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Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

mardi 29 juin 2010

Le pétrole continue à fuir : BP nous fait marrer noir


Photo : www.etyc.org

Si ce scénario catastrophe n'existait pas... faudrait l'inventer. Si, si, BP fait très fort et va de jour en jour plus loin dans l'incompétence... et l'inconcevable.

Ca y est, on est à près de 100 000 barils de pétrole déversés* par jour depuis la plateforme Deepwater Horizon dans la mer ! L'horizon est amer. Et le goût des poissons et des oiseaux du coin aussi. Au point que des débats divisent ceux qui veulent les nettoyer et ceux qui pensent les tuer.
Ca me tue, cette société se fait des milliards de dollars en puisant et vendant du pétrole... qui ne lui appartient pas, car je reste subjuguée aussi par l'arbitraire de ces notions de "propriété privée" quand il s'agit des ressources directes de la Terre. Et attention, ils veulent faire la même chose avec l'eau.

BP se fait des milliards, donc, et n'est même pas foutue d'assurer ses constructions. Dès 2006, BP est sous surveillance du Congrès, depuis une sérieuse fuite survenue en Alaska*. Et qui menace de se reproduire... Evidemment, l'entreprise s'était engagée à consolider ses normes de sécurité. Vaste entreprise.
Surtout que le Congrès n'a pas l'air de surveiller grand-chose et que les réactions d'Obama, même s'il a qualifié la catastrophe de Deepwater de "11 septembre écologique", semblent aussi molles que la nappe brune...

Et même quand ça pète, rien ne se fait, le pétrole part à vau-l'eau. Beau travail, bravo !
Alors, d'abord on dit qu'on va brûler une partie de la nappe, puis on attend donc on ne peut plus brûler, alors on balance du Corexit, hautement toxique, histoire de rendre l'histoire un peu plus fumeuse. On envisage les ballots de cheveux, des gens en envoient des kilos, et puis, non, on se retracte. Ensuite, c'est le tour d'injection de boue lourde, de placement de couvercles qui ne tiennent pas... Et s'ajoutent à cela une fuite de gaz, un bateau foudroyé et une tempête tropicale qui se profile... C'est "Pirates des Carburants", je vous dis !

Vaut mieux en rire, mais c'est vraiment triste. Et incroyable que ce genre de société ne soit pas condamnée à verser des milliards de dollars d'amende... aux gens qui vivent du travail en mer, à ceux qui vivent sur les côtes atteintes, aux associations qui font leur possible pour sauver les espèces, aux Etats-Unis pour atteinte au patrimoine !
Je ne sais pas à quels moines BP se voue, mais ils pataugent dans la gadoue. Et c'est bien moins glamour que dans la chanson de Jane Birkin, parce que la mare est planétaire. Qu'est-ce qu'on se marre !

* source ici
** source là

jeudi 24 juin 2010

On est footus, on se mange trop...



En apparence, cette chronique n'a de vert que la couleur du gazon... Mais ce qui s'est passé avec l'équipe de France est pour moi très symbolique de la décadence d'une société qui doit vraiment aller vers autre chose... Ne vous fiez donc pas aux apparences !

Tout commence dans le métro... Oui, mais trop : un placard de quatre mètres par trois, une pub pour une marque de vêtements de sport made in petits chinois, avec un gars au centre qui donne l'exemple à des jeunes autour... un certain Evra. Je me marre et me dis "décidément, qui ils vont encore nous starifier, ce gars, je sais même pas qui c'est !"... Eh ben ça donne le ton : autant je connaissais Laurent Blanc, Henry, Lizarazu, Pirès avant le début de la Coupe du monde 98, autant l'équipe de France de cette année, dès le début, j'en avais rien à foot !

A l'image de Putix, l'icône caricaturée par Action discrète, cette équipe s'est distinguée surtout par ses écarts et sa vulgarité. Pas de quoi m'intéresser à leurs actions sur gazon. Qui, d'ailleurs ne valent pas cher. Or un footballeur se doit d'avoir l'intelligence du ballon et pas juste le ballon de ceux se croient tout permis ! On lui demande pas de philosopher, mais de prendre corps avec le match, c'est quand même son boulot, non ? Non.

Pour ces footeux insolents et arrivés, rien ne semble compter que l'or de la partie. L'or en coupe ? Que nenni, celui qu'ils ont d'office dans leur poche en participant à de telles compétitions, comme la Coupe du Monde. Enfin, quand je dis "participer"... Même les amateurs de foot ont été frustrés par le jeu. Normal, tout est dans le "je".

L'histoire de l'hôtel hors de prix et des diverses réactions ridicules des membres du gouvernement pour les couvrir ou les accuser est à l'avenant. On nage en plein n'importe quoi, plus de repères, plus de respect. Le paroxysme est d'ailleurs atteint dans la magnifique formule sans oxymore qu'adresse un joueur à Domenech l'entraîneur. En même temps, dans une société où même le président dit "casse-toi, pauv' con, casse-toi !", faut pas s'étonner de telles dérives...

Et Brice Hortefeux d'être condamné pour injures raciales, et Woerth d'être soupçonné de tremper dans une affaire d'évasion fiscale, et Guillon et Didier Porte d'être mis à celle de France Inter... Dans ce méli-mélo confus et médusant, on ne distingue plus rien. L'expression, la liberté d'expression, c'est quoi, finalement ? Dire "je t'encule" à quelqu'un ? Ou avoir la possibilité de le dire mais ne pas le faire ? Ou le faire sans rien dire ? On ne sait plus bien...

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'en continuant sur cette voie, on est footus !

lundi 7 juin 2010

Le règne du tout à l'égo...


Photo : http://digest.aissen.org : miroir composé d’une caméra, et de multiples petits panneaux de bois carrés qui s’inclinent pour reproduire l’image

A l'heure où on harponne sans vergogne, au hasard thon rouge, baleine et militant d'ONG, je me sens lasse des coups d'éclats dans l'eau... De cette société de violence, de paraître, du dire à tout va sauf l'essentiel... du tout à l'égo !

Hortefeux est condamné pour propos racistes, pour un ex-Ministre de l'Immigration maintenant à l'Intérieur, c'est quand même assez malheureux... Démissionner ? Que nenni. Monsieur ose encore faire du bruit, et appel en plus.

Le langage est agressif, la comm' omniprésente, les effets de manche sans surprise, et l'efficacité zéro. On s'agite mais on ne se bouge pas. On se montre mais on ne fait rien du tout. S'investir et pas investir... Agir vraiment et pas faire semblant. Se mobiliser et pas juste critiquer. Faire le bien et pas le singe, le porc et surtout l'autruche... Sinon notre gros ballon de baudruche va se dégonfler d'un coup ! Il commence déjà à se vider d'air.

"Changer le monde commence par se changer soi-même", chante Kenny Arkana avec ses tripes... Je chante avec elle...

samedi 5 juin 2010

Pour le thon (rouge), il est temps !



C'est aujourd'hui, le 5 juin, la grande journée d'action de Greenpeace en faveur de la sauvegarde du thon rouge. L'alerte est rouge, évidemment, surtout quand les pêcheurs confondent poissons et militants !

A la fameuse Cites (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages) de février, la demande (soutenue par quelques 20 pays) d'inscrire le thon rouge sur la liste des espèces menacées a été terrassée par les arguments sans faille des consommateurs (les Japonais) et des pêcheurs (les Français et les Libyens)(1)...

Qu'on s'entende bien : en France, moins de 1% des thons consommés est le fameux thon rouge, le Thunnus thynnus, assez cher. La chair rouge des thons de nos sushis bon marchés provient en fait de thons à chair rouge, listao, albacore et patudos, qui sont des thons tropicaux non-menacés(2)... La nuance semble subtile et est pourtant capitale, ça donne le ton ! 80% du thon rouge menacé sont consommés au Japon. Là encore, il semblerait que ce soit plus dans les sushis des riches que ceux des pauvres...

Comme souvent, le débat se résume au confort d'une minorité de profiteurs au détriment de l'harmonie globale, soit respect de l'environnement et des êtres vivants... Les tontons flingueurs contre les thons rouges.
Mais en bien moins sympathiques que dans le film de Lautner."Tant que je bouffe ce que je veux et que j'ai du pognon, toi tu peux crever et surtout bouffer de la merde !" semblent nous dire les joyeux patrons des firmes OGM et les riches de la planète qui saccagent les stocks limités de nos océans...

Ces stocks étant, petit détail, tout de même des êtres vivants. Si je ne suis pas végétarienne, j'entends ne pas manger trop de viande ou poisson, et surtout pas provenant d'élevages irrespectueux ou de surpêche compromettant la reproduction de l'espèce.
Beaucoup plus de poissons qu'on ne croit sont menacés. Le petit guide du WWF(3) peut vous aider à acheter malin.

Vous me connaissez (et sinon, bonjour !), ce blog n'a pas pour but d'être alarmiste, mais il est des causes qui méritent mobilisation. Vous trouverez sur le site de Greenpeace(4) la liste des manifestations de ce samedi 5 juin.

Et sinon, continuez à être vigilants et attentifs à ce qui se passe... Il est plus que thon... Et gare aux harpons !


(1)Compte-rendu de la conférence par une militante d'ONG ici

(2)Sources dans cet article de rue 89

(3)le guide des poissons du WWF à avoir sur soi
(4)C'est ici

vendredi 4 juin 2010

Un pressing vert... et pas mûr !


Duramou, le fer à repasser de "Téléchat"...

Comme je devais faire nettoyer à sec une veste qu'on m'avait prêtée, je me suis penchée sur la question du "pressing vert"... "Quand même, ça doit faire longtemps que ça existe à Paris !", me suis-je dit naïvement. Eh bien que nenni. Et croyez-le ou non, c'est pas gagné !

En quelques clics sur Internet, j'étais déjà au coeur du problème : tout le monde s'accorde pour dire que le perchloroéthylène (à vos souhaits !), solvant le plus utilisé, est toxique. En revanche les alternatives ne sont pas si évidentes à trouver...

Pour l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), le perchloroéthylène est un produit hautement toxique pour l'environnement et les milieux aquatiques, cancérigène probable pour l'homme (CIRC, 1995), irritant des voies respiratoires et neurotoxique. En janvier 2007, l'état de Californie a voté un retrait progressif des machines de nettoyage à sec au perchloroéthylène à l'horizon 2020... Schwarzenegger, Terminator de l'écologie, je vous dis !

En France, comme d'habitude, c'est moins évident. Nathalie Kosciusko-Morizet avait pointé du doigt le perchlo et prévenu que les contrôles allaient se renforcer. Aujourd'hui, on n'est pas plus avancé. Pour la suite, il faudra repasser !

Quelles alternatives, alors ?
Le nettoyage au CO2 liquide, développé en 1994 en collaboration avec l'Agence pour l'Environnement Américaine (EPA), permet d'utiliser le CO2 des émissions industrielles et agricoles dans un détergent très efficace et non-toxique, mais est encore cher... et surtout n'est pas développée en France. C'est pourtant alléchant comme chaîne de recyclage !

Le "Wet Cleaning" (traduit au Canada par "nettoyage multitraitement") est une technique de blanchissage sophistiquée qui utilise de l'eau (trop ?) et des détergents biodégradables dans des machines à laver informatisées. Une blanchisserie moderne, en somme, qui mobilise de nombreuses mains. A Chicago, dans une banlieue sinistrée par le chômage, un projet pilote impliquant la ville et les organismes sociaux de réinsertion a ouvert un Wet Cleaning pour réinséré les mères célibataires et autres populations paupérisées. Une idée pas pauvre, mais qui n'existe pas chez nous.

Enfin, le procédé GreenEarth s'est beaucoup développé et existe aussi en France... mais porte à polémique. Il utilise le siloxane, solvant nouvelle génération composé de silicone, produit dérivé de la pétrochimie. Sans odeur, il ne produirait pas de vapeurs toxiques et détacherait tout tissu, selon ses concepteurs. Cependant, ni l'Agence de l'Environnement Américaine (EPA) ni la Coalition pour l'Air Propre (Coalition for Clean Air) n'ont encore accordé de label vert à la technologie GreenEarth.
Et pour cause... C'est actuellement le sujet d'une étude pour décider de son interdiction totale au Canada, car le GreenEarth a été identifié comme polluant aquatique et terrestre ! En outre, comme un bonheur ne vient jamais seul, il est supçonné d'être cause de cancer aux USA. Et les déchets de ce procédé sont traités comme toxique au Canada.

Je me suis crue soulagée quand j'ai vu qu'il existait un nouveau type de machine à laver, IPURA, qui consomme peu d'eau et d'électricité et permet de laver tout textile. Mais peu sont installées en France, aucune à Paris pour l'instant. Et certains disent que ce système utilisant de l'hydrocarbeur, son inflammabilité mettrait en question la sécurité du personnel et des résidents alentour...

Y a de l'eau dans le gaz, donc, et aucune alternative ne semble vraiment convaincante pour l'instant ! La mort dans l'âme, j'ai donc apporté la veste au pressing du coin de la rue et l'ai fait nettoyer en étant consciente que les méthodes utilisées ne seraient pas écolos du tout.

Et je n'ai pas eu le choix, puisque dans ce secteur les méthodes vertes ne sont pas mûres !


sources dans cet article et surtout dans la discussion attenante

mercredi 2 juin 2010

Les tomates sont sèches. Je répète : les tomates sont sèches !


photo : dans-ma-cuisine.over-blog.com

Eh oui... Voilà, dans une société ultra-extrêmiste sur plein de points (sauf sur les bons....), ça devait arriver... Même les tomates séchées de la Biocoop sont interdites de vente. Le motif ? Le contrôle d'hygiène est passé et a décrété qu'elles n'étaient pas bien conservées... Pas bien conservées ? Vous voulez rire ? L'huile d'olive et les herbes aromatiques dans lesquelles les fruits (eh oui, apparemment, une tomate est un fruit!) trempent sont des conservateurs à part entière... Du moins, en d'autres temps, apparemment... Des temps plus logiques, plus cohérents, car de service d'hygiène on se passait... et bien vivre, quand même, on savait... A vouloir être plus royaliste que le roi on annule tout... Et on fait pousser des fraises à la place des choux...

Ca me prend le chou, j'en ai marre que la cohérence, pour eux, ne soit que dans le porte-monnaie : le savoir-faire, le local-faire et le bien-faire, il faut privilégier. Oui, ces tomates séchées venaient d'Italie. Mais c'était le lieu de production et de mise en conditionnement. Après, il y a l'acheminement, certes... Diantre, si je sèche des tomates, moi, ça me coûte un sceau ! Rien qu'en place et en électricité (il faut le faire au four, mais dans un four peu adéquat, ça peut prendre des heures)...

Alors, quelle cohérence privilégier ?