L’après Lima : dessine-moi un climat !

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L’accord de Lima sur le climat devait être la base qui ouvrirait la voie à l’accord définitif qui sera signé à Paris fin 2015, c’était la COP2 avant la COP21, le dernier rempart avant… le dernier rempart avant… le saut dans le vide.
Quid des décisions prises ? Le flou juridique, faute d’être artistique. L’engagement « a priori » sans réelles bases contraignantes. Le « ouais bof » en somme, quand le navire prend l’eau et qu’une vraie décision n’est pas une option.

 

« Nous partageons tous le sens de l’urgence, mais nous n’avons pas confiance les uns dans les autres », a dit Vivian Balakristan, le ministre de l’Environnement de Singapour. Si elle a le mérite présenter honnêtement la situation, cette déclaration a aussi l’avantage de résumer les contradictions en présence.
C’est un peu comme de dire « J’ai bien compris l’intérêt d’être informé de l’état du monde, mais je vais quand même suivre la saga Nabilla à la télé ». Enfin, en direct de la prison… Ou quand la télé-réalité montre enfin ce qu’elle est vraiment : l’état des lieux d’une civilisation en décrépitude culturelle, qui refait le crépis avec Valérie Damidot pour cacher l’effondrement, qui n’est pas que de façade…

Les gens, politiques à leur image, confortablement assis devant leur écran, ne croyant que ce qu’ils regardent, sont incapables de se figurer que dépasser 2 degrés de réchauffement climatique, c’est ouvrir la porte à l’Inconnu avec un grand I, notamment au niveau des catastrophes climatiques. C’est livrer le rez-de-chaussée au raz de marée.
Et si les inégalités seront plus criantes encore sous le poids des changements naturels, ne nous leurrons pas : si le rez-de-chaussée y passe, c’est toute la structure qui tremble.

 

Et l’optimisme dans tout ça ? Et la poésie, l’élévation ?
Ces ressources-là aussi sont en voie de disparition, le seul animal en voie d’apparition généralisée étant bien l’autruche !
Et pourtant, il faut continuer à agir à son niveau, pour faire circuler l’info et entretenir les petits gestes qui peuvent encore faire de grands mouvements… En faisant soi-même et en rejoignant les acteurs du changement (AMAP, énergie partagée et renouvelable, achats locaux et bio, etc.).

Et le Petit Prince dirait : Dessine-moi un climat !
Mais même Saint-Exupéry est dit « Saint-Ex »… l’intelligence serait-elle définitivement d’un autre siècle ?


Comprendre le réchauffement climatique en 4… par lemondefr

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Y a plus de saison, ma bonne dame…

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Même s’il est des endroits sur la planète où les effets sont plus écrasants (désertification, perte des terres arables, salinisation des eaux potables), chez nous aussi, les effets du dégélement climatique commencent à se faire sentir. Les inondations et les tempètes sont un peu plus furieuses qu’avant et les saisons ne ressemblent plus à grand-chose.
On a beau trouver toujours quelqu’un pour se rappeler que si, le printemps 1920 était aussi pourri ou l’automne 1951 aussi bizarrement chaud, cela fait quelques années que les variations sont étonnantes. Et pas sans conséquences…

 

Ils arrivent, les envahisseurs
Très concrètement, le réchauffement a poussé les sangliers dans Berlin, et chez nous ce sont moustique tigre et frelon asiatique qui débarquent et progressent. Sans oublier la Drosophile Suzuki.

Venue du Japon, après avoir conquis l’Italie et l’Espagne à la fin des années 2000, ce nouvel envahisseur est arrivé en Corse en 2010, avant de s’installer dans la vallée du Rhône et dans le Bordelais. Cette année, elle a colonisé la Bourgogne et l’Alsace.
La Suzuki, elle suce qui ? Là où la drosophile classique s’attaque aux fruits déjà abîmés, la Suzuki se jette sur les fruits murs et intacts, gorgés de vie et de sucre. Pêche, myrtilles, pommes, prunes sont touchés. Et le raisin ne fait pas défaut.
Cette charmante créature pompe puis pond environ soixante par fruit mûr, contre une ou deux pour la drosophile classique, dévastant ainsi des hectares de récoltes.

 

Ils sont un peu aigris, les cultivateurs de fruits
Et quel est le rapport avec le climat ? Eh bien, l’hiver a été doux et synonyme de fêtes chez les insectes qui ont survécu. Ensuite, le printemps beau et sec a tué les jeunes plants mais permis à cet insecte de survivre et de s’installer. Puis l’été a été pluvieux et l’automne est devenu été indien. Ces changements conviennent à la Suzuki qui est maintenant classée espèce endémique.
Espèce de sale bête, oui, qui contraint les viticulteurs à l’intégrer comme nouveau fléau dans leurs calendriers de contraintes, ce qui n’est pas sans questionnement car il faut savoir comment traiter le parasite sans arroser les vignes de pesticides et détruire tous les auxiliaires.
Chez les Becker, que je connais bien, on déplore ces aléas, mais par amour du vin, on se bat et toujours en bio, s’il vous plaît !

 

Il impacte ce qu’on boit, le climat
Le climat a bien des effets immédiats sur ce qu’on mange… et sur ce qu’on boit ! Il est clair que son dérèglement nous concerne donc tous directement. Si les gens n’en étaient pas encore convaincus ni alertés, peut-être que l’appel de l’estomac agira comme une alerte naturelle ?

Pour l’heure, après des suées et des peurs, la cuvée 2013 d’Alsace sera finalement très bonne pour les raisins sauvés, mais n’atteindra pas les rendements escomptés.
Ou comment, déjà, le climat donne un prix à la rareté… Tous ces effets sont donc à méditer et pour vous aider, vous pouvez relire mon compte-rendu de la conférence sur le climat de Nicolas Hulot… Pourquoi pas en savourant un petit verre ?

A la santé du climat !

 

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La conférence de M. Hulot

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Lundi soir, j’ai eu la chance de pouvoir assister à la conférence sur le climat, donnée par Nicolas Hulot à l’Ecole Militaire. Portant le focus sur le climat comme facteur majeur d’instabilité, il s’agissait pour l’intéressé d’informer concrètement un auditoire majoritairement âgé.

 

Exit les climato-sceptiques
Nicolas Hulot a claqué dés le départ la porte au doute, invitant ceux qui ont encore des réserves à lire le paquet d’études compactées depuis des dizaines d’années par le GIEC, montrant la responsabilité de l’homme dans les dérèglements. Nous récoltons aujourd’hui le produit des 150 ans passés, le succès des industries et de la technologie s’étant fait au détriment des ressources fossiles, limitées.
Dette démographique, dette écologique, chaque Occidental pèse aujourd’hui 6 fois plus sur l’environnement qu’il y a 150 ans.

D’un monde d’abondance (illusoire), nous allons passer à un monde de rareté, voire à un monde de pénurie, si nous ne prenons en compte les limites de notre planète. Inutile de préciser que la pénurie n’est pas souhaitable car ingérable… et donc évidemment vecteur de conflits.

 

Les effets concrets du dérèglement climatique
Déjà, les contraintes climatiques pèsent, pour les Africains par exemple. Dakkar, 2,3 millions d’habitants, a dû accueillir dernièrement 300 000 migrants, dont les 2/3 ont été poussés loin de chez eux par la désertification croissante. Ailleurs aussi ce phénomène progresse, comme la salinisation des eaux potables et la perte de terres arables.
En Syrie notamment, la perte de productivité de 80% et la disparition des troupeaux ont porté 1,5 millions de personnes à quitter leur lieu de vie. Si ce n’est pas la cause directe de la guerre, ce facteur n’a rien arrangé et s’est bien porté comme variable aggravante.

 

Les Occidentaux touchés aussi
Aux Etats-Unis, le prix des catastrophes naturelles, de plus en plus fortes, de plus en plus sauvages, ne cesse d’augmenter, se mesurant en milliards de dollars. Ne serait-il pas temps alors d’investir dans les mesures préventives qui vont nous permettre de limiter ces phénomènes ? Chez nous aussi, on voit bien combien les inondations ou tempètes deviennent plus violentes. Et l’érosion des cotes va concerner tous les pays, car 50% des habitants du globe vivent à moins de 50 km de la mer…
Pas moyen de continuer à clamer « Après moi, les mouches ». Car après nous… ce sont nos enfants qui trinquent. Et pas nos arrières-petits enfants. Les conséquences sont là, demain. Alors l’action, c’est ici, maintenant.

 

Un verdict sans appel
Pour Nicolas Hulot, il va falloir au Sommet de Paris fin 2015 une vraie volonté de la part des Etats pour contenir le réchauffement climatique à 2 degrés. Cela va supposer de baisser drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, de laisser enfouies 70% des énergies fossiles et d’abandonner évidemment les inepties comme le gaz de schiste.
Et le nucléaire ? Un vieux militaire n’a pas manqué de posé la question, sous-entendant que c’était une énergie propre, ce que M. Hulot a réprimé, ne serait-ce que par « respect pour les victimes ». Il a souligné la spécificité française (58 réacteurs en action), avec laquelle il fallait bien traiter, mais dans le but d’une transition, c’est-à-dire sans plus augmenter le parc, et en investissant dans le renouvelable. Il a dit qu’il était hors de question d’implanter du nucléaire ailleurs ou alors il faudrait beaucoup de centrales partout, et l’accident ne serait plus une probabilité mais une évidence. Il a reparlé aussi du coût du traitement et stockage des déchets, du problème des démantèlements et de l’importation d’uranium et de plutonium. Il a redit que sa conviction était que l’avenir était aux énergies renouvelables.

 

L’espoir du Sommet sur le Climat 2015 ??
J’ai été agréablement surprise par cette conviction sans faille et sans compromis. Il est clair que nous n’avons plus le temps pour la langue de bois. Nicolas Hulot a souligné combien la fenêtre est mince entre ce que nous pouvons faire collectivement et ce que nous subirons si nous ne faisons rien, alors que les conséquences, elles, seront bien différentes.
Il en appelle à la responsabilité des Etats pour  ce qui est pour lui « la dernière chance de sursaut pour l’humanité » lors de la COP21, la grande conférence sur le Climat de Paris fin 2015, avec son préalable, la COP20 de Lima dans quelques jours, qui doit définir les bases de l’accord à finaliser à Paris.

Désormais « Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète », Nicolas Hulot a l’air déterminé à utiliser sa notoriété et sa qualité d’expert auprès des politiques.
Il faut que la société civile lui donne raison en continuant à faire savoir que nous voulons des mesures claires et contraignantes concernant la transition énergétique, pour l’instant réduite à des projets.

On ne changera pas de paradigme en regardant le ciel… ou alors si, mais brutalement. Car il pourrait bien finir par nous tomber sur la tête.

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Prix Pinocchio : jusqu’à demain midi pour voter

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Dois-je encore les présenter ? Comme chaque année, les Prix Pinocchio du développement durable, organisés parles Amis de la Terre France, en partenariat avec le CRID et Peuples Solidaires, visent à dénoncer les activités de grosses multinationales qui abusent des ressources, naturelles et humaines, de la planète.

 

Trois prix pour trois mépris
Le premier prix Une pour tous, tout pour moi récompense l’entreprise la plus agressive en termes d’appropriation et d’exploitation des matières premières.
Le deuxième, Plus vert que vert que j’aime particulièrement, tend à féliciter la société qui a le mieux utilisé le greenwashing pour (tenter de) faire croire à ses bonnes intentions et actions et masquer ainsi à peu près le contraire. Catégorie qui pourrait aussi s’appeler « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».
Le troisième, Mains sales, poches pleines, loue les boîtes dont les projets remplissent leur portefeuilles en effeuillant des gens et/ou des territoires. Ou comment des actions inutiles sont maintenues au profit d’une poignée de nantis. Notre-Dame-Des-Landes pourrait entrer ici…

 

EDF, Shell, Perrenco and Co… Toujours les mêmes
La surprise n’est en effet pas grande, de retrouver des entreprises déjà présentes les années précédentes, que ce soit dans des catégories identiques ou différentes. On devrait commencer à les connaître, les noms de ceux qui nous enfument… et qui se fument la Terre bien roulée !
Etonnamment Shell ne fait son entrée dans les nommés que cette année, pour son exploitation abusive des gaz de schiste, à laquelle devraient s’ajouter évidemment les forages sous l’Arctique.
Et puis on retrouve EDF en Greenwashing, catégorie dans laquelle il était le grand vainqueur 2009. Perenco, multinationale franco-britanique du gaz et du pétrole, déjà nommée en 2009, 2012 , 2013 revient cette année avec son invention du pétrole low cost. Et puis GDF continue à investir massivement dans les énergies fossiles.
Ils sont fabuleux, on vous dit : ils lavent écologique, plus vert que vert, écrivent leur histoire plus noir que noir et y croit dur comme fer !

 

Les jeux ne sont pas faits
Derrière l’aspect amusant du vote et de l’anti-récompense, il s’agit évidemment d’alerter l’opinion sur les activités de ces entreprises, agissant souvent au nom du service public, ou avec son argent, et en tout cas presque tout le temps en piétinant notre bien commun : l’environnement !
Il s’agit donc pour nous, qui sommes tristement leurs con-citoyens, de leur rappeler que nous sommes leurs coloca-terre et que l’impunité à ses limites…

Même si cela peut sembler marginal, s’informer et faire savoir qu’on sait, c’est déjà un pas ! Surtout si on le fait à plusieurs…

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Pour le recyclage, y a pas d’âge !

recyclage

Avant-hier journée de la gentillesse, aujourd’hui journée du recyclage…
C’est tous les jours le jour de quelque chose, personne ne s’y retrouve et l’impact médiatique est moindre face à cette multiplicité des journées : journée mondiale de préservation de l’environnement en temps de guerre, journée mondiale de l’oeuf, journée mondiale du reggae…
Il y a réellement tout et n’importe quoi, comme on peut s’en rendre compte en parcourant la liste des journées, répertoriées sur un site spécial.

Juste une pour finir : saviez-vous que le 14 février, jour des amoureux, donc associée au symbole du coeur, est devenue la journée internationale de sensibilisation aux cardiopathies congétinales ?? Ils vont les chercher loin leurs associations…

Bref, là n’est pas mon propos du jour. Revenons à nos moutons et recyclons !

 

L’obsolescence programmée, c’est dépassé
En vertu de la mal nommée obsolescence programmée, on jette encore beaucoup trop au lieu de réparer, recycler, désosser.
Oui, obsolescence, c’est un bien trop joli nom pour une réalité peu glorieuse :  soit on est poussé à racheter par le fabricant car le produit est prévu pour durer peu, soit c’est le consommateur lui-même qui préfère du neuf au vieux.
Acheter ce dont on n’a pas besoin sans avoir assez de budget, c’est comme tout redécorer chez soi à l’indienne et préférer finalement le style épuré : une bonne occasion de se plaindre. Et d’être un vrai con-sommateur.

Si la proposition de loi écologiste de 2013 visant à punir l’obsolescence programmée n’a pas été retenue, la loi sur la transition énergétique d’octobre définit un cadre plus contraignant pour les fabricants qui doivent informer sur le délai où les pièces de rechange sont disponibles et la durée de vie de certains produits. Pour autant, il n’est toujours pas nécessaire d’acheter pour exister.

 

Donner une seconde vie aux objets, c’est possible
Pour soi, déjà, en faisant réparer dans des lieux dédiés, comme les Repair’Café ou autres endroits où des bricoleurs au grand coeur n’attendent que vous.
Ou même réparer soi-même en apprenant de ces mêmes bricoleurs ou en trouvant sur Internet des fiches concernant votre imprimante, sur laquelle il n’y a parfois qu’un zigouigoui à tripatouiller pour la faire repartir comme en 40.

 

Le troc, c’est pas toc
Troquer des trucs qu’on trie et dont on ne veut plus, comme les vêtements féminins, ça peut devenir un tic car c’est addictif et joyeux !
Pour pas un rond, on repart habillée de la tête aux pieds et on se paie le plaisir de voir une fille porter le pull qu’on n’aimait plus, mais que finalement sur elle, il déchire. Non qu’il soit déchiré, il lui sied à ravir.
Alors, les ravissantes, notez la prochaine Troc Party d’habits de filles du 29 novembre à Paris 11.

Evidemment, le troc n’est pas réservé aux vêtements.

 

Le prêt, c’est malin
Pourquoi acheter ce qu’on emprunter ? C’est l’idée d’associations qui proposent à leurs adhérents de pouvoir emprunter un four à raclette, un gaufrier ou une perceuse le temps de les utiliser.
C’est le cas par exemple de l’atelier « Chez René« , au nouveau lieu La recyclerie, installé dans l’ancienne gare Ornano, Porte de Clignancourt, où on peut d’ailleurs aussi faire réparer ses objets, faire du troc de vêtements et autres activités… comme donner une seconde vie à vos plantes qui tirent la tête grâce à Mama Petula.

Car quand on entre dans le monde du recyclage et du non-gaspillage, il n’y a pas de limites pour bien faire… et pour s’y mettre, y a pas d’âge !

 

Annuaire de la seconde vie des objets des Amis de la Terre ici.

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Une nouvelle troc party le 29 novembre !

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voir l’invitation en grand en cliquant ici

 

Revoici la troc party que j’organise avec Adeline Gerritsen le 29 novembre au Café Dumas dans le 11e.

L’hiver s’annonce lentement mais sûrement et vous aimeriez une nouvelle écharpe sans avoir les moyens de vous en payez une chouette chaude ?
Votre robe confortable et réchauffante est encore belle, mais vous l’avez trop vue ?

Des habits qu’on ne met plus…
des accessoires inutilisés…
des haricots magiques comme monnaie…

du troc, et ça recycle !
du troc, ça repart !

 

Venez troquer, boire un verre et vous amuser
le samedi 29 novembre de 15h à 18h à la TROC PARTY

AU CAFÉ DUMAS
201 bd Voltaire – Paris 11e
droit d’entrée : une consommation

 

Plus on est de folles, plus on rit… alors à vos penderies !

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Sacrée Croissance mardi 4 sur Arte

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Demain soir sur Arte sera diffusé le dernier documentaire de Marie-Monique Robin, Sacrée Croissanceque j’ai eu la chance de voir en avant-première.

Sacrée comme donnée la plus valable par les économistes de tous poils, la croissance a bon dos… D’autant que, comme le montre le générique, cela fait déjà des décennies que les présidents successifs de tous pays promettent de la retrouver… On se croirait chez les Monthy Piton, dans Sacré Graal, à la recherche de la coupe sainte !

Sauf qu’au nom de la croissance, on parle aujourd’hui plutôt de coupes franches (dans les budgets publics) et de sainte bourse (les marchés financiers gouvernent le monde). Tout cela est archi artificiel et il est temps de changer de paradigme… Gloups, oui mais comment ?

 

Après une courte introduction sur la-dite croissance, Marie-Monique Robin poursuit un propos déjà entamé dans le très dense Les moissons du futurmontrer les solutions pour demain qui existent déjà aujourd’hui.
Et faire comprendre combien il est important et primordial de les cultiver, si on veut bénéficier d’un avenir certain plutôt que d’un certain avenir… incertain, qui suivra inexorablement les fluctuations et les effondrements des marchés boursiers et pétroliers.

A propos de culture, le début du film nous mène au Canada, avec de jeunes diplômés ayant tout lâché pour cultiver les terres en bordure de la ville de Toronto. Ou comment choix du futur rime avec choix de vie, dés maintenant. Le fondateur du réseau, ancien trader, a divisé son salaire par beaucoup pour vivre du maraîchage (et de la distribution à tous publics) de vrais légumes… et de vraies valeurs. Il ne regrette rien.

Le film poursuit par bien d’autres exemples passionnants, d’agriculture commune, de monnaies locales, développées ici et partout, nous emmenant avec lui et laissant de l’espoir dans son sillage.

Puis il finit au Bouthan. Ce n’est pas tout à fait ma conclusion rêvée, car le système du Bonheur National Brut, à travers mes yeux d’Occidentale, me donne un vague sentiment de « dictature du bonheur »… De par mon parcours et ma formation, je me sens clairement plus proche des canadiens de l’introduction ! Mais peu importe, c’est ma seule réserve.

 

Car le grand mérite de ce documentaire est de présenter divers types de solutions expérimentées et vécues, prouvant concrètement que les voies alternatives au système dominant sont possibles, quelque soit la culture (agricole et intellectuelle) de départ.

Et ces nouvelles routes sont nécessaires, tant il est important de garder en tête l’idée de « résilience », c’est-à-dire de capacité à être autonome.  Rappelons-le, en cas de choc naturel ou pétrolier par exemple, l’homme moderne a globalement une indépendance alimentaire très limitée.

Il faut donc clairement investir dans plus d’agriculture urbaine, plus de monnaies locales, plus d’échanges courts et de solidarité humaine. Et en intégrant ce type de réseau, on se rend vite compte qu’on est déjà des centaines, égrainées ici ou là.
Ce film nous rappelle qu’à l’échelle de la planète, cela représente des milliers, voire des millions de personnes.

Et comme chaque goutte d’eau compte pour faire communiquer les vases… ça donne envie de continuer !

A bon engraineur : demain allume ta télé !

 

A (re)voir sur Arte+7 jusqu’au 11 novembre 20h45.

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TAFTA : comment on risque de se faire ensemencer…

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TAFTA ? Tafetas ? Du taf, t’as ? Non, TAFTA : Transatlantic Free Trade Area, un charmant traité qui prévoit de libéraliser encore plus les échanges entre l’Union Européenne et les Etats-Unis, c’est-à-dire en fait de donner le pouvoir aux multinationales, d’attaquer les Etats qui se refuseraient à vendre leurs produits, OGM en tête…

Le TAFTA, c’est le petit-frère de l’ALENA. Et ALENA n’est pas une starlette éphémère de téléréalité aux gros seins… c’est l’Accord de Libre-Echange Nord-Américain aux gros sous, signé entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, entré en vigueur en 1994…

Rappel des faits pour ceux qui n’ont pas suivi, et qui sont loin d’être les seuls… merci, les médias !

 

L’ALENA, le mal-nommé
Promu comme le nouvel Eden économique, comme le marché de « libre-échange » du futur, entre des pays riches, comme les Etats-Unis et le Canada, et un pays sous-développé, comme le Mexique… l’ALENA a en fait faujourd’hui des effets désastreux.

Comme l’a dit Laura Carlsen à Marie-Monique Robin : « il n’y a rien de “libre” dans l’“échange” de l’ALENA. Le marché agro-alimentaire, principal enjeu du traité, est dominé en Amérique du Nord par une poignée de multinationales qui contrôlent toute la chaîne. Leur objectif n’est pas de produire des aliments pour nourrir les gens, mais de faire le maximum de profit. Le terme “accord” est aussi trompeur : l’ALENA a été négocié directement par les gouvernements avec les multinationales. »

La suite ? Producteurs et paysans mexicains ont vu le cours du maïs s’écrouler, les OGM américains s’imposer comme référence et contaminer leurs champs (ce processus ayant été entamé bien avant), bref, même ceux qui produisent de la nourriture commencent à avoir faim !

En clair, l’ALENA, c’est gagnant-gagnant… pour les multinationales ! Et pour les citoyens, la liberté de produire et de consommer, c’est perdant-perdant.

 

Le TAFTA dans les tuyaux…

Et évidemment  qui amasse des masses veut toujours plus, alors on lorgne… sur l’Europe !

Là où des Etats peuvent encore faire valoir des moratoires pour éviter la culture d’OGM au nom du principe de précaution, suivant les études qui en montrent la dangerosité ; là où prime (encore) une diversité culturelle et alimentaire ; là où les différences peuvent (encore) s’appréhender dans la positivité… même si « appréhender » est de plus en plus pris au pied de la lettre, et que chacun est le Rom de l’autre.

Et pour faire au plus court, le TAFTA, ainsi qu’un autre traité du même acabit entre l’UE et le Canada, sont négociés dans le plus grand secret, entre les multinationales et les institutions européennes, histoire de se superposer aux Etats… de quoi nous mettre, nous citoyens, dans tous nos états car notre représentativité est tout simplement bafouée ! Les négociations doivent aboutir en 2015, donc il nous reste un peu de temps…

Alors pour faire court, disons que le TAFTA, c’est clair, on n’en veut pas, et que NON, le TAFTA ne passera pas.

Et pour faire cours, qui caftera sur TAFTA, un bon pas fera, car quand l’info manque, il faut la faire circuler, coûte que coûte.

Et pour faire rivière au long cours, soyons plusieurs gouttes d’eau, passons le mot, soyons fous, soyons beaucoup !

 

Pétition à signer d’urgence contre le TAFTA ici, l’objectif étant d’atteindre le million car il s’agit d’une pétition européenne, donc ayant une réelle valeur de contre-pouvoir. Cela avait été le cas pour les OGM, le million de signatures récoltées avait permis d’étendre les moratoires sur la culture des maïs OGM en Europe… même si le combat continue, puisque, écartés d’un côté, les OGM reviennent via les négociations en cours…

Il faut courir signer, je vous dis !

 

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Journée de l’alimentation… et de l’anti-gaspillage

non-gaspillage

Quelque soit le sujet dont on parle, de toute façon on peut dire : « le changement, c’est maintenant » (même si cette phrase peut aussi être associée à de vaines promesses)… Le changement d’habitudes élémentaires, notamment. Alimentaire, mon cher Watson.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de l’alimentation, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Et en France, c’est en plus la journée nationale de lutte contre le gaspillage. La plupart du temps, on entend parler d’un tiers, mais des chiffres officiels énoncent qu’on perd ou jette jusqu’à la moitié de la nourriture produite, du champ à l’assiette… et puis aussi après l’assiette !

 

Il me paraissait logique que l’industrie agro-alimentaire, de par la multiplication des intermédiaires et la rigidité des normes de péremption, soit responsable d’une bonne partie de la perte. Et elle a effectivement la médaille d’or du gâchis.
Néanmoins, la médaille d’argent va aux con-sommateurs, la restauration n’ayant que le bronze ! Encouragés par la pub et les promos, les gens achètent trop. Puis, apeurés par les dates de péremption, jettent.

Je pensais qu’on sortait doucement de cette caricature… et pourtant, elle a la peau dure. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), on jette en moyenne 20 kg de nourriture par an et par personne, dont 7 kg de produits encore emballés…

 

Pour ma part, l’idée de jeter des aliments me rend plus malade que de prendre le risque d’une intoxication en mangeant des produits moisis ou à l’odeur suspecte. Je me dis qu’il y a toujours moyen d’enlever les parties incriminées, et de faire des soupes ou des compotes, voire des gâteaux au yaourt, si c’est le yaourt qui a un peu tourné… Chauffer sauve souvent la mise… Pas toujours.
Mon cas individuel ne suffit pas, comme aiment le dire ceux qui refusent de changer leurs comportements. Mais si tout le monde réduisait sa part de gaspillage en achetant plus près de ses besoins réels, en cuisinant plus et avec plus d’improvisation, en n’ayant pas peur de réchauffer les restes… on n’en serait peut-être pas là.

Je pourrais d’ailleurs aller plus loin en compostant… encore faudrait-il que j’ai quelqu’un à qui donner le compost, car mon balcon ne contient pas assez de plantes pour accueillir la production qui en découlerait ! Voilà pourquoi les bacs à compost de la Ville de Paris, qui font partie des projets gagnants du Budget participatif, paraissent une bonne idée.

 

Au niveau de la restauration, il faut aller dans le sens de la récupération. Par exemple, mes compatriotes de la Promotion du Paris Durable, EcologiOil collecte les huiles de cuisson des restaurants, qui entrent ensuite dans la composition du Diesel. Quant à la restauration collective, elle a déjà recourt au compost ou à la méthanisation, par obligation légale.

 

Pour un rééquilibrage plus global, il s’agirait surtout de redistribuer le surplus de nourriture, de là où il est jeté vers ceux qui en manquent. C’est l’objectif de plusieurs associations, ainsi que le concept des Disco Soupe qui fleurissent un peu partout sur le territoire ces dernières années. Décliné à l’envi (SmoothieParty, Discosalade), il s’agit d’allier récupération des fruits et légumes, épluchage et convivialité, avant de déguster en musique soupes, salades et jus, et de danser !

En résumé, il y a certes beaucoup à faire encore, mais ne gaspillons pas d’énergie à le déplorer. N’en jetez plus… dansons !

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Promotion 2014 du Paris Durable : parrainée par Marie-Monique Robin

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Hier soir, c’était la remise des prix de la Promotion 2014 du Paris Durable, dont je fais partie, avec neuf autres sélectionnés.

Et notre marraine de promo est la réalisatrice Marie-Monique Robin, ce qui me fait évidemment très plaisir !
J’ai déjà parlé ici et ici de ses films et de son travail exigeant. A l’occasion de la diffusion prochaine de son film Sacrée Croissance sur Arte, elle a mis en place une exposition en partenariat avec la Ville de Paris. L’adjointe à la Maire de Paris au développement durable, Célia Blauel est d’ailleurs sur la photo avec nous : au premier plan, avec des lunettes. Marie-Monique Robin sur la photo se trouve facilement : suivez mon regard (je suis en rouge) ! Il y a juste une personne entre nous.

Outre la dame au premier plan à droite, Antoinette Guhl, adjointe à l’économie circulaire, tous les autres sont mes camarades de promo.

 

Et à droite derrière elle, on trouve Louis pour son entreprise Bioburger.
Louis est le co-fondateur de Bioburger, le premier fast-food 100% bio. L’idée est venue aux deux futurs associés sur les bancs de leur école de commerce, car ils avaient l’envie commune de manger de vrais burgers avec de vrais bons aliments. L’exigence 100% bio s’allie avec la proximité des fournisseurs et la fraîcheur des produits. Ca se passe comme ça chez Bioburger (c’est Louis qui le dit !).

A gauche derrière Célia Blauel, on a Do pour Carton Plein.
Récupérer gratuitement et à domicile les cartons de déménagement… Puis reconditionnés, les revendre pour un déménagement plus écologique et solidaire. Employer aussi des personnes en situation précaire… Plus besoin, du coup, d’acheter des cartons neufs ou de galérer à en récupérer, ni de devoir ensuite encombrer la poubelle jaune. Idée simple et efficace qui va faire un carton !

Derrière Do, à droite, c’est Guillaume pour l’Atelier de Développement Durable.
Ce collectif, créé par des habitants du 3e, a organisé des débats et des ateliers citoyens sur la transition énergétique, labellisés dans le cadre du débat national. Notamment, le Défi Familles à Énergie Positive a été relevé depuis 2 ans, et aujourd’hui 80 familles y participent activement… Et cela est parti pour s’étendre… et pour durer !

Derrière Guillaume, à droite, on a Christine pour EcologicOil.
Cette entreprise collecte gratuitement, puis recycle les huiles de fritures auprès des restaurants, cantines, entreprises ou industriels agroalimentaires. Nettoyées et filtrées, ces résidus vont ensuite entrer dans la composition du diesel. EcologicOil aimerait aussi récupérer les huiles des particuliers, qui finissent à l’égout. Apparemment, c’est la goutte d’huile qui fait déborder le vase…

A gauche de Christine, une autre Charlotte pour Kelbongoo.
Partis du constat qu’ils avaient du mal à bien manger pour peu cher, deux étudiants ont décidé de créer leur circuit court, en démarchant directement des producteurs de Picardie, et en ramenant les produits à Paris. Solidaire, l’association s’adresse aux plus démunis… mais pas seulement. Parce que le bon goût se partage.

A gauche de Charlotte, en sautant Marie-Monique Robin,
on tombe sur Clémence pour Extramuros.
Association relevant de l’économie circulaire, mais également sociale et solidaire, son but est de valoriser de manière créative des déchets de bois, en les transformant en mobilier et objets utiles. Comment ? Via des ateliers collectifs et des chantiers éducatifs à destination des jeunes éloignés de l’emploi. C’est extra !

A gauche de Clémence, me voici.
Je rappelle en deux mots que je suis promue pour mon action de transmission joyeuse à travers mon one woman show écolo « Charlotte Normand se met au vert » qui a déjà beaucoup tourné, pour la pièce à trois acteurs « Au royaume du pétrole les ours blancs sont verts », et pour ce blog !

A ma gauche, c’est Laurence pour l’Etablisienne.
Un établi dans Paris accessible au besoin ? Vous en rêviez, Laurence l’a fait. Location d’établis et d’outils mutualisés, achat de visserie et de quincaillerie à la pièce ou de la peinture à la dose, cours, stages et autres formations… Bricoleurs, vous y trouverez votre bonheur !

Derrière, le grand qui se cache dans la lumière,
c’est Jean-Jacques pour le Jardin Santerre.
Jean-Jacques a eu envie de sensibiliser les gens de sa résidence à sa passion du compost. C’est ainsi qu’est née la tribu Santerre (du nom du révolutionnaire et de la rue à proximité). Et la création d’un jardin collectif avec mini-verger, parcelles cultivées, ruches, nichoirs, poulailler, et bien sûr compost, a amené les habitants à cultiver, récolter et manger des fruits & des légumes bio, du miel et des œufs… Un véritable Eden en pleine terre, sans rire !

Enfin, le Madison Hôtel, qui a l’exigeant label Green Globe récompensant les structures touristiques respectueuses de l’environnement, n’a pas pu être représenté.

Je suis heureuse d’être « l’artiste de la bande », puisque c’est ainsi que j’ai été présentée lors de la remise des Prix. C’est clair, ce sont des actions comme celles de mes co-promus qui me motivent, pour continuer à transmettre dans la bonne humeur l’envie de changer de paradigme.

A bon acteur durable… salut !

Charlotte_ promo2014

© Christophe Noel – Ville de Paris

 

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