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samedi 27 février 2010

Canto Allègre


photo : http://www.points2vue.com/

On connaît la chanson de Claude Allègre. Régulièrement, il nous ressert la même rengaine, en changeant à peine les paroles... "L'homme est parfait, l'homme n'a rien à se reprocher, Ce n'est que vision scientifico-fantasmagorique que la thèse du réchauffement climatique... hic !"

Sauf que pour proposer autre chose, affirmer, contrer des scientifiques, il faut y aller de toute sa stature crédible et vérifiable, et non juste de sa carrure éléphantesque et de sa grande gueule. Et la rigueur, dans toute thèse scientifique, c'est quelque chose. Et Le Monde* de pointer du doigt des aberrations - il n'y a pas d'autre mot - qui truffent le livre de M. Allègre.

Déjà, le minimum est quand même de vérifier les sigles, références, et autres citations que l'on met en exergue. C'est à se demander si M. Allègre a écrit son ouvrage. "Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", disait Boileau. Si c'est vrai quand il s'agit de poème, alors quand on veut démontrer l'indémontrable...
Pour commencer, alors qu'il s'attaque aux conclusions du GIEC, le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, l'auteur le définit comme le "Groupement International pour l'Etude du Climat". Jolie approximation ! Mais l'auteur ne prétend pas faire de la poésie. Dommage.

J'aime beaucoup aussi sa façon d'affirmer en toute simplicité : "Au total, l'Antarctique ne semble pas fondre. En tout cas, ce n'est pas perceptible"... et de montrer par là-même son manque de rigueur (ou son incompétence ?), car la réduction des glaces de l'Antarctique n'est pas due à une fonte mais au glissement des glaciers dans la mer. Qui est apparamment très perceptible, car grâce à des données satellitaires, les scientifiques ont pu mesurer qu'entre 2002 et 2006, l'Antarctique a perdu, en moyenne, 104 milliards de tonnes de glace par an. Entre 2006 et 2009, ce taux est passé à 246 Gt par an. Et c'est bien parce que les glaces se sont éparpillées dans la mer que les pôles voient une augmentation de la navigation. En raison des glaces dérivantes, cela pose d'ailleurs la question des icebergs isolés... mais c'est un autre problème que celui du Titanic, hic.

Comble de l'amateurisme, M. Allègre parvient à citer des études qui n'existent pas ou qui n'ont pas du tout le même objet que celui prétendu. J'aime beaucoup l'exemple du "vote (prétendument contre la thèse du réchauffement climatique) qui a eu lieu parmi les spécialistes américains du climat le 19 octobre 2009". Interrogé, Paul Higgins, - à ne pas confondre avec Paul Haggis, le cinéaste -, un responsable de l'American Meteorological Society, dit se souvenir de cette enquête... qui concernait, en fait de "spécialistes américains du climat" des présentateurs météo des chaînes de télévision américaines !
C'est comme Laurent Cabrol, qui lui aussi a écrit un livre sur le réchauffement climatique (si, si !) : ils ont quand même un super-diplôme de speaker météo, merde ! C'est pas rien...

C''est par rien non plus que de prétendre, de tous ses poumons, chanter un air différent et original, mais en plaçant mal sa voix. Voie du milieu ? Mon oeil, oui. C'est même dangereux, tant on dit aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre : "ne faites rien". A vouloir être juste populaire, on oublie l'essentiel : non, l'air de la Terre n'est pas inépuisable pour les hommes, et oui, c'est à eux de savoir s'ils veulent continuer à y respirer...

Vous chantiez ? Eh bien, dansez maintenant !

*l'article en question est ici
article sur la navigation dans les pôles

jeudi 11 février 2010

Au feu, les pompiers !



Ce matin, j'ai eu une drôle de surprise, alors que j'étais occupée à écrire sur ce même blog...

On frappe fort à la porte. Plusieurs coups répétés. A contre coeur, je me dirige vers l'entrée et ouvre... à un pompier. Grand. Comme tous les pompiers. Baraqué. Comme tous les pompiers. Un peu boutonneux. Il m'explique très gentiment que le conduit de la cheminée du monsieur du 3e qui se réchauffait a pris feu. C'est qui, ce con du 3e qui fait du feu sans avoir ramoné son conduit, je me dis. Et puis je me ravise. Je ne le connais pas. Un accident est si vite arrivé. Le pompier me demande de toucher le conduit à la place de ce qui a été jadis une cheminée pour voir si c'est chaud. Que nenni. Il m'enjoint aussi d'ouvrir la fenêtre si je sentais des odeurs de fumée. C'est tout. Merci. Au revoir.

Je reviens à mon écran... Quelques minutes plus tard, gros bordel devant ma porte. Ca sonne. Je vais pour ouvrir. "Restez pas là, mademoiselle !" Ben oui, mais vous avez sonné, alors... "Ah, pardon, pas fait exprès". Un énergumène de pompier est en train d'escalader, enfin de se faire aider par tous les autres, plutôt, pour accéder à la lucarne et au toit. Et donc à la cheminée en question, je présume. "On fait attention, y a de la neige. Je veux pas de blessé aujourd'hui", dit celui que je suppose être le chef. Enfin, il dit pas aujourd'hui, ça c'est moi qui le pense. Je referme ma porte pour les laisser oeuvrer. Pour couvrir leur boxon, je mets David Bowie "Starman"... Y a peut-être un rapport. La brigade devant ma porte vient peut-être direct des étoiles.

Faut dire que c'est pas commun. Je pensais passer une journée tranquille à écrire chez moi et c'est le grand débarquement. Après un moment, ça sonne. Et on me signifie que ce n'est pas une erreur, puisque ça sonne plusieurs fois. J'ouvre à un pompier qui s'engouffre chez moi, le temps que l'autre (le chef) m'explique qu'il faut regarder le conduit avec sa caméra à infrarouges. Je le laisse passer, un autre le suit. Et là, j'en ai marre.
Déjà que je suis pas coiffée, fringuée entre grunge et cool (pour une journée d'écriture, quoi), en plus il faut qu'ils circulent dans tout l'appart, pas vraiment rangé. Je comptais le faire plus tard dans la journée. C'est très bête, mais d'un coup, j'ai honte. J'ai beau me dire que des logements autrement pires, ils en voient tous les jours, je n'ai qu'une hâte : qu'ils s'en aillent. Et pourtant, ils sont pas méchants. Ils font leur boulot. Mais ça me plombe. Ils me saluent, rigolent quand je m'étonne de voir un truc écrit sur ma porte. "C'est de la craie, ça s'en va avec une éponge et de l'eau". J'ai pas réussi à déchiffrer, mais j'aurais juré du portugais... Ils finissent par s'en aller.

Je me sens un peu dépassée. Mécaniquement, j'attrape une éponge, l'humidifie. Mais quand j'ouvre ma porte pour rincer le tag (et tenter de le comprendre), il a été frotté. Presque déçue, je nettoie ce qu'il en reste, referme ma porte. Je regarde mon chez-moi... Frénétiquement, je me mets à tout ranger. Et croyez-moi, y avait le feu !