Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...
Par Charlotte,
mardi 6 janvier 2009 à 18:35 ::Les Chroniques
A l’avant-première de « Et après », le film de Gilles Bourdos avec Romain Duris qui sort le 14 janvier, je n’étais pas la dernière à arriver… Et donc à attendre… Et avant ?
Eh ben, ça fait longuet, quand même, une heure à guetter l’entrée en scène de l’équipe qui donne le feu vert de la projection de leurs exploits. Et il faisait chaud dans cette salle ! Autant dire qu’enlevé les quelques couches que j’avais superposées pour affronter le vrai hiver qui nous enveloppe (et faute de faire la marmotte, je fais l’oignon), je suis arrivée à l’ultime couche montrable et néanmoins chaude… Le système de climatisation-chauffage était-il défectueux ? Mal géré comme 90% de ces systèmes ? Ou prévu pour que la jolie Evangeline n’ait pas froid, même en haut dénudé ?
Car Evangeline Lilly, l’héroïne de « Lost » était de la partie. Avec Romain Duris, et John Malkovich, ils sont les trois acteurs principaux. J’ajouterai quand même une mention pour Pascale Bussières, qui joue Anna la Russe. Ils sont tous bons, mais la vraie star n’est pas celle qu’on croit… « Malko » donne à ses répliques un peu répétitives une ambiguïté et une profondeur telle qu’on est captivé. Le film est beau, avec de beaux plans et de magnifiques paysages. L’histoire ? Elle se tient. Malgré tout. Même si elle lasse par moments, la trame est bien menée. Jusqu’à la fin. Je n’en dirai pas plus, évidemment, je vous laisse sur votre faim.
Pour ne pas feindre le rapport de cette chronique avec l’intitulé de ce blog, une réflexion me vient : à sa manière de filmer (magnifiquement, certes) la nature comme un Eden oublié ou souhaité, le réalisateur m’a fait réaliser que beaucoup d’entre nous ont développé cette idée. A force de vivre en ville, les citadins se déconnectent de la nature… et l’idéalisent. Et en oublient leurs liens -et leur responsabilité- avec et envers elle. C’est aussi bête, enfin humain, que ça.
Et après « Et après », à la soirée VIP, j’ai bu quelques BIP ! Censuré, vous saurez pas. Et en sortant, surprise, j’ai battu un pavé encore blanc. La neige y a tenu. C’est vrai que le réchauffement climatique n’est pas toujours perceptible… Mais néanmoins présent… Un peu comme un certain halo dans le film…
Par Charlotte,
vendredi 2 janvier 2009 à 20:07 ::Les Chroniques
Photo : www.banlieusardises.com
C'est une histoire banale… Une histoire de conversation volée dans le métro… Un peu mais pas trop, car je rêve de rêver la suite…
Elles discutent dans mon dos. Leur âge m'est égal, leur responsabilité est de tous les instants face à un monde en péril. Elles discutent mascara, puériles. Morceaux choisis, sûrement un peu ajustés mais pas trop.
" J'ai une drôle de tête aujourd'hui, quand même…
- Ben… T'es maquillée, pourtant.
- Ben… Ouais… Ah mais, c'est ça !
- Quoi ?
- J'ai pas mis mon mascara Dior !
- Ah, j'adore ! T'as du mascara Dior ?
- Ben ouais, depuis longtemps. J'ai du Guerlain aussi.
- Ouais, ça je savais. Mais Dior ! Quand je pense que moi, j'ai des mascaras pas chers…
- (faussement ironique) Mais toi et moi n'avons pas les mêmes valeurs !
- (faussement amusée) C'est sûr… Nous n'avons pas les mêmes valeurs…"
Elles rient et parlent ensuite de leur réveillon du 31.
Que dire ? Rien. Et pourtant… J'ai envie de chanter "Réveillez-vous !" de Keny Arkana à pleins poumons… De leur matraquer que ce qui compte, ce n'est pas la marque, mais ce qu'il y a dedans ! Que plus on monte en gamme, plus le nombre de composants nocifs augmente, que ce qu'on paie, c'est la marque, la pub et la comédienne qui l'a faite, mais qui, jamais au grand jamais ne se tartinerait de la-dite crème, parce qu'elle le vaut bien, qu'il est temps de se préoccuper de ce qu'il y a derrière les lumières de la rampe…
Je rampe… Je rame. J'étouffe presque une larme. De tristesse ? De rire ? Je ne sais plus. Clown triste, je réajuste mon nez rouge et aspire une lampée d'air. Sous les lampes néonnes du métro, j'erre. Je suis sortie à cette station, éphémère. Je change de rame. En station debout, je me laisse porter par la houle du wagon, du vague à l'âme. Je pense encore aux paroles de Keny Arkana "Changer le monde, commence par se changer soi-même".
C'est sûr. Même si j'aimerais, même si je voulais… Je ne changerais pas le monde. Je ne changerais personne. Que je m'occupe de moi, de ce que je peux faire et ce sera déjà pas mal. Le sourire me revient : la liberté, c'est bien de jouir de la sienne jusque là où commence celle de l'autre. J'ajouterais simplement que dans "l'autre", il y a la Terre aussi. Eh ouais, bêtement. Plus que jamais la Terre est allégorie. Et plus que jamais aussi elle préfère quand on rit. Franchement. Et l'esprit ouvert. En route vers 2010, via 2009, je dis donc : "Ouvrons-nous ! Ouvrons la verte voie vers un monde plus gai."
Bonne année Patchamama.
Par Charlotte,
mardi 16 décembre 2008 à 17:04 ::Les Chroniques
Photo : voleurdimages2.bleublog.lematin.ch
Ils se sont réunis les 11 et 12 décembre à Poznan… "Ils" : les ministres de l'écologie de 192 pays, lors de la conférence sur le climat des Nations-Unis. Objectif déclaré : préparer la conférence de Copenhague de fin 2009, en discutant les grandes mesures visant à limiter le réchauffement climatique. Objectif effectif : ils nous servent du réchauffé !
Sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, on n'avance pas d'un tuyau de poêle par rapport à Bali. Balivernes et compagnie, les pressions du Canada, du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie ont eu raison de la bonne volonté des autres pays industrialisés, alors qu'ils étaient vraiment prêts à des efforts… Même les Etats-Unis !
Il semble que la mouvance Obama reprenne effectivement les injonctions d'Al Gore et John Kerry… A voir.
Mais c'est tout vu du côté de l'aide au pays en voie de développement pour faire face aux changements climatiques et pour moins polluer : niente, nada, queue de chi ! C'est la crise, hein, "ils" vont quand même pas dilapider l'argent là-dedans !
Quant au débat sur les limitations de la déforestation, les représentants du de l'Australie, Canada (décidément… tabernacle !), des Etats-Unis et de l'Inde se sont montrés hostiles à la reconnaissance de l'importance de la biodiversité forestière et des droits des populations autochtones et autres communautés forestières. Pas clairs.
Pas encore vraiment possible de savoir de quoi il en retourne, à quel climax de climat on aura droit. Bashung (rendons à César...) avait intitulé son best-of "Climax", qui veut dire apogée et/ou orgasme... Les perspectives seront-elles à l'apogée du mauvais ou à une meilleure jouissance des températures et de la nature sur Terre ? Va-t-on enfin desserrer l'effet de serre et les serres de ces chefs de gouvernements qui n'en démordent pas ? Car ça urge, nom d'une courge !
A Poznan, c'était donc la pause Naan, le quatre-heure de ces messieurs qui gouvernent le monde et veulent le beurre et l'argent du beurre. Espérons que les eurodéputés y mettront un peu plus du leur et un peu moins de leurre, ce mercredi à Strasbourg.
Mais ce n'est pas gagné, tant les positions allemandes, polonaises et italiennes tirent le dispositif vers le bas. "L'Europe ne va réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre que de 4 % entre aujourd'hui et 2020 et rate une occasion unique de doper les investissements dans les technologies du futur", commente Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. Concernant le marché des quotas d'émissions, les dérogations accordées aux industriels sont si nombreuses, que seules 4% des émissions polluantes de ce secteur vont être soumises aux enchères, ce qui est peu cher payé.
Va-t-on devoir payer pour ce que voteront demain les eurodéputés sur ces mesures du "paquet énergie-climat", comme on l'appelle ?
Il serait bien qu'ils ficellent par le haut…
Par Charlotte,
vendredi 5 décembre 2008 à 21:55 ::Les Chroniques
Hier, c’était le grand jour, le jour J où Monsieur S nous annonçait son plan de relance de notre économie, tel le messie, mais si !
Saint-Nicolas priez pour nous. Demain, les enfants n’auront peut-être pas de chocolat, crise oblige. Pas de bras droit au gouvernement, pas de chocolat ! Seuls les nantis vont y goûter en entier. Et les autres, pour changer, vont continuer à déguster. Car les effets de manche de Sarko, on connaît.
Effets d’annonce ou annonce de relance ? Paiera bien qui paiera le dernier. Si d’aucuns jugent intéressant le plan favorisant les investissements, ça pèche sur les mesures automobiles. Sarko place le seuil de C02 à 160g par kilomètre, alors que l’Europe l’avait fixé à 120 pour 2012… Pas doué ! Pour une fois que l’Europe tire vers le haut en termes d’écologie, il faudrait penser à suivre, M. Grenelle !Gredin, le Sarko ? Il essaie de nous amadouer. Si les contraintes qu’il fixe n’en sont pas, on ne pourra que l’aimer !
Mais notre petite planète n’attend pas. Elle souffre. Elle souffle. C’est apparemment bien peu de chose à côté de l’accouchement de Mélissa Theuriau. Mais enfin c’est un fait. Absolu.
Alors dans ce monde un tantinet absurde, qu’est-ce qu’on fête demain ? La Saint-Nicolas ou la Saint-Glinglin ?
A moins que ce ne soit la Saint-Bling-bling…
Par Charlotte,
jeudi 30 octobre 2008 à 15:18 ::Les Chroniques
Primes, multiprimes, subprimes… Déprime. Ou quand le spéculatif prime sur le reste… On en reste coi.
Quoi ? D'un coup de cuillère à pot-de-vin, on opprime le monde. On réprime (les révoltes), on supprime (les postes), on imprime (sa marque), et nous… On exprime (notre ras-le-bol). Le bol est à moitié vide et du coup, d'aucuns se retrouvent, le soir au bar, bien pleins…
On est plein, on est loin, on est proche, tout soumis aux battements d'ailes du papillon, de l'autre côté de la planète… On dirait qu'il a carrément pété car un vent mauvais souffle sur nos têtes. Et les mêmes trinquent. Telle banque ayant acheté les fameux subprimes perd sévère et persévère à ne rembourser que les clients les plus fortunés, en transférant les subprimes gênants d'Oddo Cash, fonds VIP, chez Oddo tout court. On court à la Bourse, tout cours confondus. On nous confond. On nous taxe. Quid en France de la dernière idée pour prélever l'argent chez le particulier qui n'en a pas ? Sur nos téléviseurs et ordinateurs permettant de recevoir la télé, pour compenser la suppression de la pub sur France Télé, taxe pour pallier le trou de la Sécurité sociale, et bientôt taxe pour payer à la police les Taser, ces pistolets électriques paralysants ? Taxe quand on fume, taxe quand on pique-nique, bientôt taxe quand on… ?
Mais je suis de mauvaise foi, je vous l'accorde ! je ne vais pas dire que je suis pour les couverts à pique-nique en plastique… Néanmoins : si on taxait un peu ceux qui les produisent au lieu de toujours compter sur le consommateur pour faire le tri ? C'est important, mais c'est trop facile ! Et les gens ont un trop-plein… Ils sont en pleine crise de foi ! Sarko a donc mis un peu de Borloo dans le vin sur les taxes vertes, mais ne tient aucune promesse du Grenelle… L'effet d'annonce n'a jamais été aussi fort… L'effet de renonce non plus. On nous prend pour des contribuables et c'est tout.
La globalisation est un concept bien concret en matière de crise : elle se propage comme une gangrène, se répand comme un mal dominant. Les mâles dominants du système ont-ils peur pour leurs bourses en or ? Sûrement. Nous pas. Car cette crise de foi aura peut-être au moins le mérite de faire prendre conscience aux gens qu'on mérite autre chose…
A mauvais épargneur, salut.
Par Charlotte,
jeudi 28 août 2008 à 15:22 ::Les Chroniques
Tamagotchis, casseroles, habits... et maintenant JO. Le made in China fait fort, le made in China fait rage. Orage, ô désespoir, la tempête sinique souffle sur nos tête.
La marque de fabrique, c'est : main d'oeuvre corvéable à merci, xie xie*, droits de l'homme qui filent pas droit, esprit carré du sacrifice au travail... Vaille que vive, il faut produire, produire, grandir, à tous prix. A tout prendre, on ne ménage pas les travailleurs (je n'ose pas dire 'employés'), et ceux-ci sont trop heureux de récupérer (je n'ose pas dire 'gagner') quelques sous. Et la France est en-desous de tout quand elle prétend faire la leçon... Quand je pense qu'on dit que les boîtes françaises 'soutraitent' leur production en Chine... On comprend ce que ça veut dire.
Et la France prétendait imposer son point de vue, en participant coûte que coûte (toujours des histoires d'argent et d'intérêt). La France n'a rien imposé du tout. La France s'est pliée aux conditions décidées sur place. Et la Chine s'est imposée. Première nation aux JO. Première nation émergente. Emergente ? On croirait un adjectif encourageant, compatissant, légèrement péjoratif. Or le marché est envahi par le tsunami textile et électro-ménager, des produits chinois. Conçus pour une rentabilité immédiate. Car on ne compte pas sur la durée. L'objectif affiché est de faire racheter, sans arrêt. Le con-sommateur est là pour ça. Il achète donc des pulls gris chinés ! De maigre qualité. Quand il n'est pas à chiner, dans le vieux, le déjà porté, pour un peu d'originalité. Car tout se ressemble sur le marché.
Faux-semblants, licenciements, la France suit la même voie, en précarisant toujours plus le travail, en proposant, via l'ANPE, des postes avilissants et sous-payés, que le chômeur est contraint d'accepter : il n'y en a pas d'autre et puis il risquerait d'être radié... 'Radiation', ce terme souvent associé au nucléaire... Le radioactif, lui, a de l'avenir !
La tempête cynique souffle sur nos têtes. Et la France s'est classée en 7e position aux JO. Pas terrible, apparemment. Je ne sais pas, les classements, ça me dépasse. Et pourtant c'est à l'avenant de cette société qu'on nous crée : compétition, méritocratie, rendement, où les plus endurants, les plus favorisés passent devant. La merde, quoi. Made in France.
Par Charlotte,
lundi 28 juillet 2008 à 15:24 ::Les Chroniques
Pomme de reinette et pomme d'api
Tapie, Tapie rouge,
Pomme de reinette et pomme d'api,
Tapie, Tapie gris...
C'est toujours aux mêmes qu'on déroule le tapis rouge... Décidément, on est en plein dedans, le bling-bling a encore frappé.
Frappé ? Oui, c'est bien le maux. On est en plein délire ! Au niveau étatique on déclare qu'on a voulu mettre l'épisode au passé, le CDR a donc renoncé à déposer un recours, ce qui a été entérriné par l'EPFR... Comprenne qui pourra.
Pas de recours, pas d'appel. Le vulgaire voleur de pommes, on l'appèle, on le pèle, on le condamne et on ne se contente guère de conjuguer l'épisode au passé. Au contraire, c'est la gerrre, il se retrouve avec un sérieux passif, une tache dans son futur. Un casier. Un fichier. Avec Edvige, on va nous ficher tous les voleurs de pomme d'api potentiels et Tapie... va au ciel. Pour un peu, on nous le ferait passer pour un saint ! Il touche la modique somme de 400 millions d'euros, pauvre victime, il nous ferait trembler la pomme d'Adam.
Le ver est dans la pomme ou je n'y comprends rien. On fiche toujours plus les 'Français d'en-bas', les citoyens lambda et on fiche une paix royale aux escrocs de haut rang, aux hommes d'affaire puissants, qui peuvent s'en mettre encore plus plein les fouilles impunément. Ouille ! On dépénalise le droit des affaires et on incrimine toujours plus les petites affaires. 'Toujours plus' est décidément la devise de ce gouvernement : plus incohérent, plus discriminatoire, toujours plus hallucinatoire.
Le ver est dans la pomme et elle n'est pas bio. Elle est farineuse, rendue insipide, trop mûre, mais pas encore tombée.
Ne mangeons plus de cette pomme-là ! Il est temps de sortir le carton rouge.
Par Charlotte,
dimanche 20 juillet 2008 à 15:25 ::Les Chroniques
Et si on se faisait un shoot ? Un shooting photo du Tour de France, un diaporama de cette suite de clichés qu'est devenu cet évènement ?
Ca roule ? C'est sûr, mais reste à savoir comment !
Le pire c'est qu'on nous ment même plus : c'est devenu officiel, la dope est au Tour ce que le coq est à la basse-cour, ce que la coke est à la haute-cour, celle du roi de France...
Les cyclistes se dopent, ça dope l'audimat. Mathématique ?
Ca laisse dubitatif. Ras les tifs de ce détournement médiatique. Du tort que ça fait au vélo, véhicule vert s'il en est. Où est passé l'objecif inititial, de parcourir le territoire, d'en faire le tour, pour voir du pays, goûter la naturelle beauté des verts horizons français ? Il est noyé sous la volonté de performances ! Le Tour de communion, d'offrande, c'est ceinture.
Pour boucler la boucle et revenir aux origines, le plaisir de pédaler et pas que dans la choucroute toute l'année, des militants écolos ont créé l'Altertour. Des écocyclistes sillonnent la France selon un trajet choisi, et font étape dans des fermes bios, des lieux lovely. Conférences et animations agrémentent le parcours (Pâlotte y a d'ailleurs fait un tour...), qui trace à travers champs sans OGM et rivières qui coulent, cool, quand l'official Tour passe non loin des écoulements des centrales nucléaires. On peut d'ailleurs se demander à quoi sont testés positivement les courreurs : à l'EPO ou à l'EPR ?
Pourquoi tant d'anglais dans un texte sur un évènement si français ? Surmédiatisation, intérêt des multinationales sponsors avant tout, la mondialisation a gagné, et ça n'en vaut plus le déTour.
A bon pédaleur, salut.
Par Charlotte,
lundi 16 juin 2008 à 15:28 ::Les Chroniques
Debout sur la grève, j’observe les grèves.
SNCF, routiers, chaînes publiques radio et télé, journalistes, pêcheurs, agents portuaires … Tous les jours, une nouvelle bonne raison d’arraisonner. Et d’assaisonner la vie des concitoyens : blocages en tous genres, manifs, manip’ des médias… La sauce prend là. Car on en génère du hiatus, on en veut du conflit de canard. La société, les gouvernements, nous cuisinent comme ça, maintenant.
Jetons l’éponge. Jetons les ponts entre les dérives. J’aimerais vrombir, comme ces moteurs hybrides, passer à la vitesse supérieure. Car la guerre du pétrole n’aura pas lieu, c’est un non-sens : « On n’a pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens, il faut qu’on avance ! », chantait Souchon. Soufflons que si… Parce que du pétrole, il y en a encore, de toute façon. Et qu’on peut faire sans. Dans l’autre sens, oui, parce qu’on va bien être obligés de reposer sur nos lauriers une couche de terre pour replanter, refaire, réessayer. Revenir à nos lauriers, nos thyms, nos tomates vertement arrosées, artisanalement bichonnées. L’huile de coude peut-elle faire tourner la société ?
L’huile de colza, en tout cas. Et de palmier, de tournesol : ça décolle. Biocarburants dits de seconde génération, car estimés plus aptes à réduire les effets de serre que les prédécesseurs, à base de bois, feuilles, paille… Un feu de paille ? Je veux… Car pour extraire toutes ces huiles, on massacre les essences… Les bois charnus et essentiels de l’Amazonie, de l’Indonésie. On fait fi des forêts pour les remplacer par des champs de canne à sucre ou de colza. Ca colle pas. Quelques huiles manifestent leur désaccord… On souffle dans le cor qu’on va mieux faire. Et on compte les corps, encore : feu les forêts qui ont souffert !
Fer de lance des moteurs nouvelle génération ? Les moteurs hybrides, j’en parlais, conjuguent un moteur thermique ou électrochimique avec un moteur électrique. L’objectif est de consommer moins de C02. Micro Hybride, Mild Hybrid, hybrides parallèles, hybride série et plug-in Hybrid : il ne s’agit pas là de nom de milk-shake mais de technologie automobile. Beaucoup de bruit pour rien. La plupart des hybrides consomment encore beaucoup de carburant et notamment… les 4x4 ! Ce qui ne les empêche pas de bénéficier d'incitations fiscales dans des pays comme la France… Ca fait froncer les narines. On n’est pas prêt d’arrêter de polluer. On essaie juste de polluer moins.
C’est moins que bien mais c’est plus que rien.
Et les grèves dans tout ça ? Elles sont là pour essayer de freiner : la privatisation toujours plus forte, l’assèchement des réservoirs de solidarité, la paupérisation accélérée… Mais la machine sociale ripe, c’est vrai que ça donne envie de riper à toute allure. Mais tout à l’heure, faudra revenir : le train n’est pas en gare.
Gare à nous : chaud devant !
Par Charlotte,
vendredi 13 juin 2008 à 15:29 ::Les Chroniques
S’il me reste encore du jus, écrire. J’ai perdu ma carte orange.
Oui je sais, elle fera bientôt office d’antiquité, on nous le répète sur les ondes souterraines. Mais quand m’aime, elle me servait… Et je la perds sans y avoir noté mon numéro, en début de mois, évidemment, sinon c’est pas drôle. Serais-je en fin de moi ? Moitié femme, moitié blaireau, la chimère n’a plus de tête. Tête en l’air, je lève la tête et je vois…
Des papillons et des abeilles que les pesticides tuent-rlututu, des hirondelles qui ne reviennent plus-rluberlu. Bof, pas de quoi faire une comptine, en fait. Pour faire la fête, suivre la quatre voies, elle mène direct à l’océan, ils ont fait une route sur la colline, sous le goudron, la plage. Je construis des châteaux en pagne et je regarde l’horizon, orange.
Je fonce. Retour à la case départ, oie blanche, je me retrouve en lettres capitales, à Paris. Eviter le puits, sortir du tunnel, Lady Di m’en dira tant. Tous les jeudis, dis, je brûle les planches en un rien de temps. Je brûle, orange.
Pour conserver mon intégrité, je dis aime la nature et je jure par tous les oursins que nous sauverons les cétacés. C’est assez ! Essayer. Y croire. Boire le jus de l’oursin, orange.
Pour préserver l’altérité, j’arrête de vouloir l’autre changer. J’ai chanté juste et faux, j’ai rangé mes fausses infos, pas de quoi casser trois potes à un connard. L’erreur est terrienne, l’humain émane sous l’horreur. Dans la manne, aigreur. On souffre, on souffle, on siffle. On en veut plus, du pouvoir d’achat, pouvoir être un chat, pouvoir appeler une chatte une chatte sans que les gens voient rouge, orange.
L’Euro du foot a commencé. D’aucuns sont vissés, d’aucuns s’en foutent… Je fais plutôt partie de la deuxième catégorie… Comme allégorie, je propose le carton… orange.
Enfin, arrêter de vouloir dans la force changer. A la place de « je me bats pour », je dis « j’œuvre pour ». Et le ciel s’éclaire. Le ciel, les oiseaux, et ta mère. Amère, je préfère dire amour et saluer l’univers. Il est temps d’une pause, entre stagnation et accélération. Le feu passe à l’orange.
Dans ma boîte aux lettres… Ma carte orange. Le coupon y est, vierge encore. Comme quoi mes voisins… Comme quoi les gens ne sont pas des chiens, ou le contraire, je sais plus bien… Comme quoi l’espoir est permis… Sur la case blanche, j’écris mon numéro, en orange.
Par Charlotte,
mercredi 11 juin 2008 à 15:30 ::Les Chroniques
La Birmanie, la Chine, la Grèce… Va falloir graisser la machine, sinon ça va être pour nous, le machin. La Terre hoquète, elle vomit ses bidules : son moyen de dire à Dudule de rembarquer ses tics et ses trucs.
Vous comprenez rien ? Normal, personne ne sait plus bien. On sait que la Terre tremble, qu’elle a des attaques, qu’elle se gratte les plaques, ploc, ce qui fait choir les bâtiments mastocs. Toc. Et l’homme baisse son froc. La Terre a mal, ça lui provoque des ondes de choc, des vagues à l’âme qui recouvre tout et qui font flop. Une flopée d’homme est emportée.
Et la Terre s’emporte, « comme une boule de flipper qui roule »… (désolée pour la référence) Mais qui tient donc les mannettes de la « machine à boule », comme on dit au Québec ? Qui traumatise ainsi notre belle planète, la faisant vibrer, de droite et de gauche, sans savoir où tirer, en espérant toucher le pompon. Le pompon du marin sursaute sur son béret quand il voit arriver la lame de fond, il en a la larme au front. Océans, mers, montagnes, volcans, rivières, les éléments s’activent et c’est la dérive… Des continents, des sentiments, des boniments… La fin d’une ère ?
Dans quel état j’erre, me demande-je souvent. Quelque part entre terre, ciel et air. Et le ciel gronde dans le sud de la France, et l’air est saturé d’humidité froide… Glagla, je ne voudrais pas vous gluer le moral, mais il ne fait pas bon être prolé-terrien en ce moment… Pour élever notre con-dition, on peut toujours essayer de se faire plus humain, en espérant que ça donnera envie à l’univers de reprendre les choses en main. Main dans la main, avec nous. A deux pieds joints. Vivement demain.
Par Charlotte,
dimanche 8 juin 2008 à 17:45 ::Les Chroniques
Tous les ans, c'est la même rengaine. Et chacun dégaine. Son gourdin ou ses arguments...
...au final ça va mal. Mâle, femelle, c'est égal. Mais, touchez pas aux bébés. Les blanchons, blancs comme neige, ne feraient pas de mal à un mioche. C'est presque à coups de pioche que leurs parents se font massacrer, mais eux seront saufs. Sauf votre respect, je ne sais que penser !
Chassons les phoques !, disent les uns, Phoque les chasseurs !, disent les autres.Aux Iles de la Madeleine, au Canada, il paraîtrait que les phoques sont en expansion, qu'il y en aurait plus que dans les années 70. Ils auraient à bouffer, eux. Parce que sinon, niveau banquise, c'est plutôt un peu partout de la glace nature, ça tient plus du frigo vide, que connaissent bien les étudiants. Etudions donc la question : peut-on tuer les phoques comme on tue, ailleurs, les moutons, les chasseurs assurant leur méthode indolore (validée par le comité vétérinaire canadien !), dans les zones où il y en a encore beaucoup ? Coup de poker assuré, rappelons-le, puisque la peau est vendue pour les fourrures russes et asiatiques, la graisse destinée aux cosmétiques, donc à rougir les lèvres de madame Tout-le-monde ou madame de Fontenay, comme vous voulez. La viande est consommée sur place. Le phoque c'est leur madeleine de Proust à eux, les Madelinots : ils ne jurent que par son odeur de pneu crevé. Aussitôt tous tués, ils se languissent de la prochaine saison où l'animal fera son retour.
La chasse est une activité pratiquée par biens des hommes et qui me laisse perplexe.Prétexte numéro un : se nourrir. On ne manquera pas de rappeler à l'écolo que je suis que les animaux se chassent entre eux… Certes… Certes. Néanmoins, il me semble que les hommes qui chassent en tirent du plaisir. Ah ! Immobiliser la proie innocente, la frapper à mort, lui enlever son pyjama à doublure rouge, mordre la pomme d'Adam à pleines dents (les phoques ont-ils une pomme d'Adam, au fait ?). En un mot : dominer, achever, tuer, maîtriser. Oui, ça fait quatre, mais pour César en conquête rien n'est trop beau. Et en rentrant, Toutou aura mieux que du César à manger et Mimine en aura pour son grade, son mâle fort de sa virilité retrouvée voulant lui en faire tâter. Je divague… Mais j'ai du vague à l'âme quand on mutile les âme, emportées par les vagues. Et pourtant, quand les Inuits tuent des phoques, on trouve ça plus facilement normal. A part qu'eux ont de moins en moins de gras à se mettre sous les canines, les poissons qui nourrissent leurs phoques étant en disparition. Le monde est mal fait, dira-t-on. Moi je dis que c'est plutôt l'homme. Quand un soi-disant défenseur des phoques déclare que la mort de chasseurs embusqués dans les glaces n'est pas grave, on tombe bien bas. Quand pro-phoque devient provoque.
Pendant ce temps, c'est sûr, la glace a encore gagné. La nature demande à l'homme : t'es qui, là ? Et l'aime bien frappé.