Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

vendredi 10 septembre 2010

Les 3 Suisses made in où ça ?


La pub des "3 Suisses", retouchée par mes soins*

Vous l'avez sûrement vue comme moi, la campagne des "3 Suisses" perce un peu partout en ville... A coups de "Finie la lutte pour être classe" ou "La petite robe noire sans être dans le rouge", la marque veut nous imprimer qu'on peut être bien habillée pour pas cher. Oui, mais ce serait plutôt "Le chic sans fric... grâce aux Asiatiques ?"

On ne va pas nous la faire. Le "made in china" permet, certes, d'acheter des vêtements à moindre prix pour nous, mais à un fort coût social pour les Chinois qui les fabriquent. Alors, j'entends d'ici "on s'en fout des Chinois", mais pensez-y : un jour, c'est chez nous qu'on dira "Le Chinois travaille à tant, pourquoi pas toi ?". De toute façon, la régression sociale n'est déjà plus une abstraction.
Ca tombe bien, c'est le moment d'apprendre à faire autrement, de faire des choix. Et on peut aussi dire qu'on ne s'en fout pas des Chinois, qui sont des hommes comme vous et moi... Enfin, moi, je suis une femme, hein, mais c'est un détail.

Quand je dis "made in China", je pourrais aussi dire "made in Indonesia" ou "made in Roumania". Alors, comme c'est l'Europe, on a tendance à penser que c'est mieux. Mais là aussi, les Chinois acceptent à des conditions bien inférieures, les mêmes postes que les Roumains. Lors de l'entrée dans l'UE, bon nombre de Roumains ont quitté leur pays, occasionnant une pénurie de main d'oeuvre à combler**. Je n'incrimine pas non plus spécifiquement le Chinois, c'est bien sûr tout le système qui bat de l'aile.

Alors pour ne pas battre de l'elle, parce qu'être belle ne rime pas avec consommer, parce qu'on n'a pas besoin d'avoir 150 tenues pour être respectable, on n'achète moins d'habits et mieux, pour privilégier la production française et européenne. Direction les créateurs et les marques éthiques, il y en a plein. On peut aussi dégoter de beaux lots en friperie, temples du recyclage par excellence.
Et partout ailleurs, on n'oublie pas ses armes naturelles : ses yeux et ses doigts pour chercher les étiquettes et voir d'où ça vient !

Pour que chic rime plutôt avec éthique.

*Originale ici
**article du Post sur le sujet

mercredi 8 septembre 2010

Dans le cochon tout n'est pas bon, non !



Vous aviez suivi l'affaire du cheval déchu par les algues vertes* ? Eh bien, cette année, rien n'a changé ou presque : ce sont des milliers de tonnes de laitues des mers qui déferlent sur les côtes bretonnes et dans les ports à cause de l'élevage intensif de porcs.

Les nitrates et l'azote rejetés par les exploitations porcines en surnombre polluent allègrement et on croirait voir Allègre en action tant le problème est traité à l'en-vert. Bruno Le Maire a fait construire, à grand renfort de pognon, des usines qui réduisent les algues en compost, après les avoir ramassées sur les plages. Coût du ramassage : 30 000 euros par jour, coût des usines : plusieurs millions**.

Ne serait-il pas plus raisonnable de limiter le nombre de cochons qui se comptent par millions ? Pour faire les porcs, tout est bon : on préfère inciter, à grand renfort de subventions publiques, les éleveurs à fabriquer de l'électricité à partir des nitrates... et avec l'azote et le phosphore qui restent, on fait quoi ? Ben, nous, rien, mais les cyanobactéries, elles, aiment ça ! Ces mircoorganismes pullulent l'été dans les rivières et lâchent des toxines urticantes, paralysantes ou amnésiantes... Vous avez dit sympathique ?

Pas de quoi nous faire oublier les gesticulations ministérielles, en tout cas.
A vouloir ainsi éviter à tout prix (c'est le cas de le dire, et c'est notre argent...) le problème majeur de diminution des têtes de bétail et des conditions de leurs traitements (ça, c'est pas du bio, c'est sûr !), Le Maire nous fait de l'art ou du cochon ?

Et les coopératives agricoles, comme le Cooperl de s'inquiéter qu'on les contraignent par des mesures drastiques... Mais la seule dureté en vue, c'est celle de l'eau dont la qualité ne risque pas de s'améliorer...

* cf. "De l'art de noyer le poisson et les ours polaires" sur La touffe verte (déc. 09)
**cf. article "Un tour de cochon" du Canard enchaîné du 18/08/10

mercredi 1 septembre 2010

Le gâchis du Gaucho



A ceux qui doutent encore que les pesticides ont un impact sur la santé, voici le témoignage de Gilbert Vendée, qui a réussi à faire reconnaître son intoxication au Gaucho comme maladie professionnelle. Il a développé Parkinson suite à son travail d'agriculteur en contact récurrent avec le pesticide. Vendée, pas vendu, a tenu bon pour obtenir ce verdict.

Car c'est là que le bât blesse, la MSA (Mutualité Sociale Agricole) a refusé de reconnaître sa maladie comme professionnelle, ayant trop peur de créer des précédents, démontrant par là-même l'efficacité des lobbyings des grands groupes producteurs de pesticides.

Et si le TASS (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale) a finalement accédé en sa faveur, pour que cela devienne un précédent, il faudra... qu'il y ait des suivants ! Voilà pourquoi Gilbert témoigne sur le site de rue89 (1), incitant ses collègues touchés à s'exprimer. Oui, mais...

Si les apiculteurs ont démontré les liens entre le Gaucho et la mortalité des abeilles, ils peinent à faire interdire définitivement le produit. Le principe de précaution qui consistait à interdire le Gaucho sur les cultures de tournesol n'a été appliqué que de 1999 à 2003 (2). Pour ce qui concerne le maïs, l'interdiction d'utiliser le pesticide est en vigueur depuis 2004, ce qui n'empêche pas que le Cofidor qui a la même matière active soit autorisé sur d'autres cultures... Et que d'autres pesticides comme le Cruiser posent problème (3).

Alors, pour ce qui concerne les hommes, ce n'est pas mieux, les entreprises tergiversent et tendent à responsabiliser directement les utilisateurs qui ne porteraient pas leurs masques... Un peu facile, non ? Si les recommandations insistent tant sur le fait de se protéger, cela prouve la toxicité des produits, et on sait bien que même avec un masque, des particules passent. En outre, d'après Gilbert, il est irréaliste d'imaginer rester masqué 13 heures d'affilée.
Les agrochimistes s'accrochent et les agriculteurs décrochent...

Même si la reconnaissance obtenue ne le soignera pas, gageons que Gilbert Vendée s'en sent un peu plus léger. Les pesticides ? Vendez-les au diable, on n'en veut plus !

(1) voir sur rue89
(2) cf Wikipédia
(3) article de février 2009 sur La touffe verte

dimanche 29 août 2010

Quand Sarko crie au loup


Photo : © www.loup-ours-berger.org

Quand Sarko déboussolé, quand Sarko critiqué, quand Sarko ne sait pas quoi faire, Sarko cherche bouc-émissaire...
Et se prend pour un chevalier masqué... qui porterait un loup.
Et Sarko passe, et Sarko-phage !

Ainsi en a-t-il décidé du sort du loup. Réintroduit en 1992, surtout dans les régions alpines, la population a augmenté de 20 à 25 % pour atteindre aujourd'hui près de 220 bêtes*. Evidemment, les carnivores se servent dans les élevages, évidemment les éleveurs hurlent à la mort.

Néanmoins, selon Jean-François Darmstaedter, président de Ferus, association de protection du loup, "l'expérience montre que si la protection des troupeaux de moutons est bien mise en place, ça se passe très bien".
Il existe quand même des races de chiens qui protègent les troupeaux férocement et effraient véritablement l'animal aux longues dents. On peut donc se demander s'il n'y a pas comme une envie de vengeance primaire dans l'air, une envie de dégommer du loup pour se sentir un homme respecté.
C'est un peu le loup contre les loulous.

D'autant que certaines morts de moutons seraient aussi dues aux attaques de chiens errants sur lesquels il n'est pas proposé de tirer. Qu'on s'entende, ce n'est pas moi qui vais louer la généralisation de la chasse à court.
La chasse à court ? Tu vois un truc pas loin qui te gênes, tu tires ! D'autant que Sarko propose une autorisation d'accélérer l'obtention du permis de chasse pour les éleveurs concernés. Du vrai court terme. Super.

Plutôt que de persévérer à trouver des solutions d'harmonisation, on va donc tuer l'animal qui a été réintroduit exprès dans nos forêts pour sauver la biodiversité. On ne remet donc pas en cause la surpopulation dans les pâturages qui rend plus difficile la surveillance du troupeau et sa concentration difficile et nocive.

Pourtant Sarko, qu'on pourrait pour le moins soupçonner d'avoir les dents longues, ne semble pas avoir peur des méchants loups de la finance et vampires des multinationales qui saignent le monde à blanc.
De quoi rire jaune et à pleines dents, babines retroussées évidemment.

*article de l'Express
article de Libé avec des photos croustillantes...

lundi 23 août 2010

Fausse fin et vraies marées noires


Une plate-forme pétrolière remorquée en mer Caspienne
Photo : A. Ustinenko/Peter Arnold, Inc.


Après de multiples rebondissements, la fuite de pétrole de la plateforme Deepwater Horizon a été colmatée. Cependant, si on nous annonce que c'est bel et bien fini, une opération reste encore à effectuer et malgré tout, les risques liées à la pression existent encore même s'ils sont qualifiés de "minimes".

D'autant que le colmatage ne s'est pas fait sans différents épisodes lui-même. Décidémenent, cette marée noire, c'est plus qu'une saga de l'été. Le 15 juillet, donc, la pose d'un entonnoir sur le puits avait permis de stopper la fuite. Puis le 3 août, l'opération poétiquement nommée "static kill" a bouché le puits par des boues de forage, une étape cruciale... mais pas définitive. Une fois les liquides et matières solides injectées, le trou a été cimenté. La manoeuvre n'a cependant jamais été testée auparavant et une initiative similaire avait échoué fin mai.

Oui mais ce n'est pas tout. Une ultime procédure, de son nom de guerre “bottom kill”, doit clôturer les opérations et mettre en service deux puits de secours destinés à intercepter le pétrole sous le fond de la mer, par en dessous. Elle devrait confirmer le succès du “static kill”, et sinon, le puits principal sera cimenté via un puits de secours. Cette action devait être menée à la mi-août... Elle est finalement repoussée à début septembre. La Maison-blanche patauge encore en termes de marée noire.

Et puis, une fois n'est pas coutume, voilà que ce soi-disant "ultime recours" n'est que l'avant-dernier ! En effet, avant de pratiquer "bottom kill", il faut changer une valve. Oh, trois fois rien, il s'agit juste de celle qui a provoqué l'explosion ! Cette vanne "anti-explosion", justement, était défectueuse... Eh oui, ce serait aussi bête que ça. A se demander quels genres de contrôles matériel ils font chez BP.

Mais avant de pouvoir poser une nouvelle valve, des tests doivent être conduits afin de s'assurer que le nouvel équipement n'endommage pas le puits et que la pression exercée par le pétrole ne cause pas de nouvelle fuite, a expliqué l'amiral Thad Allen, principal responsable de la lutte contre la catastrophe.
En clair avant "l'ultime étape", une autre opération doit être réalisée, qui demande elle-même une batterie de tests !

Ils sont forts en fausses fins, décidément ! Le scénario co-écrit par BP et les autorités est troublant de suspens... Cette fois, la date annoncée est "aux alentours du 6 septembre"*. Gageons qu'une ultime pré-ultime étape s'avérera bientôt nécessaire... A croire que les auteurs du drame ne savent pas comment conclure en beauté. Ils se font attendre, désirer... De vrais artistes !

Et pendant ce temps, la Chine affiche le 2e PIB mondial derrière les Etats-Unis. Certes, divisé par le nombre d'habitants, le pays reste parmi les plus pauvres de la planète, mais cela n'empêche pas les économistes de parler de "puissance mondiale" et de "modèle à suivre"... Toujours derrière les Etats-Unis mais bien placée, la Chine a eu aussi sa marée noire de l'été. La catastrophe a été provoquée à la mi-juillet par l'explosion de deux pipelines à Dalian, port au nord-est de Pékin. Le gouvernement chinois a, bien sûr, tenté de minimiser l'ampleur de la chose, affirmant que seules 1 500 tonnes de pétrole ont été lâchées dans la nature.

En fait, selon un rapport de Greenpeace, c'est 60 000 tonnes qui auraient fui, soit quarante fois plus. Selon Richard Steiner,expert en marée noire de l'Université d'Alaska invité par Greenpeace : "C'est habituel pour les gouvernements et les compagnies pétrolières de minimiser l'ampleur des marées noires et l'impact environnemental d'une fuite de pétrole ou chimique et d'amplifier l'impact de leur réaction."
De vrais scénaristes, je vous dis !

Et avec les chiffres aussi, ils savent faire de la fiction : selon Libération**, un total de 4,9 millions de barils (780 millions de litres) se sont échappés du puits endommagé à la suite de l’explosion et du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon fin avril. Quelque 800.000 barils (127 millions de litres) ont été récupérés. Et chez BP, on parle de "trois quarts de bruts éliminés"... Pour moi 127 sur 780, ça ne fait pas trois quarts ! Alors même si une partie s'est "évaporée", ça laisse sceptique.
Et pourtant, BP crie victoire... Cherchez l'erreur.

*dépêche de Libération
**article de Libération

vendredi 30 juillet 2010

Le choix cornélien du con-sommateur


Photo : http://lille89.blogspot.com

De ce qui précède, à savoir ce que les emballages contiennent de toxiques, découlent des questions inextricables... Ou comment le con-sommateur est sommé de trouver des réponses concrètes à des questions qui tiennent de l'absurde. Exemples.

Vaut-il mieux acheter du bio emballé dans de la merde ou de la bouffe de merde emballée dans de la merde ? Au moins, le deuxième cas a l'avantage d'être plus franc du collier. On sait à quoi à s'attendre, on sait que ce sera bourré de trucs pas bons pour nous, et au moins c'est clair sur toute la ligne.

Et pour ce qui concerne le bio emballé dans ces mêmes plastiques toxiques, c'est un peu l'arnaque, surtout pour le bio industriel : est-ce que ça vaut le coup de payer le prix du bio pour avoir des produits certes certifiés AB, mais qui viennent peut-être d'Egypte ou de Nouvelle-Zélande où les contrôles ne sont pas les mêmes (car dans ce cas, AB délègue sa certification), qui contiennent peut-être même des OGM (depuis janvier, c'est autorisé à 0,9 % dans les produits AB comme dans les autres produits), et bourrés de phtalates ou biphénol A qui ont migré des emballages ?

Du coup, pour éviter les plastiques par exemple autour du fromage, on va chez le fromager, et on se fait servir à la coupe. Non, ses cheveux n'ont rien à voir là-dedans (enfin, j'espère...). Passons sur le fait que certains fromagers emballent aussi leurs fromages dans du plastique... Donc il vaudrait mieux un fromage potentiellement porteur d'OGM et autres antibiotiques (selon ce que les bêtes ont mangé) emballé dans du papier que du fromage bio emballé dans du plastique ?

Et qu'en est-il de la viande ? Ca devient carrément le casse-tête... A ceux qui me rétorqueront qu'il vaut mieux être végétarien, je répondrais que c'est pareil ! J'ai jamais vu de lait de soja ou tout autre lait de plante dans des flacons en verre, ils sont dans les mêmes emballages douteux que le reste. Même le tofu est dans du plastique...

Après, c'est sûr, il reste le bio local (ou national) non-emballé et là, c'est le top. Parce que ça veut dire que c'est au poids (genre les lentilles, etc. dans les Biocoop) ou direct du producteur (AMAP, marchés bio, etc.). Reste qu'on ne peut pas s'approvisionner comme ça pour tous les produits, référence à ce que j'ai dit précédemment... je pense donc tu suis.

Et nous sommes... dans la mouise ! C'est sûr, c'est pas réjouissant, mais il faut bien faire contre mauvaise fortune bon coeur, comme on dit chez les vieux conservateurs de langage. Et le plaisir doit rester au coeur du truc, car la frustration pollue aussi le cerveau. Donc on fait ses choix en son âme et conscience (encore une expression vieillote, j'aime bien aujourd'hui), en gardant des aliments plaisir même s'ils ne respectent pas tous les critères. Et le con-sommateur devient consomm'acteur.

Et je finirais par un dernier dilemme : vaut-il mieux rester con et ne pas se poser de problème ou se responsabiliser sans trop savoir quoi faire parfois ?

jeudi 22 juillet 2010

Connaissez-vous Alberta ?


Photo : blogs.reuters.com

Alberta, c'est le petit nom de la plus riche province du Canada. Lacs paradisiaques pour la natation, le ski nautique et autres activités, montagnes aux jolies neiges éternelles (enfin pas tant que ça, on le sait maintenant), le site est idéal pour les touristes en mal de bol d'air. Oui, mais voilà... Alberta cache ses souillures...

Comme je l'indiquais dans mon article de novembre*, alors que des gisements de pétrole sont déjà exploités un peu partout dans la province, Total et d'autres grands groupes vont jusqu'à exploiter les sables bitumeux pour en extraire le pétrole. Le précieux or noir, mêlé à du bitume visqueux et lourd, aggloméré à du sable et du schiste, doit être traité à coup de gaz et d'eau, ce qui revient à polluer encore cinq fois plus pour obtenir un bidon par rapport à l'extraction "normale", déjà pas mal polluante.
"Je pétrole donc je vole, je pollue donc je suie", nous rient au nez ces groupes pétroliers.

Et la province d'Alberta de mettre en avant ses vertus environnementales... en omettant ce petit détail. Ah, l'omerta des pollueurs !
En signe de protestation et de sensibilisation, Corporate Ethics International, à la demande de fondations et citoyens, a placardé des panneaux annonçant '“Alberta: the Other Oil Disaster” mettant côte à côte une photo d'un oiseau mazouté du golfe de Louisiane (intitulée “Gulf Oil SpillDisaster”) et l'autre montrant les sables bitumeux (intitulée “Alberta Tar Sands Oil Disaster"). Pour finir un “Thinking of visiting Alberta, Canada ? Think again,” alpague le touriste et le targue de passer son chemin.

Je ne sais si cette campagne est d'une grande efficacité auprès du public, mais elle a été pas mal relayée par la presse là-bas apparemment. Alors si le paysage de Rocheuses vous fait rêver, "rethink", c'est-à-dire repensez à deux fois votre itinéraire car la province d'Alberta mérite le boycott pour laisser ainsi violer son sol.

Pauvre Alberta, si belle, si fière avec ses Rocheuses qui pointent !
Pour lui rendre sa dignité, vous pouvez soutenir la campagne ici.
Et préférez les gorges du Verdon pour les vacances...

*article "Merdier total " sur La touffe verte
article canadien en anglais ici

vendredi 9 juillet 2010

Et si le soleil ne brûlait pas les ailes d'Icare... mais les alimentait ?


Photo : www.solarimpulse.com

Qui a dit que les Suisses étaient lents ? Certainement pas moi, je les connais bien et je pourrais vous en écrire des Romans... Et il se trouve que le vol historique de l'avion à énergie solaire Solar Impulse a eu lieu dans le pays des montres, au-dessus du Jura.

Car, il le jura, Bertrand Piccard n'allait pas s'arrêter à son record du premier tour du monde en ballon sans escale (en 1999, si vous ne savez plus). C'est pourquoi il est l'initiateur du projet Solar Impulse et s'est entouré d'autres grands petits Suisses, dont André Borschberg, le pilote.

Et celui-ci vient de réussir la performance de voler 26 heures en autonomie solaire totale. Et a quand même dû passer 10 heures sans boire, car là-haut, dans sa cabine peu isolée, l'eau avait gelée. Mais cela n'a pas gelé sa prouesse et il était partant pour poursuivre, car il restait encore 40 % d'énergie dans les batteries au moment du retour. Si l'avion pouvait continuer à voler et charger à nouveau ses batteries, Bertrand Piccard a préféré ne pas tirer sur celles du pilote, pourtant en pleine forme.

Le principe est donc "simple" : HB-SIA, le petit nom de ce prototype, a les ailes recouvertes de 12 000 cellules photo-voltaïques alimentant ses quatre moteurs électriques d'une puissance de 10 chevaux chacun. Les batteries de 400 kg installées sur l'avion sont rechargées par ces panneaux solaires tout au long de la journée et fournissent l'énergie nécessaire pour maintenir l'appareil en l'air en vol nocturne. La compétence solaire brille même la nuit !

Et c'est bien l'objectif de cette entreprise, montrer qu'on peut pousser toujours plus loin l'innovation intelligente pour pallier la société du pétrole et de la pollution.
"De démontrer toute l’importance des nouvelles technologies dans le développement durable, et de placer à nouveau le rêve et l’émotion au cœur de l’aventure scientifique", est-il dit sur le site de l'opération*.

Et c'est vrai qu'un peu de rêve ailé et doré dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal à une mouche !
Icare au soleil ou le vol aux ailes solaires...

*le site de Solar Impulse
source AFP
article Futura Sciences

mardi 29 juin 2010

Le pétrole continue à fuir : BP nous fait marrer noir


Photo : www.etyc.org

Si ce scénario catastrophe n'existait pas... faudrait l'inventer. Si, si, BP fait très fort et va de jour en jour plus loin dans l'incompétence... et l'inconcevable.

Ca y est, on est à près de 100 000 barils de pétrole déversés* par jour depuis la plateforme Deepwater Horizon dans la mer ! L'horizon est amer. Et le goût des poissons et des oiseaux du coin aussi. Au point que des débats divisent ceux qui veulent les nettoyer et ceux qui pensent les tuer.
Ca me tue, cette société se fait des milliards de dollars en puisant et vendant du pétrole... qui ne lui appartient pas, car je reste subjuguée aussi par l'arbitraire de ces notions de "propriété privée" quand il s'agit des ressources directes de la Terre. Et attention, ils veulent faire la même chose avec l'eau.

BP se fait des milliards, donc, et n'est même pas foutue d'assurer ses constructions. Dès 2006, BP est sous surveillance du Congrès, depuis une sérieuse fuite survenue en Alaska*. Et qui menace de se reproduire... Evidemment, l'entreprise s'était engagée à consolider ses normes de sécurité. Vaste entreprise.
Surtout que le Congrès n'a pas l'air de surveiller grand-chose et que les réactions d'Obama, même s'il a qualifié la catastrophe de Deepwater de "11 septembre écologique", semblent aussi molles que la nappe brune...

Et même quand ça pète, rien ne se fait, le pétrole part à vau-l'eau. Beau travail, bravo !
Alors, d'abord on dit qu'on va brûler une partie de la nappe, puis on attend donc on ne peut plus brûler, alors on balance du Corexit, hautement toxique, histoire de rendre l'histoire un peu plus fumeuse. On envisage les ballots de cheveux, des gens en envoient des kilos, et puis, non, on se retracte. Ensuite, c'est le tour d'injection de boue lourde, de placement de couvercles qui ne tiennent pas... Et s'ajoutent à cela une fuite de gaz, un bateau foudroyé et une tempête tropicale qui se profile... C'est "Pirates des Carburants", je vous dis !

Vaut mieux en rire, mais c'est vraiment triste. Et incroyable que ce genre de société ne soit pas condamnée à verser des milliards de dollars d'amende... aux gens qui vivent du travail en mer, à ceux qui vivent sur les côtes atteintes, aux associations qui font leur possible pour sauver les espèces, aux Etats-Unis pour atteinte au patrimoine !
Je ne sais pas à quels moines BP se voue, mais ils pataugent dans la gadoue. Et c'est bien moins glamour que dans la chanson de Jane Birkin, parce que la mare est planétaire. Qu'est-ce qu'on se marre !

* source ici
** source là

jeudi 24 juin 2010

On est footus, on se mange trop...



En apparence, cette chronique n'a de vert que la couleur du gazon... Mais ce qui s'est passé avec l'équipe de France est pour moi très symbolique de la décadence d'une société qui doit vraiment aller vers autre chose... Ne vous fiez donc pas aux apparences !

Tout commence dans le métro... Oui, mais trop : un placard de quatre mètres par trois, une pub pour une marque de vêtements de sport made in petits chinois, avec un gars au centre qui donne l'exemple à des jeunes autour... un certain Evra. Je me marre et me dis "décidément, qui ils vont encore nous starifier, ce gars, je sais même pas qui c'est !"... Eh ben ça donne le ton : autant je connaissais Laurent Blanc, Henry, Lizarazu, Pirès avant le début de la Coupe du monde 98, autant l'équipe de France de cette année, dès le début, j'en avais rien à foot !

A l'image de Putix, l'icône caricaturée par Action discrète, cette équipe s'est distinguée surtout par ses écarts et sa vulgarité. Pas de quoi m'intéresser à leurs actions sur gazon. Qui, d'ailleurs ne valent pas cher. Or un footballeur se doit d'avoir l'intelligence du ballon et pas juste le ballon de ceux se croient tout permis ! On lui demande pas de philosopher, mais de prendre corps avec le match, c'est quand même son boulot, non ? Non.

Pour ces footeux insolents et arrivés, rien ne semble compter que l'or de la partie. L'or en coupe ? Que nenni, celui qu'ils ont d'office dans leur poche en participant à de telles compétitions, comme la Coupe du Monde. Enfin, quand je dis "participer"... Même les amateurs de foot ont été frustrés par le jeu. Normal, tout est dans le "je".

L'histoire de l'hôtel hors de prix et des diverses réactions ridicules des membres du gouvernement pour les couvrir ou les accuser est à l'avenant. On nage en plein n'importe quoi, plus de repères, plus de respect. Le paroxysme est d'ailleurs atteint dans la magnifique formule sans oxymore qu'adresse un joueur à Domenech l'entraîneur. En même temps, dans une société où même le président dit "casse-toi, pauv' con, casse-toi !", faut pas s'étonner de telles dérives...

Et Brice Hortefeux d'être condamné pour injures raciales, et Woerth d'être soupçonné de tremper dans une affaire d'évasion fiscale, et Guillon et Didier Porte d'être mis à celle de France Inter... Dans ce méli-mélo confus et médusant, on ne distingue plus rien. L'expression, la liberté d'expression, c'est quoi, finalement ? Dire "je t'encule" à quelqu'un ? Ou avoir la possibilité de le dire mais ne pas le faire ? Ou le faire sans rien dire ? On ne sait plus bien...

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'en continuant sur cette voie, on est footus !

lundi 7 juin 2010

Le règne du tout à l'égo...


Photo : http://digest.aissen.org : miroir composé d’une caméra, et de multiples petits panneaux de bois carrés qui s’inclinent pour reproduire l’image

A l'heure où on harponne sans vergogne, au hasard thon rouge, baleine et militant d'ONG, je me sens lasse des coups d'éclats dans l'eau... De cette société de violence, de paraître, du dire à tout va sauf l'essentiel... du tout à l'égo !

Hortefeux est condamné pour propos racistes, pour un ex-Ministre de l'Immigration maintenant à l'Intérieur, c'est quand même assez malheureux... Démissionner ? Que nenni. Monsieur ose encore faire du bruit, et appel en plus.

Le langage est agressif, la comm' omniprésente, les effets de manche sans surprise, et l'efficacité zéro. On s'agite mais on ne se bouge pas. On se montre mais on ne fait rien du tout. S'investir et pas investir... Agir vraiment et pas faire semblant. Se mobiliser et pas juste critiquer. Faire le bien et pas le singe, le porc et surtout l'autruche... Sinon notre gros ballon de baudruche va se dégonfler d'un coup ! Il commence déjà à se vider d'air.

"Changer le monde commence par se changer soi-même", chante Kenny Arkana avec ses tripes... Je chante avec elle...

samedi 5 juin 2010

Pour le thon (rouge), il est temps !



C'est aujourd'hui, le 5 juin, la grande journée d'action de Greenpeace en faveur de la sauvegarde du thon rouge. L'alerte est rouge, évidemment, surtout quand les pêcheurs confondent poissons et militants !

A la fameuse Cites (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages) de février, la demande (soutenue par quelques 20 pays) d'inscrire le thon rouge sur la liste des espèces menacées a été terrassée par les arguments sans faille des consommateurs (les Japonais) et des pêcheurs (les Français et les Libyens)(1)...

Qu'on s'entende bien : en France, moins de 1% des thons consommés est le fameux thon rouge, le Thunnus thynnus, assez cher. La chair rouge des thons de nos sushis bon marchés provient en fait de thons à chair rouge, listao, albacore et patudos, qui sont des thons tropicaux non-menacés(2)... La nuance semble subtile et est pourtant capitale, ça donne le ton ! 80% du thon rouge menacé sont consommés au Japon. Là encore, il semblerait que ce soit plus dans les sushis des riches que ceux des pauvres...

Comme souvent, le débat se résume au confort d'une minorité de profiteurs au détriment de l'harmonie globale, soit respect de l'environnement et des êtres vivants... Les tontons flingueurs contre les thons rouges.
Mais en bien moins sympathiques que dans le film de Lautner."Tant que je bouffe ce que je veux et que j'ai du pognon, toi tu peux crever et surtout bouffer de la merde !" semblent nous dire les joyeux patrons des firmes OGM et les riches de la planète qui saccagent les stocks limités de nos océans...

Ces stocks étant, petit détail, tout de même des êtres vivants. Si je ne suis pas végétarienne, j'entends ne pas manger trop de viande ou poisson, et surtout pas provenant d'élevages irrespectueux ou de surpêche compromettant la reproduction de l'espèce.
Beaucoup plus de poissons qu'on ne croit sont menacés. Le petit guide du WWF(3) peut vous aider à acheter malin.

Vous me connaissez (et sinon, bonjour !), ce blog n'a pas pour but d'être alarmiste, mais il est des causes qui méritent mobilisation. Vous trouverez sur le site de Greenpeace(4) la liste des manifestations de ce samedi 5 juin.

Et sinon, continuez à être vigilants et attentifs à ce qui se passe... Il est plus que thon... Et gare aux harpons !


(1)Compte-rendu de la conférence par une militante d'ONG ici

(2)Sources dans cet article de rue 89

(3)le guide des poissons du WWF à avoir sur soi
(4)C'est ici
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