Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

mardi 29 décembre 2009

Le petit lapin, le grand l'a peint


photo http://blog.theclimber.be

Ce titre est, bien sûr, un hommage à Boby Lapointe...
"Té, on lui a dit fais une affiche pour le café
Peins une grosse cafetière et tout petit derrière
Une pin-up qui l'a tient
Et le petit l'a peint"
(Tchita la Créole)

Y a toutes ces nouvelles, concomitantes, sur lesquelles j'ai mis le nez... D'abord, le Comité Lapin Interprofessionnel veut faire manger l'animal à grands coups de manipulation via Internet*. C'est que les Français n'aiment pas manger du lapin, qu'ils trouvent mignon et qu'ils domestiquent à l'occasion. Alors, comme la bestiole jouit d'une aura plutôt sympathique, la vente de civet bat de l'aile et le CLI brasse de l'air. Ca l'ennuie un peu, alors il a décidé... de déprécier l'image du lapin au moyen de spots navrants.

Vous pourrez en juger par vous-même**, les clips montrent un grand dadais avec des oreilles d'âne, euh soi-disant de lapin, qui se comporte mal en société. D'où le slogan "Le lapin, il mérite vraiment de passer à la casserole". Et là... on rigole ! Déjà, le ridicule de la pub n'est pas du tout incitatif à quoi que ce soit, à part à diffuser des leçons de bien savoir-vivre... Ensuite, je vois mal comment les gens vont associer le lapin à ce blaireau mal léché, et donc acheter sa viande pour le dévorer !! Efficacité nulle, donc. Ou alors inverse à l'effet escompté. Ils auraient carrément mieux fait de s'adresser aux concepteurs des "Lapins crétins"...

D'autant qu'il faudrait quand même rappeler que si le lapin est mieux sur pattes qu'en pâte, c'est que pour l'élever, c'est à grands renforts d'antibiotiques et autres médicaments. De l'élevage de lapin bio, ça n'existe pas. Parqué par centaine ou milliers dans des clapiers, le lapin ne survit pas sans sa dose pharmaceutique, c'est une bête fragile. Parle à mon râble, ma tête a mal. Donc, si on mange de ces animaux, on peut facilement imaginer qu'on ne se fait pas vraiment du bien. Le vrai lapin fermier, on en est loin. Seule solution : connaître un paysan qui fait de l'élevage très limité (et qui ne leur donne pas d'OGM à manger).

Ensuite, il y a cette recrudescence de la fourrure. Oublié les beaux principes affirmés il y a quelques années, le lobby des fourreurs a fait fureur et a eu raison des résolutions. Pourtant rien n'a changé, les pratiques sont les mêmes : on tue des milliers de petites bêtes, chinchilla, vison, ou... foetus d'agneau. Si, si : le breit est de la fourrure de foetus d'agneau avorté (arraché précocement à la brebis), car les poils présentent ainsi un aspect pas fini, joliment mouillé, dû au liquide amniotique***... miam ! Et la viande ? On peut même pas la manger, du coup. C'est là que le lapin fait fort : on utilise sa peau pour moins cher (donc pour que la France d'en bas ait sa fourrure), et on mange la viande. Pas de gaspillage.
Mouaif, l'argument tiendrait la route, si... Eh ben, retour à ce que je disais plus haut... si vraiment le lapin, ça valait le coup d'en manger !

En clair, avec leurs arguments foireux, ils nous la mettent bien profond, lapine, et nous, on en retire encore plus d'affection pour les petits lapins ! Pardon si je suis vulgaire, mais ces batailles d'industriels me hérissent un peu le poil...


*source rue 89
**lien vers les spots avec Cyril le lapin
***vu dans Capital (pour une fois qu'on apprend quelque chose sur M6, ça vaut le coup de le dire)

vendredi 25 décembre 2009

Telle une comète dans le ciel...



Il était une fois en Norvège, dans le ciel... Ben oui, ciel, ça rime avec Noël, et cette histoire pourrait être un conte. C'est le bon jour pour la raconter, non ? Je reprends.

Il était une fois en décembre 2009 en Norvège, dans le ciel... Un OVNI, une comète, une spirale filante et tournante, un phénomène lumineux jamais observé auparavant. Le vent n'y était pour rien, les projecteurs alentours non plus. Alors... Débarquement extraterrestre ? Aurore boréale d'un nouveau genre ?

Une fois que la spirale a eu fini de tourner sur elle-même, elle disparut, laissant la place à un trou noir, entouré d'un halo de lumière bleue. Allait-t-il tout aspirer ? Etait-ce le néant qui guettait l'humanité suicidaire ? Point nenni. Le phénomène s'est effacé pour laisser place à la nuit noire. Et au silence... Chacun en son fort intérieur, pouvait sentir battre son coeur et s'interroger, inquiet, en ces termes : de quoi demain sera-t-il fait ? Quel augure pour cet après-Copenhague ? Les cieux seront-ils cléments, les arbres donneront-ils encore des clémentines ?

En ce jour de Noël, je me sens d'humeur badine. Et la badiane que j'ajoute à mes tisanes digestives (ben oui, faut bien !) répand sa douce odeur et me gratifie de sa belle forme... étoilée. Alors j'ai envie de voir la vie en noir et brillant, comme un ciel chargé de messages. Et si l'origine du phénomène lumineux norvégien était en fait le tir raté d'un missile russe, cela n'y change rien. Et Boulava, de son petit nom, ne me mettra pas les boules, là, va ! Tout juste au sapin.

Je continue à regarder droit devant, (et au-dessus ! et autour !) et je me dis qu'on a du pain sur la planche. Et qu'il faut y aller confiant, serein. Façon star, en somme.

lundi 21 décembre 2009

La petite sirène de Copenhague a du vague à l'âme...


Photo Michel Rouzier

Après les accords vagues de Copenhague, la petite sirène a du vague à l'âme, et il y a de quoi ! Les épaules un peu voutées, elle semble fatiguée. Regarde-t-elle vers l'avenir ou verra-t-elle le niveau de l'eau l'engloutir ?


Et voilà ! Tout ça pour ça... Tout ça pour rien. Pour eux, ce n'est rien, les négociations sur le climat ne se mesurent pas en électorat direct, alors à quoi bon ? Les puissants se décalent une fois de plus de ce que souhaite les citoyens. Et nous, concitoyens de la base, nous n'y pouvons rien.

Les prévisions sur l'après-Copenhague vont bon train. Et les dirigeants prendront encore de nombreux avions pour discuter ça et là d'accords politiques. Non-contraignants. On en est là. Surtout ne jamais contraindre. Même quand il en va de notre niveau de vie sur Terre. Et de notre vie tout court. Et de celle des générations futures. Quel futur ? Une augmentation de la température de 2 degrés d'ici à 2020 ferait fondre les banquises et élever le niveau des mers qui décimerait des millions de gens... Gentils, nos dirigeants, quand ils prennent des décisions du bout des doigts ?
Inconscients. Et dans "inconscient", il y a...

J'ai la gueule de bois avant les fêtes au feu de bois. 2020 ? C'est après-demain... Et tout le monde s'en fout. Alors, puisqu'ils sont fous, soyons sages et continuons à construire, à notre niveau, un monde plus équitable et vert. Bonnes fêtes, faites passer le mot !

mercredi 9 décembre 2009

De l'art de noyer le poisson... et les ours polaires



C'est l'heure du sommet international de Copenhague, qui doit permettre de fixer les objectifs chiffrés et contraignants auxquels les pays devront répondre d'ici 2020 pour faire baisser les émissions des gaz à effet de serre... et l'étau se resserre. Sous couvert de débats, on s'égare, on oublie l'essentiel.

J'en veux pour exemple deux articles de Rue89*, l'un dénonçant "la pensée unique" écologiste qui pose l'homme comme responsable du réchauffement climatique et l'autre soulignant qu'une chose n'est pas contestable juste parce qu'elle créée du consensus. Et de rappeler combien la pensée écolo n'a pas toujours été consensuelle, loin de là.

OK. Soit. Mais ces débats ne nous tirent pas vers le haut. Il y a des faits, à constater : des espèces disparaissent à une vitesse inconnue jusque-là et si on veut jouer à ça, il n'est même pas besoin de chercher la responsabilité de l'homme en termes de climat, car elle est visible à bien d'autres niveaux. L'agriculture extensive, avec ses pesticides, pollue les nappes phréatiques et tuent les abeilles, et les nitrates qu'elle rejette en masse entraîne la prolifération de l'algue verte sur les côtes bretonnes, et la mort d'autres espèces encore...
Rappelons-le, d'ailleurs, cette algue verte a même tué un cheval, comme quoi "qui tue un hippocampe, tue un cheval"...

Donc, les exemples ne manquent pas, alors si vous voulez vous rassurer sur l'inaptitude de l'homme à dégrader son environnement, c'est de toute façon raté : "Perdu ! Essaie encore."
Même pas besoin d'aller chercher les causes du réchauffement ! Et à disserter sur les causes, on n'oublie encore une fois la vraie question : qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Car à ce rythme-là, de toute façon, ça ne tiendra plus. Que l'homme en soit ou pas la cause (et y a quand même de sérieuses raisons de penser que oui), un trop grand réchauffement aura de graves conséquences, donc il faut de toute façon le LIMITER. Et pour ça, il faut se bouger, grave ! Et se responsabiliser. Maintenant.

Signez l'Ultimatum climatique

*Sources : l'article sur "la pensée unique"
l'article sur le scepticisme comme nouveau poujadisme

mercredi 2 décembre 2009

De l'importance du chef op'...



Je sais, je sais, une connaissance me l'a affirmé "Y a personne qui sait ce que c'est un chef op"... Ah ? A part les cinéphiles, les cinébosses (ceux qui bossent dans le cinéma, quoi), que nenni ? Les cinéphiles non plus ? Ah, d'accord... Peut-être que c'est normal. Peut-être que ça a toujours été comme ça. Ne pas percer la magie du cinéma, laisser les gens à leurs métiers obscurs...
Et pourtant, le chef opérateur, c'est lui qui fait la lumière du film ! Qui compose les plans, discute les mouvements (de caméra), parfait l'ambiance... Parfois je me demande si les gens ne savent pas parce qu'ils ne s'intéressent à rien. Ou tous à la même chose. C'est sûr, c'est pas à la télé qu'on va nous expliquer ce que fait le chef op' sur un film...

C'est vrai, mon ton est amer, d'aucuns diront prétentieux. Tant pis. L'autre jour, j'étais à la Fnac pour trouver une K7 nettoyante pour caméra mini-DV... Du coup, j'ai jeté un oeil sur les DVD... et là mon duvet de se hérisser... Où sont passés les DVD à 9,99 euros ? Les prix minimums sont à 12, voire 15. Mais bien sûr : bientôt Noël, on va quand même pas perdre l'opportunité d'entuber les con-sommateurs ! Qui, soit dit en passant, ont toujours le choix de se laisser avoir ou pas... Et voilà, la boucle est bouclée, on en revient toujours au même point : l'analyse, le sens critique... et la réactivité.

En matière d'écologie, c'est comme le reste. Moins on s'interroge, plus on est sûr d'éviter de se remettre en question et on peut continuer à faire l'autruche en taxant ceux qui se bougent de fascistes verts. Et pendant ce temps, la France se classe au 43e rang mondial de la liberté de la presse dans un silence absolu*. Même les Etats-Unis sont 20e ! Seule l'Italie est après nous en Europe : à croire que Sarko a la Berlu. Et qu'il y a (presque) plus de médias pour nous éclairer.

Parce que le coup de la grenouille, moi, j'ai pas envie de le vivre. Mais si, vous savez : l'histoire de la grenouille qu'on jette dans l'eau bouillante et qui a le réflexe de s'échapper. Alors que quand on augmente la température doucement, elle s'endort et se laisse ébouillanter... Ben voui. Je pense que je n'ai pas besoin de vous décoder la métaphore ! Voilà le genre d'histoire qu'un bon chef op saurait sûrement mettre en valeur. Alors quand on se prétend réalisateur de sa vie, la première des choses, c'est de réfléchir au scénario... et de se rendre compte que c'est nous qui l'écrivons, jour après jour.

Ceci dit, comme tout propos se relativise, voici une petite blague qui se raconte dans le milieu audiovisuel : quelle est la différence entre un chef op' et Dieu ? C'est que Dieu ne se prend pas pour un chef op'.
A méditer... ou pas. :)


* Source Reporters sans frontières, classement mondial