Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici une sélection de liens
et des infos écolos, pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

samedi 27 février 2010

Canto Allègre


photo : http://www.points2vue.com/

On connaît la chanson de Claude Allègre. Régulièrement, il nous ressert la même rengaine, en changeant à peine les paroles... "L'homme est parfait, l'homme n'a rien à se reprocher, Ce n'est que vision scientifico-fantasmagorique que la thèse du réchauffement climatique... hic !"

Sauf que pour proposer autre chose, affirmer, contrer des scientifiques, il faut y aller de toute sa stature crédible et vérifiable, et non juste de sa carrure éléphantesque et de sa grande gueule. Et la rigueur, dans toute thèse scientifique, c'est quelque chose. Et Le Monde* de pointer du doigt des aberrations - il n'y a pas d'autre mot - qui truffent le livre de M. Allègre.

Déjà, le minimum est quand même de vérifier les sigles, références, et autres citations que l'on met en exergue. C'est à se demander si M. Allègre a écrit son ouvrage. "Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", disait Boileau. Si c'est vrai quand il s'agit de poème, alors quand on veut démontrer l'indémontrable...
Pour commencer, alors qu'il s'attaque aux conclusions du GIEC, le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, l'auteur le définit comme le "Groupement International pour l'Etude du Climat". Jolie approximation ! Mais l'auteur ne prétend pas faire de la poésie. Dommage.

J'aime beaucoup aussi sa façon d'affirmer en toute simplicité : "Au total, l'Antarctique ne semble pas fondre. En tout cas, ce n'est pas perceptible"... et de montrer par là-même son manque de rigueur (ou son incompétence ?), car la réduction des glaces de l'Antarctique n'est pas due à une fonte mais au glissement des glaciers dans la mer. Qui est apparamment très perceptible, car grâce à des données satellitaires, les scientifiques ont pu mesurer qu'entre 2002 et 2006, l'Antarctique a perdu, en moyenne, 104 milliards de tonnes de glace par an. Entre 2006 et 2009, ce taux est passé à 246 Gt par an. Et c'est bien parce que les glaces se sont éparpillées dans la mer que les pôles voient une augmentation de la navigation. En raison des glaces dérivantes, cela pose d'ailleurs la question des icebergs isolés... mais c'est un autre problème que celui du Titanic, hic.

Comble de l'amateurisme, M. Allègre parvient à citer des études qui n'existent pas ou qui n'ont pas du tout le même objet que celui prétendu. J'aime beaucoup l'exemple du "vote (prétendument contre la thèse du réchauffement climatique) qui a eu lieu parmi les spécialistes américains du climat le 19 octobre 2009". Interrogé, Paul Higgins, - à ne pas confondre avec Paul Haggis, le cinéaste -, un responsable de l'American Meteorological Society, dit se souvenir de cette enquête... qui concernait, en fait de "spécialistes américains du climat" des présentateurs météo des chaînes de télévision américaines !
C'est comme Laurent Cabrol, qui lui aussi a écrit un livre sur le réchauffement climatique (si, si !) : ils ont quand même un super-diplôme de speaker météo, merde ! C'est pas rien...

C''est par rien non plus que de prétendre, de tous ses poumons, chanter un air différent et original, mais en plaçant mal sa voix. Voie du milieu ? Mon oeil, oui. C'est même dangereux, tant on dit aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre : "ne faites rien". A vouloir être juste populaire, on oublie l'essentiel : non, l'air de la Terre n'est pas inépuisable pour les hommes, et oui, c'est à eux de savoir s'ils veulent continuer à y respirer...

Vous chantiez ? Eh bien, dansez maintenant !

*l'article en question est ici
article sur la navigation dans les pôles

jeudi 11 février 2010

Au feu, les pompiers !



Ce matin, j'ai eu une drôle de surprise, alors que j'étais occupée à écrire sur ce même blog...

On frappe fort à la porte. Plusieurs coups répétés. A contre coeur, je me dirige vers l'entrée et ouvre... à un pompier. Grand. Comme tous les pompiers. Baraqué. Comme tous les pompiers. Un peu boutonneux. Il m'explique très gentiment que le conduit de la cheminée du monsieur du 3e qui se réchauffait a pris feu. C'est qui, ce con du 3e qui fait du feu sans avoir ramoné son conduit, je me dis. Et puis je me ravise. Je ne le connais pas. Un accident est si vite arrivé. Le pompier me demande de toucher le conduit à la place de ce qui a été jadis une cheminée pour voir si c'est chaud. Que nenni. Il m'enjoint aussi d'ouvrir la fenêtre si je sentais des odeurs de fumée. C'est tout. Merci. Au revoir.

Je reviens à mon écran... Quelques minutes plus tard, gros bordel devant ma porte. Ca sonne. Je vais pour ouvrir. "Restez pas là, mademoiselle !" Ben oui, mais vous avez sonné, alors... "Ah, pardon, pas fait exprès". Un énergumène de pompier est en train d'escalader, enfin de se faire aider par tous les autres, plutôt, pour accéder à la lucarne et au toit. Et donc à la cheminée en question, je présume. "On fait attention, y a de la neige. Je veux pas de blessé aujourd'hui", dit celui que je suppose être le chef. Enfin, il dit pas aujourd'hui, ça c'est moi qui le pense. Je referme ma porte pour les laisser oeuvrer. Pour couvrir leur boxon, je mets David Bowie "Starman"... Y a peut-être un rapport. La brigade devant ma porte vient peut-être direct des étoiles.

Faut dire que c'est pas commun. Je pensais passer une journée tranquille à écrire chez moi et c'est le grand débarquement. Après un moment, ça sonne. Et on me signifie que ce n'est pas une erreur, puisque ça sonne plusieurs fois. J'ouvre à un pompier qui s'engouffre chez moi, le temps que l'autre (le chef) m'explique qu'il faut regarder le conduit avec sa caméra à infrarouges. Je le laisse passer, un autre le suit. Et là, j'en ai marre.
Déjà que je suis pas coiffée, fringuée entre grunge et cool (pour une journée d'écriture, quoi), en plus il faut qu'ils circulent dans tout l'appart, pas vraiment rangé. Je comptais le faire plus tard dans la journée. C'est très bête, mais d'un coup, j'ai honte. J'ai beau me dire que des logements autrement pires, ils en voient tous les jours, je n'ai qu'une hâte : qu'ils s'en aillent. Et pourtant, ils sont pas méchants. Ils font leur boulot. Mais ça me plombe. Ils me saluent, rigolent quand je m'étonne de voir un truc écrit sur ma porte. "C'est de la craie, ça s'en va avec une éponge et de l'eau". J'ai pas réussi à déchiffrer, mais j'aurais juré du portugais... Ils finissent par s'en aller.

Je me sens un peu dépassée. Mécaniquement, j'attrape une éponge, l'humidifie. Mais quand j'ouvre ma porte pour rincer le tag (et tenter de le comprendre), il a été frotté. Presque déçue, je nettoie ce qu'il en reste, referme ma porte. Je regarde mon chez-moi... Frénétiquement, je me mets à tout ranger. Et croyez-moi, y avait le feu !

dimanche 24 janvier 2010

Du nucléaire dans nos affaires ? Non merci !



Il était une fois un code de la Santé publique... censé nous protéger, notamment contre la présence de radionucléides (éléments qui émettent des rayonnements ionisants) dans les aliments, les biens de consommation et les matériaux de construction. En 2002, ce code s'est vu adjoindre des articles allant dans ce sens... en même temps que d'autres articles permettant d'y déroger. Cependant, pour que ces derniers puissent prendre effet, un arrêté était nécessaire.

Dans cette forêt législative, le petit chaperon rouge, c'est le Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) et il avait obtenu du méchant loup (le gouvernement) que cet arrêté ne paraisse jamais... mais le méchant loup du conte n'est pas fiable... et l'arrêté est paru en mai 2009.

Du coup, le Criirad a déposé un recours devant le Conseil d'Etat en juillet pour le faire annuler. En effet, l'arrêté permet d'introduire des substances radioactives dans tout, sauf les aliments, les cosmétiques, les bijoux et les produits en contact avec les aliments. C'est-à-dire ? Que les matériaux de construction pourraient intégrer des restes de déchets nucléaires et nous environner, jusque dans nos habitats. Déjà qu'il y a de plus en plus d'antennes relais ! On nous propose carrément d'irradier nos vies d'ondes diverses ! Et gageons qu'elles ne nous ferons pas voir la vie en rose... Il y a déjà, par exemple, du radium ou de l'uranium dans des réveils, des montres, des carreaux en céramique...

Et le ministère de l'Environnement dans tout ça ? N'est-il pas supposé jouer le rôle de la grand-mère ? Appliquer le principe de précaution ? Eviter le plus possible de nous exposer, d'autant que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a donné un avis défavorable ? Ou a-t-il trop peur de se faire manger par le loup ? Ou par les deux ogres du nucléaire ?

Alors qu'ils ne savent plus quoi faire de leur déchets nucléaires, Areva et EDF se tirent dans les pattes en s'accusant l'un l'autre de ne pas assez traiter leurs restes, et font venir des bateaux russes pour emporter la merde en Russie. Et maintenant, on voudrait nous refourguer des résidus de déchets, sous prétexte de recyclage ? Car, lors du démantèlement à venir de nombreuses centrales, la crainte du Criiad est que "ce qui est valorisable ne soit plus considéré comme déchet au sens de la loi de 2006, et que cela ouvre la porte à l'exposition d'un grand nombre de personnes à une radioactivité non naturelle(..), faible mais non nulle."

"Valorisable"... Parce que le nucléaire le vaut bien, c'est ça ? On se croirait dans une mauvaise pub... A quand le débat citoyen sur la question, crénom de nom ?! Les Français payent pour les centrales nucléaires. Non seulement, ils ont le droit de savoir ce qui s'y passent, mais en plus, ils ont le droit de donner leur avis. Et, on le sait, il y a d'autres énergies à développer. Solaire, hydraulique, éolien dans certains coins, etc.

Alors le coup du nucléaire dans nos affaires courantes... ça commence à bien faire ! Une réunion était organisée lundi entre la Criirad et les services de Borloo... Affaire à suivre, donc. Pourvu que ça s'éclaire.

vignette issue de http://lecolporteur.wordpress.com
article de rue 89 sur le sujet
site du Criirad
pétition papier du Criirad

dimanche 17 janvier 2010

De saison...



Hier soir, j'ai glissé des touches de couleurs saisonnières dans un dîner... Et j'ai été saisie de la beauté de ces légumes, de ces couleurs flashy, et néanmoins 100 % naturelles, puisque mes légumes viennent de l'AMAP, donc direct de chez l'agriculteur bio. Ces fuschias, bleus, violets des betteraves, choux rouges et oignons rouges m'ont épatée. Rouge vermeil, merveille !

J'ai composé une salade de betteraves crues, rapées, déposées sur lit d'échalotes, de vinaigrette avec une pointe de crème, et de lardons juste revenus... Ceci pour accompagner des toasts de pain d'épice chauds avec tranchettes d'époisses fondues... Puis une compotée de choux rouges, pommes et oignons, revenus et laissés à confire avec du laurier et un bâton de cannelle, a soutenu le rosbeef, les pommes de terres fondantes et les panais sautés... Toutes ces saveurs, tous ces aliments sont locaux et de saison, et c'était un bonheur !

Du vin bio complétait ces mets, et j'ai eu une pensée pour ce bête procès... Des producteurs de raisin traînent le MDRGF devant le tribunal, pour avoir osé "déformer", selon eux, des informations sur l'utilisation abusive de pesticides sur les raisins, en parlant, par exemple de "contamination" pour dire pesticides=danger. Or l'association s'est basée sur un rapport alarmant (selon lequel 99,2% des raisins analysés contiennent des résidus de pesticides) pour alerter l'opinion. Quant aux termes utilisés ou non, il en va de la liberté d'expression, et il y a de grandes chances que l'association ne soit pas condamnée.
Du moins, on espère bien !

Alors que cette histoire de raisins résonne et fait raisonner, je pense à Rohmer et à ses raisons que le coeur de tous ne connaissait pas forcément. Pourtant, ces films m'ont toujours interpellée, touchaient une petite corde sensible, qu'ils faisaient vibrer dans leur aura. Hourrah Rohmer, même mort ! Et vive son style bien à lui, et ses films frais et gais, moqueurs et intelligents. Et même si ce n'est pas la saison, je finis avec cette bande-annonce-là...
Car de l'hiver à l'été, parfois, il n'y a qu'un film...

samedi 9 janvier 2010

Ondes de choc



En ce début d'année morose et neigeux, moi, j'ai le complexe du flocon. Du petit flocon qui tombe, s'accroche à une veste moltoneuse et se love, au chaud. Dans un cocon. Puis se liquéfie. Je reste dans mon nid douillet. Mais pour ne pas fondre de flemmardise, j'ai ma petite parade en tablettes. Un ou deux carreaux de chocolat, noir forcément, et hop !, me voilà revigorée... parée.

Non, je ne suis pas barrée, ça se sait que le chocolat contient bien des substances pour nous stimuler : de la caféine, de la théobromine. Et de la phényléthylamine, bon antidépresseur. Et de l’acide oléique (acide gras mono-insaturé) que l’on trouve également dans l’huile d’olive, et des anti-oxydants (flavanoïdes) qui contribuent au bon fonctionnement de notre système cardio-vasculaire. La teneur en magnésium est excellente, celle en fer un peu moindre mais néanmoins présente. Excitant, non ? D'ailleurs, il paraîtrait que les femmes aimant le chocolat auraient une meilleure vie amoureuse... Avis aux amatrices.

Evidemment, on préférera un chocolat très noir, riche en cacao (au moins 50 %), avec moins d'additifs qu'un chocolat au lait, plus lourd. Evidemment, on préférera le chocolat bio ou artisanal, garanti sans lécithine de soja, sinon c'est "OGM garanti". Car, même si le commerce équitable a favorisé des pratiques durables et éthiques sur les plantations de cacao et mis un terme aux revenus faibles, au travail des enfants, à l’utilisation exagérée de pesticides, à la déforestation et à l’appauvrissement des sols, il ne garantit pas une non-utilisation absolue de pesticides sur la plante, puis d'OGM dans sa fabrication. Donc le mieux, c'est bio et équitable. Ou, encore une fois, artisanal. Mais artisanal de chez l'artisan, pas du supermarché ! Donc il faut connaître. Encore que... le tout est encore et toujours de bien lire les étiquettes.

On m'en a ramené de la maison Daranatz à Biarritz... dans de jolis emballages colorés, il retient son parfum... avant de fondre dans ma bouche où il diffuse son onde de choc, son onde de chocolat. Et me regonfle à bloc. Pour affronter le froid ad hoc.
Alors, comme dirait Chabrol, "merci pour le chocolat" !

mardi 29 décembre 2009

Le petit lapin, le grand l'a peint


photo http://blog.theclimber.be

Ce titre est, bien sûr, un hommage à Boby Lapointe...
"Té, on lui a dit fais une affiche pour le café
Peins une grosse cafetière et tout petit derrière
Une pin-up qui l'a tient
Et le petit l'a peint"
(Tchita la Créole)

Y a toutes ces nouvelles, concomitantes, sur lesquelles j'ai mis le nez... D'abord, le Comité Lapin Interprofessionnel veut faire manger l'animal à grands coups de manipulation via Internet*. C'est que les Français n'aiment pas manger du lapin, qu'ils trouvent mignon et qu'ils domestiquent à l'occasion. Alors, comme la bestiole jouit d'une aura plutôt sympathique, la vente de civet bat de l'aile et le CLI brasse de l'air. Ca l'ennuie un peu, alors il a décidé... de déprécier l'image du lapin au moyen de spots navrants.

Vous pourrez en juger par vous-même**, les clips montrent un grand dadais avec des oreilles d'âne, euh soi-disant de lapin, qui se comporte mal en société. D'où le slogan "Le lapin, il mérite vraiment de passer à la casserole". Et là... on rigole ! Déjà, le ridicule de la pub n'est pas du tout incitatif à quoi que ce soit, à part à diffuser des leçons de bien savoir-vivre... Ensuite, je vois mal comment les gens vont associer le lapin à ce blaireau mal léché, et donc acheter sa viande pour le dévorer !! Efficacité nulle, donc. Ou alors inverse à l'effet escompté. Ils auraient carrément mieux fait de s'adresser aux concepteurs des "Lapins crétins"...

D'autant qu'il faudrait quand même rappeler que si le lapin est mieux sur pattes qu'en pâte, c'est que pour l'élever, c'est à grands renforts d'antibiotiques et autres médicaments. De l'élevage de lapin bio, ça n'existe pas. Parqué par centaine ou milliers dans des clapiers, le lapin ne survit pas sans sa dose pharmaceutique, c'est une bête fragile. Parle à mon râble, ma tête a mal. Donc, si on mange de ces animaux, on peut facilement imaginer qu'on ne se fait pas vraiment du bien. Le vrai lapin fermier, on en est loin. Seule solution : connaître un paysan qui fait de l'élevage très limité (et qui ne leur donne pas d'OGM à manger).

Ensuite, il y a cette recrudescence de la fourrure. Oublié les beaux principes affirmés il y a quelques années, le lobby des fourreurs a fait fureur et a eu raison des résolutions. Pourtant rien n'a changé, les pratiques sont les mêmes : on tue des milliers de petites bêtes, chinchilla, vison, ou... foetus d'agneau. Si, si : le breit est de la fourrure de foetus d'agneau avorté (arraché précocement à la brebis), car les poils présentent ainsi un aspect pas fini, joliment mouillé, dû au liquide amniotique***... miam ! Et la viande ? On peut même pas la manger, du coup. C'est là que le lapin fait fort : on utilise sa peau pour moins cher (donc pour que la France d'en bas ait sa fourrure), et on mange la viande. Pas de gaspillage.
Mouaif, l'argument tiendrait la route, si... Eh ben, retour à ce que je disais plus haut... si vraiment le lapin, ça valait le coup d'en manger !

En clair, avec leurs arguments foireux, ils nous la mettent bien profond, lapine, et nous, on en retire encore plus d'affection pour les petits lapins ! Pardon si je suis vulgaire, mais ces batailles d'industriels me hérissent un peu le poil...


*source rue 89
**lien vers les spots avec Cyril le lapin
***vu dans Capital (pour une fois qu'on apprend quelque chose sur M6, ça vaut le coup de le dire)

vendredi 25 décembre 2009

Telle une comète dans le ciel...



Il était une fois en Norvège, dans le ciel... Ben oui, ciel, ça rime avec Noël, et cette histoire pourrait être un conte. C'est le bon jour pour la raconter, non ? Je reprends.

Il était une fois en décembre 2009 en Norvège, dans le ciel... Un OVNI, une comète, une spirale filante et tournante, un phénomène lumineux jamais observé auparavant. Le vent n'y était pour rien, les projecteurs alentours non plus. Alors... Débarquement extraterrestre ? Aurore boréale d'un nouveau genre ?

Une fois que la spirale a eu fini de tourner sur elle-même, elle disparut, laissant la place à un trou noir, entouré d'un halo de lumière bleue. Allait-t-il tout aspirer ? Etait-ce le néant qui guettait l'humanité suicidaire ? Point nenni. Le phénomène s'est effacé pour laisser place à la nuit noire. Et au silence... Chacun en son fort intérieur, pouvait sentir battre son coeur et s'interroger, inquiet, en ces termes : de quoi demain sera-t-il fait ? Quel augure pour cet après-Copenhague ? Les cieux seront-ils cléments, les arbres donneront-ils encore des clémentines ?

En ce jour de Noël, je me sens d'humeur badine. Et la badiane que j'ajoute à mes tisanes digestives (ben oui, faut bien !) répand sa douce odeur et me gratifie de sa belle forme... étoilée. Alors j'ai envie de voir la vie en noir et brillant, comme un ciel chargé de messages. Et si l'origine du phénomène lumineux norvégien était en fait le tir raté d'un missile russe, cela n'y change rien. Et Boulava, de son petit nom, ne me mettra pas les boules, là, va ! Tout juste au sapin.

Je continue à regarder droit devant, (et au-dessus ! et autour !) et je me dis qu'on a du pain sur la planche. Et qu'il faut y aller confiant, serein. Façon star, en somme.

mercredi 9 décembre 2009

De l'art de noyer le poisson... et les ours polaires



C'est l'heure du sommet international de Copenhague, qui doit permettre de fixer les objectifs chiffrés et contraignants auxquels les pays devront répondre d'ici 2020 pour faire baisser les émissions des gaz à effet de serre... et l'étau se resserre. Sous couvert de débats, on s'égare, on oublie l'essentiel.

J'en veux pour exemple deux articles de Rue89*, l'un dénonçant "la pensée unique" écologiste qui pose l'homme comme responsable du réchauffement climatique et l'autre soulignant qu'une chose n'est pas contestable juste parce qu'elle créée du consensus. Et de rappeler combien la pensée écolo n'a pas toujours été consensuelle, loin de là.

OK. Soit. Mais ces débats ne nous tirent pas vers le haut. Il y a des faits, à constater : des espèces disparaissent à une vitesse inconnue jusque-là et si on veut jouer à ça, il n'est même pas besoin de chercher la responsabilité de l'homme en termes de climat, car elle est visible à bien d'autres niveaux. L'agriculture extensive, avec ses pesticides, pollue les nappes phréatiques et tuent les abeilles, et les nitrates qu'elle rejette en masse entraîne la prolifération de l'algue verte sur les côtes bretonnes, et la mort d'autres espèces encore...
Rappelons-le, d'ailleurs, cette algue verte a même tué un cheval, comme quoi "qui tue un hippocampe, tue un cheval"...

Donc, les exemples ne manquent pas, alors si vous voulez vous rassurer sur l'inaptitude de l'homme à dégrader son environnement, c'est de toute façon raté : "Perdu ! Essaie encore."
Même pas besoin d'aller chercher les causes du réchauffement ! Et à disserter sur les causes, on n'oublie encore une fois la vraie question : qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Car à ce rythme-là, de toute façon, ça ne tiendra plus. Que l'homme en soit ou pas la cause (et y a quand même de sérieuses raisons de penser que oui), un trop grand réchauffement aura de graves conséquences, donc il faut de toute façon le LIMITER. Et pour ça, il faut se bouger, grave ! Et se responsabiliser. Maintenant.

Signez l'Ultimatum climatique

*Sources : l'article sur "la pensée unique"
l'article sur le scepticisme comme nouveau poujadisme

mercredi 2 décembre 2009

De l'importance du chef op'...



Je sais, je sais, une connaissance me l'a affirmé "Y a personne qui sait ce que c'est un chef op"... Ah ? A part les cinéphiles, les cinébosses (ceux qui bossent dans le cinéma, quoi), que nenni ? Les cinéphiles non plus ? Ah, d'accord... Peut-être que c'est normal. Peut-être que ça a toujours été comme ça. Ne pas percer la magie du cinéma, laisser les gens à leurs métiers obscurs...
Et pourtant, le chef opérateur, c'est lui qui fait la lumière du film ! Qui compose les plans, discute les mouvements (de caméra), parfait l'ambiance... Parfois je me demande si les gens ne savent pas parce qu'ils ne s'intéressent à rien. Ou tous à la même chose. C'est sûr, c'est pas à la télé qu'on va nous expliquer ce que fait le chef op' sur un film...

C'est vrai, mon ton est amer, d'aucuns diront prétentieux. Tant pis. L'autre jour, j'étais à la Fnac pour trouver une K7 nettoyante pour caméra mini-DV... Du coup, j'ai jeté un oeil sur les DVD... et là mon duvet de se hérisser... Où sont passés les DVD à 9,99 euros ? Les prix minimums sont à 12, voire 15. Mais bien sûr : bientôt Noël, on va quand même pas perdre l'opportunité d'entuber les con-sommateurs ! Qui, soit dit en passant, ont toujours le choix de se laisser avoir ou pas... Et voilà, la boucle est bouclée, on en revient toujours au même point : l'analyse, le sens critique... et la réactivité.

En matière d'écologie, c'est comme le reste. Moins on s'interroge, plus on est sûr d'éviter de se remettre en question et on peut continuer à faire l'autruche en taxant ceux qui se bougent de fascistes verts. Et pendant ce temps, la France se classe au 43e rang mondial de la liberté de la presse dans un silence absolu*. Même les Etats-Unis sont 20e ! Seule l'Italie est après nous en Europe : à croire que Sarko a la Berlu. Et qu'il y a (presque) plus de médias pour nous éclairer.

Parce que le coup de la grenouille, moi, j'ai pas envie de le vivre. Mais si, vous savez : l'histoire de la grenouille qu'on jette dans l'eau bouillante et qui a le réflexe de s'échapper. Alors que quand on augmente la température doucement, elle s'endort et se laisse ébouillanter... Ben voui. Je pense que je n'ai pas besoin de vous décoder la métaphore ! Voilà le genre d'histoire qu'un bon chef op saurait sûrement mettre en valeur. Alors quand on se prétend réalisateur de sa vie, la première des choses, c'est de réfléchir au scénario... et de se rendre compte que c'est nous qui l'écrivons, jour après jour.

Ceci dit, comme tout propos se relativise, voici une petite blague qui se raconte dans le milieu audiovisuel : quelle est la différence entre un chef op' et Dieu ? C'est que Dieu ne se prend pas pour un chef op'.
A méditer... ou pas. :)


* Source Reporters sans frontières, classement mondial

vendredi 27 novembre 2009

Merdier total


http://www.photochris.com

Alberta... Ca pourrait être un joli prénom : des consonances hispaniques en même temps qu'un aspect un peu "vieille France"... Et pourtant, elle est salie, harcelée, violée, Alberta... Alberta ?
C'est le nom de cette région du Nord-canadien, investie notamment par Total pour exploiter ses sables bitumeux... C'est-à-dire mettre en oeuvre la "façon la plus chère, la plus sale et la plus énergivore de produire du pétrole", comme le dit Greenpeace. Enfin, quand je dis "mettre en oeuvre"... En fait d'oeuvre, il s'agit plutôt d'un saccage. D'un concentré de ce qu'on peut faire de pire en matière écologique aujourd'hui.

En effet : ce bitume est "très visqueux et lourd, aggloméré avec du sable ou du schiste" et ne peut être retiré en surface dans des mines à ciel ouvert que pour 20 % de la quantité.
Pour extraire les 80 % restant, de l'eau et du gaz sont tour à tour nécessaires pour fluidifier et pomper le bitume. En somme, "pour produire un baril de pétrole, il faut deux tonnes de sables bitumineux, plus de cinq barils d’eau et l’équivalent en gaz naturel de la consommation d’un foyer pendant une journée et demi. En bref, la production d’un baril de sables bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice en gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole conventionnel". Notons aussi que pour les exploitations de surface, eh bien, il faut ratiboiser le terrain, c'est-à-dire déforester à tour de bras...

Et Total de dire qu'ils attendent "les règles fixées par l'Etat pour opérer dans le respect de l'environnement" ! Et d'ajouter qu'ils n'en sont qu'aux enchères sur les terrains (Canadiens) et à l'étude... alors que le gisement de Surmount est déjà en (co)production avec d'autres grands groupes. Décidément, l'illusion est totale !

Et Ottawa semble tarder à réagir, et le silence est généralisé sur cet enjeu de taille. Pas une ligne dans les médias, à part Libé en octobre, cherchez la faille !

Et pendant ce temps... Total compense, Total amasse : un coup d'oeil sur les chiffres du dernier trimestre 2009 ? Les pauvres, ils font -54 % par rapport au 3e trimestre 2008 ! Mais quand même 14 % de mieux qu'au 2e trimestre 2009... Ah, nous voilà soulagés ! Il est vrai que cela représente la bagatelle de 2,7 milliards de dollars pour le résultat net ajusté. Alors quand on sait que l'exploitation des couches bitumeuses, en raison de la technologie (et de l'énergie !) nécessaires augmenteront encore le prix du baril... On se dit que ceci explique peut-être cela...

Sources : dossier de Greenpeace "Total invente la destruction durable"
article de Libération du 10 octobre 2009 "Greenpeace met son grain de sable"
et les Résultats du 3e trimestre 2009 de Total