillet pour le faire annuler. En effet, l'arrêté permet d'introduire des substances radioactives dans tout, sauf les aliments, les cosmétiques, les bijoux et les produits en contact avec les aliments. C'est-à-dire ? Que les matériaux de construction pourraient intégrer des restes de déchets nucléaires et nous environner, jusque dans nos habitats. Déjà qu'il y a de plus en plus d'antennes relais ! On nous propose carrément d'irradier nos vies d'ondes diverses ! Et gageons qu'elles ne nous ferons pas voir la vie en rose... Il y a déjà, par exemple, du radium ou de l'uranium dans des réveils, des montres, des carreaux en céramique...

Et le ministère de l'Environnement dans tout ça ? N'est-il pas supposé jouer le rôle de la grand-mère ? Appliquer le principe de précaution ? Eviter le plus possible de nous exposer, d'autant que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a donné un avis défavorable ? Ou a-t-il trop peur de se faire manger par le loup ? Ou par les deux ogres du nucléaire ?

Alors qu'ils ne savent plus quoi faire de leur déchets nucléaires, Areva et EDF se tirent dans les pattes en s'accusant l'un l'autre de ne pas assez traiter leurs restes, et font venir des bateaux russes pour emporter la merde en Russie. Et maintenant, on voudrait nous refourguer des résidus de déchets, sous prétexte de recyclage ? Car, lors du démantèlement à venir de nombreuses centrales, la crainte du Criiad est que "ce qui est valorisable ne soit plus considéré comme déchet au sens de la loi de 2006, et que cela ouvre la porte à l'exposition d'un grand nombre de personnes à une radioactivité non naturelle(..), faible mais non nulle."

"Valorisable"... Parce que le nucléaire le vaut bien, c'est ça ? On se croirait dans une mauvaise pub... A quand le débat citoyen sur la question, crénom de nom ?! Les Français payent pour les centrales nucléaires. Non seulement, ils ont le droit de savoir ce qui s'y passent, mais en plus, ils ont le droit de donner leur avis. Et, on le sait, il y a d'autres énergies à développer. Solaire, hydraulique, éolien dans certains coins, etc.

Alors le coup du nucléaire dans nos affaires courantes... ça commence à bien faire ! Une réunion était organisée lundi entre la Criirad et les services de Borloo... Affaire à suivre, donc. Pourvu que ça s'éclaire.

vignette issue de http://lecolporteur.wordpress.com
article de rue 89 sur le sujet
site du Criirad
pétition papier du Criirad

dimanche 17 janvier 2010

De saison...



Hier soir, j'ai glissé des touches de couleurs saisonnières dans un dîner... Et j'ai été saisie de la beauté de ces légumes, de ces couleurs flashy, et néanmoins 100 % naturelles, puisque mes légumes viennent de l'AMAP, donc direct de chez l'agriculteur bio. Ces fuschias, bleus, violets des betteraves, choux rouges et oignons rouges m'ont épatée. Rouge vermeil, merveille !

J'ai composé une salade de betteraves crues, rapées, déposées sur lit d'échalotes, de vinaigrette avec une pointe de crème, et de lardons juste revenus... Ceci pour accompagner des toasts de pain d'épice chauds avec tranchettes d'époisses fondues... Puis une compotée de choux rouges, pommes et oignons, revenus et laissés à confire avec du laurier et un bâton de cannelle, a soutenu le rosbeef, les pommes de terres fondantes et les panais sautés... Toutes ces saveurs, tous ces aliments sont locaux et de saison, et c'était un bonheur !

Du vin bio complétait ces mets, et j'ai eu une pensée pour ce bête procès... Des producteurs de raisin traînent le MDRGF devant le tribunal, pour avoir osé "déformer", selon eux, des informations sur l'utilisation abusive de pesticides sur les raisins, en parlant, par exemple de "contamination" pour dire pesticides=danger. Or l'association s'est basée sur un rapport alarmant (selon lequel 99,2% des raisins analysés contiennent des résidus de pesticides) pour alerter l'opinion. Quant aux termes utilisés ou non, il en va de la liberté d'expression, et il y a de grandes chances que l'association ne soit pas condamnée.
Du moins, on espère bien !

Alors que cette histoire de raisins résonne et fait raisonner, je pense à Rohmer et à ses raisons que le coeur de tous ne connaissait pas forcément. Pourtant, ces films m'ont toujours interpellée, touchaient une petite corde sensible, qu'ils faisaient vibrer dans leur aura. Hourrah Rohmer, même mort ! Et vive son style bien à lui, et ses films frais et gais, moqueurs et intelligents. Et même si ce n'est pas la saison, je finis avec cette bande-annonce-là...
Car de l'hiver à l'été, parfois, il n'y a qu'un film...

mardi 12 janvier 2010

Hommage... De Mano Solo aux Flow




Une des plus belles chansons de Mano Solo...




Flow, une voix rocailleuse et un style musical assez proches de ceux de Mano... La reprise du flambeau ? A suivre...

samedi 9 janvier 2010

Ondes de choc



En ce début d'année morose et neigeux, moi, j'ai le complexe du flocon. Du petit flocon qui tombe, s'accroche à une veste moltoneuse et se love, au chaud. Dans un cocon. Puis se liquéfie. Je reste dans mon nid douillet. Mais pour ne pas fondre de flemmardise, j'ai ma petite parade en tablettes. Un ou deux carreaux de chocolat, noir forcément, et hop !, me voilà revigorée... parée.

Non, je ne suis pas barrée, ça se sait que le chocolat contient bien des substances pour nous stimuler : de la caféine, de la théobromine. Et de la phényléthylamine, bon antidépresseur. Et de l’acide oléique (acide gras mono-insaturé) que l’on trouve également dans l’huile d’olive, et des anti-oxydants (flavanoïdes) qui contribuent au bon fonctionnement de notre système cardio-vasculaire. La teneur en magnésium est excellente, celle en fer un peu moindre mais néanmoins présente. Excitant, non ? D'ailleurs, il paraîtrait que les femmes aimant le chocolat auraient une meilleure vie amoureuse... Avis aux amatrices.

Evidemment, on préférera un chocolat très noir, riche en cacao (au moins 50 %), avec moins d'additifs qu'un chocolat au lait, plus lourd. Evidemment, on préférera le chocolat bio ou artisanal, garanti sans lécithine de soja, sinon c'est "OGM garanti". Car, même si le commerce équitable a favorisé des pratiques durables et éthiques sur les plantations de cacao et mis un terme aux revenus faibles, au travail des enfants, à l’utilisation exagérée de pesticides, à la déforestation et à l’appauvrissement des sols, il ne garantit pas une non-utilisation absolue de pesticides sur la plante, puis d'OGM dans sa fabrication. Donc le mieux, c'est bio et équitable. Ou, encore une fois, artisanal. Mais artisanal de chez l'artisan, pas du supermarché ! Donc il faut connaître. Encore que... le tout est encore et toujours de bien lire les étiquettes.

On m'en a ramené de la maison Daranatz à Biarritz... dans de jolis emballages colorés, il retient son parfum... avant de fondre dans ma bouche où il diffuse son onde de choc, son onde de chocolat. Et me regonfle à bloc. Pour affronter le froid ad hoc.
Alors, comme dirait Chabrol, "merci pour le chocolat" !

vendredi 1 janvier 2010

La touffe blanche au vent...



Hier pour le réveillon, une fois n'est pas coutume, j'étais de spectacle au manège de Bartabas à Aubervilliers pour voir le dernier opus de la troupe, "Darshan". Je n'avais jamais vu de prestations de Zingaro, j'avais donc hâte de voir les chevaux pris au garrot, euh au galop. Et la mise en scène d'innover, apparemment.

Après une assez longue attente et guidée désorganisée jusqu'à nos gradins, nous nous sommes retrouvés sur un gradin conique et central, tournant légèrement sur lui-même, afin de nous faire admirer les séquences qui se déroulaient devant et derrière une épaisse toile de cinéma. Les idées s'enchaînent, les images se déchaînent : chevaliers de l'Apocalypse, arche de Noé, retour à la vie primitive, avec ses rapports à l'animal plus direct, guerre, fin du monde... Du moins, c'est ce que j'y ai perçu.
De très belles idées marquent, comme celle où un cheval et son cavalier se trouvent devant la toile, sont doublés derrière, et donnent l'impression de bouger en même temps que leur ombre, alors qu'en fait il y a deux cavaliers et deux chevaux en tout... C'est pas facile, facile à expliquer, ça gagne à être vu !

Globalement, oui, le spectacle vaut le coup. Bartabas et son univers graphique et audiovisuel (la musique est très présente) nous emmènent. Mais c'est vrai qu'il est un peu décevant de ne pas "voir" assez les chevaux, dans le manège, devant la toile, tourbillonner devant nous. Le plus beau moment est pour moi ce cheval blanc, queue levée, tournant à tout galop autour de la piste, en regardant ses comperses qu'on voit courir aussi en transparence floutée. Ils sont derrière le voile, il est devant. Et la queue au vent, ça veut dire qu'il est super-content. Qu'il est tout fier ! Et c'est jouissif à voir.

La soirée s'est curieusement finie, car dans le noir précédant les applaudissements, une femme s'est permis de hurler lâchement un "on s'ennuie !", à l'encontre des comédiens tombés à nos pieds. J'ai trouvé ça d'une irrévérence inouie. Même si j'ai quelques réserves, on ne peut que respecter le travail fourni et on ne harangue pas ainsi l'équipe. Sinon, il fallait rester devant Patrick Sébastien à manger du hareng. Le théâtre, oui, c'est toujours "une prise de risque", dans la mesure où on n'y va pour se laisser surprendre. Après, on apprécie ou moins, on y réfléchit ou pas, on s'extasie ou on fulmine...
Mais pas de triste mine qui tienne, c'est comme la vie. Bonne année dans le vent, verte bien sûr, pleine de surprises... et de respect !

jeudi 31 décembre 2009

Les chats persans font leur percée


"Les chats persans" ou "Le péril jeune" version iranienne...

C'est un film d'actualité. Presque un docu-fiction. Le réalisateur, Bahman Ghobadi, Irano-kurde exhilé à l'étranger, filme la jeunesse iranienne et la musique de son vague à l'âme. Ca vibre, ça rocke, ça bluese et ça remue. Le film a été tourné en 17 jours, sans autorisations, avec des musiciens, acteurs non-professionnels, qui jouent ce qu'ils sont. Qui jouent de leurs instruments, énergiquement, mais sans trop monter le son.

C'est que toute pratique de la musique est illégale sous le régime "dictatorio-islamiste" d'Iran. Et les voisins peuvent appeler la police. On fait de la prison pour avoir monté un groupe. Monter... Le terme se décline dans des expressions qui collent au film : monter un groupe, monter le son, monter les étages...
Et il y a la descente aussi : descente de verres, descente de flics, descente aux enfers...

En Iran, le réalisateur explique que les chats (et les chiens) sont considérés comme impurs et ne sortent donc pas des maisons, où ils sont pourtant bien représentés. Et la musique, ils l'écoutent et semblent l'apprécier. Ce sont eux qui ont donné le titre au film. "Chat va, chat vient".

La jeunesse Iranienne est aujourd'hui dans la rue. Dans ce film, elle est aux abois, mais dans les sous-sols. Et elle crée, elle vit, elle dit son envie d'ailleurs. Les protagonistes de l'histoire cherchent à se faire faire passeports et visas. Pour partir, prendre le large. Leurs espoirs sont le moteur du film... Qui mérite d'être vu et soutenu. Pour dire que même ici, on se soucie de là-bas, et que nos âmes libres sont solidaires... par-dessus les vagues qui nous séparent.

mardi 29 décembre 2009

Le petit lapin, le grand l'a peint


photo http://blog.theclimber.be

Ce titre est, bien sûr, un hommage à Boby Lapointe...
"Té, on lui a dit fais une affiche pour le café
Peins une grosse cafetière et tout petit derrière
Une pin-up qui l'a tient
Et le petit l'a peint"
(Tchita la Créole)

Y a toutes ces nouvelles, concomitantes, sur lesquelles j'ai mis le nez... D'abord, le Comité Lapin Interprofessionnel veut faire manger l'animal à grands coups de manipulation via Internet*. C'est que les Français n'aiment pas manger du lapin, qu'ils trouvent mignon et qu'ils domestiquent à l'occasion. Alors, comme la bestiole jouit d'une aura plutôt sympathique, la vente de civet bat de l'aile et le CLI brasse de l'air. Ca l'ennuie un peu, alors il a décidé... de déprécier l'image du lapin au moyen de spots navrants.

Vous pourrez en juger par vous-même**, les clips montrent un grand dadais avec des oreilles d'âne, euh soi-disant de lapin, qui se comporte mal en société. D'où le slogan "Le lapin, il mérite vraiment de passer à la casserole". Et là... on rigole ! Déjà, le ridicule de la pub n'est pas du tout incitatif à quoi que ce soit, à part à diffuser des leçons de bien savoir-vivre... Ensuite, je vois mal comment les gens vont associer le lapin à ce blaireau mal léché, et donc acheter sa viande pour le dévorer !! Efficacité nulle, donc. Ou alors inverse à l'effet escompté. Ils auraient carrément mieux fait de s'adresser aux concepteurs des "Lapins crétins"...

D'autant qu'il faudrait quand même rappeler que si le lapin est mieux sur pattes qu'en pâte, c'est que pour l'élever, c'est à grands renforts d'antibiotiques et autres médicaments. De l'élevage de lapin bio, ça n'existe pas. Parqué par centaine ou milliers dans des clapiers, le lapin ne survit pas sans sa dose pharmaceutique, c'est une bête fragile. Parle à mon râble, ma tête a mal. Donc, si on mange de ces animaux, on peut facilement imaginer qu'on ne se fait pas vraiment du bien. Le vrai lapin fermier, on en est loin. Seule solution : connaître un paysan qui fait de l'élevage très limité (et qui ne leur donne pas d'OGM à manger).

Ensuite, il y a cette recrudescence de la fourrure. Oublié les beaux principes affirmés il y a quelques années, le lobby des fourreurs a fait fureur et a eu raison des résolutions. Pourtant rien n'a changé, les pratiques sont les mêmes : on tue des milliers de petites bêtes, chinchilla, vison, ou... foetus d'agneau. Si, si : le breit est de la fourrure de foetus d'agneau avorté (arraché précocement à la brebis), car les poils présentent ainsi un aspect pas fini, joliment mouillé, dû au liquide amniotique***... miam ! Et la viande ? On peut même pas la manger, du coup. C'est là que le lapin fait fort : on utilise sa peau pour moins cher (donc pour que la France d'en bas ait sa fourrure), et on mange la viande. Pas de gaspillage.
Mouaif, l'argument tiendrait la route, si... Eh ben, retour à ce que je disais plus haut... si vraiment le lapin, ça valait le coup d'en manger !

En clair, avec leurs arguments foireux, ils nous la mettent bien profond, lapine, et nous, on en retire encore plus d'affection pour les petits lapins ! Pardon si je suis vulgaire, mais ces batailles d'industriels me hérissent un peu le poil...


*source rue 89
**lien vers les spots avec Cyril le lapin
***vu dans Capital (pour une fois qu'on apprend quelque chose sur M6, ça vaut le coup de le dire)