Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

lundi 27 avril 2009

Insu-portables


Photo : shanghaiflow.canalblog.com

Et voilà... après le Grenelle de l'environnement, celui des antennes s'est ouvert jeudi... Mais il semblerait que ce soit un jeu dit. Et apparemment, on se noie en paradoxes. Sommes-nous bien tous sur la même longueur d'ondes ?
Les associations qui participent au débat, telles que Priartem et Agir pour l'environnement reprochent au gouvernement d'avoir orienté le débat et les conclusions d'entrée. Elles menacent donc de sortir. Leurs griefs tiennent au fait que le gouvernement mettrait l'accent sur la dangerosité du portable lui-même pour écarter celle des antennes.
Car les plaintes se multiplient : les antennes-relais troublent la santé des riverains, frappés de maux de tête et d'insomnies (quand ce n'est pas des cancers), et ils aimeraient bien passer le relais.

Le paradoxe réside dans le fait que le gouvernement oblige légalement les opérateurs à couvrir tout le territoire (et serait en passe d'autoriser un 4e opérateur face à Bouygues, SFR et Orange) et fait face à des procès pour démonter des antennes. Peut-il alors autoriser ces démantèlements ? N'est-il pas pris en flagrant délit de conflit d'intérêt ?

Mais l'intérêt du gouvernement et du ministère de la Santé, c'est censé être la santé des citoyens ! Et ceux-là crient corps et biens que ces antennes leur font du mal. Insu-portables. Qu'on se grille la cervelle en téléphonant reste soit-disant à prouver. En tout cas la responsabilité en incombe en partie à ceux qui téléphonent. Alors que planter des antennes là où ne les demandent pas, ça tient de la responsabilité de l'Etat qui l'autorise. Car elles rayonnent, ces antennes, et on ne peut pas les éteindre pour en limiter la portée. Ni mettre de la crème anti-UV. Enfin si, on peut, mais ça sert à rien face à ce problème.

Problème, vous avez dit problème ? Le débat s'est ouvert, toutes les parties promettant d'y mettre du leur... Leurre ? Ou vrai volonté d'avancer et de faire passer le citoyen avant l'opérateur ? Passera bien qui passera le dernier. Soyons vigilants et sortons nos antennes !

jeudi 23 avril 2009

Ecologies d'échelle


Photo : www.paperblog.com

Ca déborde de l'actualité : partout, des entreprises qui entrent dans le rouge mettent au vert leurs salariés, au nom de la crise, à la recherche de la rentabilité perdue... Ca sonne un peu Indiana Jones, mais ça ne leurre plus personne. Les salariés HS veulent mettre les dirigeants KO. Et dans ce noir merdier, d'aucuns pensent encore sauver un système plus que jamais coulé. Touchés, nous le sommes tous. Il serait temps de construire autre chose... de tendre vers... de tendre vert.

A coups de pied dans la fourmilière, les futurs chômeurs de Caterpillar s'insurgent contre les plans de licenciements proposés. Sarko promet de sauver le site... "Sarko-mence", pensent les intéressés, "paroles, paroles et encore des paroles"... Même Obama peine à mettre bas les mesures de son plan de relance et à satisfaire le géant américain. C'est le chantier, quoi.
A Continental, on perd les pédales. La sous-préfecture de Compiègne a été mise à sac, les ouvriers, plumés, ont perdu leur pneu. Et comme le "ministre de la Relance", Patrick Devedjian a fait état d'une proposition sérieuse, le groupe a rappelé qu'ils avaient des propositions toutes les semaines, mais qu'il fallait faire le tri. Triste poste que celui qui échoue à Devedjian : il est plus probable qu'il tienne de la marionnette que du messie... Mais si, assure Sarko, la relance va arriver... Bientôt.

Et il n'est pas le seul.. Que dire de ces spécialistes, économistes, analystes financiers et autres défenseurs du capitalisme qui prévoient tous azimuts, un coup la relance, un coup même la croissance et un autre la rerechute ? Quid des meilleures sorties, orchestrées par Le Canard enchaîné (du 15/04/09 ) : "C'est (le redéclenchement de la croissance) en train de monter en charge. Et ça va s'accélérer en 2010", déclare un conseiller de Christine Albanel. Ce que tempère Jean-Pisani Ferry, du CAE : "En 2012, la situation sera très difficile car les effets de la reprise ne seront pas encore là." Faites votre choix. Bip ! Perdu. Dans tout les cas, on ne sait pas ! On est juste sûr que nos ailes brûlent...

Et pour sauter de l'avion, tous ne sont pas si démunis, d'aucuns trouvent même des parachutes dorés. Au vu et au sus de tous. A la suée des salariés. Au grand dam de toute la société. Qui pourtant soutient ce genre d'issue. Puisque la justice ne condamne pas. Puisque la loi n'encadre toujours pas. Sarko promet et puis recule. Sarko-phage.

Les riches boivent, les autres trinquent. On verse dans la caricature. Et les poubelles débordent. Et l'écologie est relayée au second rang des priorités. Mais sans recréer le lien avec notre Terre, comment repenser la vie, le travail, le développement de l'après-merdier ? Car on est dedans, mais si bouée de sauvetage il y a elle ne peut avoir que deux couleurs : le vert de l'espoir et le rouge de la rage, "mais pas celle qui fait baver", comme le dit si bien Keny Arkana, celle d'avancer.
Avé, les avertis !

jeudi 2 avril 2009

OTAN pour nous !


Crédit photo : lepoint.fr

J'étais à Strasbourg, la ville où j'ai grandi, le week-end dernier... Le grand chantier avait déjà commencé... A partir de samedi se tiendra dans la capitale alsacienne (et accessoirement européenne, pour ceux qui l'ignorent encore) le très controversé sommet de l'OTAN. Et pour cause...

Cela fait quelques semaines que les Strasbourgeois voient s'ériger sous leurs yeux et leurs fenêtres un véritable arsenal de guerre. Guère que quelques mesures de précaution selon les services du préfet, il s'agit en effet de prévenir les risques de violence et de terrorisme lié à la présence de 28 chefs de l'Etat sur place, dont Obama himself. Et gare à ceux qui expriment leur pacifisme ! En marge du sommet, on a sommé le fils d'un membre du collectif anti-OTAN de retirer le drapeau « Pace - no to Nato » multicolore qui était accroché au balcon. Contraint, forcé, il s'est exécuté. Avant que son père ne raccroche l'étendard, criant au déni de démocratie et portant plainte. La représentante de la préfecture s'est dit « désolée » au tribunal administratif qui traitait l'affaire... On a affaire a une grosse machine qui s'emballe.

De grosses machines sont postées un peu partout : il y a même des missiles sol-air de la défense aérienne installés dans un champ près de Hoerdt, là où d'habitude on fait pousser des asperges ! Des hommes grenouille feront trempette aux alentours du Parlement européen et des hommes armés seront postés à proximité : pour le coup, on a même abattu les rangées d'arbres qui empêchaient la visibilité... Et la foi d'Obama, sage conscient des problèmes écologiques de la planète ? On en fait fi et au lieu de préserver notre poumon mondial, l'Amazonie, les dirigeants nous pompent l'air.

Quel intérêt de venir perturber la vie d'une ville pour une réunion militaire ? Ils pouvaient pas squatter dans une zone excentrée, facile à sécuriser ? En pleine crise, on bloque l'activité économique pendant une semaine ! Car tous les Strasbourgeois qui le peuvent fuient aujourd'hui. Les universités sont fermées depuis le début de la semaine... Et les commerçants ne savent pas sur quel pied rester. Car il y aura bien les médecins et avocats, qui sont d'astreinte, obligés d'être là « au cas où »... Mais que craignent-ils donc ? 30 000 hommes sont mobilisés : 15 000 Français et 15 000 Allemands, pour que les grands de ce monde puissent planifier la guerre en Afghanistan tranquillement ! Grands ? On a plus l'impression d'un jeu de guégerre d'enfants grandeur nature... Enfin, quand je dis nature...

Et les contre-manifestants ? Ils sont parqués à Ganzau, dans un camp éloigné des opérations et du centre-ville. Oui, « camp » est bien le terme employé. En Alsace, ça ressemble à de l'humour macabre... Une surveillance acérée les met sous pression, même si la préfecture dément avoir donné des ordres dans ce sens. Des échauffourées ont déjà éclatées mardi soir. La tension est palpable. Le tracé de la manifestation de samedi est délimité lui aussi et ne passe par le centre. « Nous voulons y passer si ça nous dit », c'est que disent en substance les responsables anti-OTAN, qui voudraient une meilleure visibilité de la démocratie.

Démocratie ? Mais on en est déjà à faire passer des lois sans qu'elles soient votées par le Parlement : sur la publicité et l'audiovisuel, sur le retour dans l'OTAN, justement... C'est cruellement ironique de voir que d'aucuns pensent manifester pacifiquement contre une organisation militaire, qui par les moyens qu'elle mobilise pour se protéger, assimile les contre-manifestants à de dangereux terroristes et en les parquant dans des camps, les pousse à être violents pour se faire entendre... La boucle est bouclée, le cercle est vicieux.

On sert la ceinture des Strasbourgeois, des contre-manifestants, de la démocratie, et pendant ce temps, Obama, Sarkozy et compagnie vont s'en mettre plein la panse. Où ça ? On ne sait pas encore, car le lieu de restauration est tenu secret et peut même changer, stratégie oblige. Un restaurateur me confiait qu'il espérait qu'aucun officiel ne finirait chez lui en dernier recours. Car il n'avait pas envie de faire du zèle. D'ailleurs le zèle, même avec de la mayonnaise, c'est jamais très bon... Au temps pour moi !

Loin de ce sommet de l'Alliance atlantique, de l'autre côté de l'Atlantique, à Londres, Alain Robert a tenté d'atteindre un autre sommet, celui du Lloyds building. Cet homme, qui a déjà escaladé à main nue plusieurs tours emblématiques, voulait alerter l'opinion sur le réchauffement climatique... Il s'est fait interpelé et a fini gelé par la police. Autant pour lui !