Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

lundi 6 septembre 2010

Les pesticides avides...



On commence à le savoir, et ceux qui prétendent l'ignorer ou ne pas se sentir concernés feraient bien de s'y mettre : les pesticides nous agressent de toute part. A force de s'insinuer dans les sols, ils les polluent et tuent la terre qui pour produire ensuite doit être aidée à coups de pesticides, sinon ça ne pousserait même pas. Et le cercle est vicieux.

L'eau des cultures gorgée de pesticdes part dans les nappes phréatiques, les rivières, touchent les poissons. Et donc nous, soit direct au robinet, soit dans l'assiette. Et comme ils ne manquent pas d'air, il est dangereux aussi d'inspirer les-dites substances. Tous les légumes cultivés en agriculture extensive sont potentiellement cancérigènes quand nous croquons dedans tant ils sont gavés de ces fameux "produits phytosanitaires".

Mais laissez-moi rire : phyto, ça ne voudrait pas dire la santé par hasard ? Mais la santé de qui alors ? Pas des sols, pas des eaux, pas de l'air, pas des animaux, pas des légumes, pas des humains... Hum, hum, ça se corse... Ah, mais oui, suis-je bête ! C'est la santé du portefeuille de ceux qui produisent les produits ! Et la boucle est bouclée.

Mais, tel le cycle de l'eau, celui des pesticides est partout : au contact (même faible mais répété) des pesticides, on ne risque pas seulement le cancer (ou Parkinson comme cela l'a été montré récemment), non, cela poste aussi un problème de fertilité, puisque la concentration de spermatozoïde est inversément proportionnelle à celle de pesticides ingérée, respirée ou touchée.
Les courbes sont édifiantes : en un siècle, la fertilité à littéralement chuté (1).

Et où en est-on aujourd'hui ? Pas très loin, en tout cas, loin du compte. Avec 76 000 tonnes de substances actives vendues par an (2), la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. L'agriculture biologique ne représente que 2,1 % de la surface cultivée (3). C'est risible quand on connaît l'augmentation constante de la demande. Les gens ne sont pas bêtes, ils commencent à vouloir manger autre chose que ce qu'on leur sert. Et qui serre la Terre.

Le Grenelle de l'environnement a pointé du doigt l'usage intensif de pesticides dans les cultures françaises. Le plan Ecophyto 2018 qui en a découlé vise une réduction de 50 % des produits phytosanitaires d'ici huit ans ''si possible'' (no comment) et le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes. Mais les moyens à mettre en œuvre pour réaliser cet objectif n'ont pas réellement été définis... Ah non ? Comme c'est bizarre.

En 2010, l'étude Ecophyto R&D de l'INRA (2) évalue les techniques et les pratiques pour dessiner des scénarios réalistes de réduction progressive des substances. L'étude conclut qu'il est possible de réduire de 3 à 40 % le recours aux pesticides en moyenne, selon les cultures, par rapport au mode de production intensif, sans affecter le niveau de production. Pour aller plus loin, il faut passer par un ''retour à l'agronomie'' : travail sur la date et la densité du semis, le choix variétal, la rotation des cultures… ce qui paraît quand même être le b.a.-ba de l'agriculture...

L'étude demande de privilégier les techniques de protection intégrée, ce qui veut dire que plutôt que de tout miser sur la guerre contre les parasites (animaux ou végétaux) à grands coups de pesticides, il faudrait des systèmes d'exploitation qui permettent la régulation des "attaques" et l'harmonisation des cultures avec leur environnement. Aller vers l'agriculture biologique, en somme !

Enfin, sachez que les cultures les plus arrosées de pesticides en tous genres, sont la pomme de terre, le colza (présent dans beaucoup d'aliments transformés) et la vigne...
Avis aux hédonistes, le vin bio s'est bien développé ces dernières années et on trouve du bon à tous les prix... Il faut juste goûter, choisir... et déguster pour se réconcilier avec la vie !
PS : bio veut dire vie...

(1) cf courbe sur le site du MDRGF
(2) rapport sur le plan Ecophyto 2018 sur le site d'Actu-Environnement
(3) chiffre INSEE
(4) non, il n'y avait pas de (4) dans le texte, ne cherchez pas ! C'est juste pour remettre le lien vers le site de France Nature Environnement, dont j'ai utilisé les affiches très parlantes !

jeudi 29 juillet 2010

Le plastique, c'est pas fantastique


Photo extraite de "L'emballage qui tue"
(Inge Altemeir et Reinhard Hornung)


"Le plastique, c'est fantastique", chantait Elmer Food Beat dans les années 90 pour vanter les mérites du préservatif qui bloque les transmissisons de maladies, oui, et qui est aussi un puissant contraceptif. Aujourd'hui, on apprend que les plastiques des emballages alimentaires rendent stériles, et surtout les hommes... Cherchez pas de logique, justement, y en a pas !

Dans le reportage "L'emballage qui tue" diffusé avant-hier soir sur Arte*, il est montré que les plastiques alimentaires contiennent énormémement de phtalates, ces substances sympathiques, déjà montrées du doigt dans les cosmétiques.
On le sait, elles rendent stériles. Les hommes qui en consomment directement, oui, mais aussi les enfants mâles à travers leurs mères. Tout le monde est donc tenu d'y faire attention. D'autant que la magie avec ces substances, c'est qu'on ne sait jamais où ça s'arrête : on démontre un effet nocif, mais plein d'autres peuvent exister aussi dans la même substance ou dans d'autres. C'est comme les trains : un phtalate peut en cacher un autre.

Et dans le train-train de l'industrie alimentaire, qui s'en soucie ? Sûrement pas les fabricants, qui font produire en Chine des emballages interdits de fabrication en Europe. Les Chinois produisent donc pour exporter. Mais, pas fous, ils n'utilisent surtout pas ces emballages pour leur propre alimentation, ni même celle des animaux (comme l'indique la photo). Ca me fait penser au sketch des Inconnus "On va tous vous niquer". Je carricature évidemment, mais c'est un peu ça.

En même temps, ils ont raison, qui peut les blamer ? C'est ce qu'on leur demande et on les paie pour ça. C'est ça, la magie des toxiques, ce qui est toxique à l'endroit A peut être fabriqué à l'endroit B. Et ne semble plus être considéré comme toxique à l'endroit A, puisque finalement, il y revient et y est commercialisé, bien à vue, sur les étagères des supermarchés. Magique, je vous dis !

Et de vue, il est question, puisqu'outre les phtalates et le biphénol A - oui, celui des biberons : eh bien, magique, on ne le trouve pas que dans les biberons - dans les plastiques, les encres des cartons sont aussi mises en cause. Et ce toxicologue suisse (oui, je l'ai toujours dit, les Suisses sont tout sauf lents) de relever : "c'est même dans les emballages les plus attrayants qu'on trouve le plus de substances toxiques." Isn't that ironic ?

Ironique ? Carrément cynique, oui. Car il suffirait d'une décision ministérielle pour tout interdire. Mais quand on interroge la directrice de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Alimentaire), elle demande de couper la caméra. Réjouissant. Et très rassurants, ces gens qui nous gouvernent. Une fois encore on sert d'abord les intérêts des grandes boîtes avant la santé des consommateurs. Pour nous pas de dessert ! Ou alors emballé au poison. Et encore moins de champagne : certains le boivent, tous les autres trinquent.

Pour finir, un mot de la consommatrice qu'on voit dans le reportage : maman de deux garçons, elle est un peu désorientée et on la comprend. Ceci dit, j'ai un peu de mal à comprendre quand les gens disent : "Je veux faire autrement" et continuent à aller au supermarché et à faire du riz préemballé à cuire comme ça.

Quand on veut faire autrement, il y a vraiment des alternatives efficaces aujourd'hui. A commencer par les AMAP, bon marché dans tous les sens du terme : les légumes peu chers arrivent direct de chez le producteur, sont garantis sans pesticides et bien de chez nous. Et le contrat qui unit l'adhérent et le paysan devient contrat de confiance. Contrat de conscience.

Je ne peux pas dire "Je veux faire autrement, mais je continue à faire pareil". Et d'invoquer toujours l'argent (le manque), le temps (le manque), l'envie de cuisiner (le manque). Quand on veut changer, on peut s'en donner les moyens. Il y a des solutions à trouver pour tous, relayées par de nombreux réseaux associatifs. Cela passe par de grosses réadaptations dans le quotidien, c'est sûr. Ca peut demander des efforts au premier abord, mais après, c'est la promesse d'une vie plus saine et plus libre.

Ceci dit, à rappeler la responsabilité individuelle, je n'oublie pas la responsabilité calamiteusement assumée par ceux qui nous gouvernent et nous servent à manger. Il est important de se mobiliser pour faire interdire ces substances et soutenir la recherche de ceux qui se préoccupent plus du citoyen.

Pour que ne nous soyons pas que des con-sommateurs.

*le reportage est encore visible pendant 5 jours sur Arte+7

lundi 12 juillet 2010

Monsanto a l'amende : c'est coton !


Photo : http://image.mabulle.com

Une fois n'est pas coutume, mais deux fois... ça commence à être coton pour Monsanto !

L'amende concernant la publicité mensongère sur le round-up était certes assez symbolique*. Mais celle qui condamne Monsanto pour avoir vendu illégalement du coton OGM, ça, ça commence à être significatif. Surtout quand le chiffre s'élève à 2,5 millions de dollars. Comme ces gens-là ne comprennent que ce langage-là, on peut se réjouir que l'EPA (l'Agence américaine de Protection de l'Environnement) ait réussi à faire condamner la firme.

Le motif, c'est que la culture du coton génétiquement modifié, qui produit son propre pesticide, est interdite dans dix comtés du Texas. L'EPA essaie d'éviter que les insectes ne deviennent résistants à ces produits. Car elles sont pas cons, les bêtes, à force de cotoyer les plantes modifiées et leurs pesticides internes, elles s'adaptent à ces substances pour survivre. Certains insectes y arrivent, d'autres pas... Et malheureusement, les abeilles sont en première ligne de l'hécatombe. En tout cas, l'interdiction qui vaut au Texas a été ignorée par Monsanto qui, en vendant des graines de coton OGM, l'a violée... 1700 fois ! A la guerre comme à la guerre, semblent dire ces gens-là.

Parce que "chez ces gens-là, on ne vit pas, monsieur, on ne vit pas. On compte...", comme le chantait si bien Brel. Mais à force de prendre tout le monde pour des brêles à violer la loi au nez et à la barbe de tous, il fallait quand même bien que les rois des OGM se fassent prendre par la barbichette. Et pour une fois, l'amende est à la hauteur de leurs chevilles bien enflées. Et de se faire rappeler à l'ordre d'autres fois, c'est ce qui leur pend au nez.

Il semble un peu fragilisé, le colosse. Pieds d'argile, les OGM ? Cela se pourrait bien, car ça ne se passe pas vraiment comme prévu. D'abord les "mauvaises herbes" qui se rebellent contre les pesticides et forcent les agriculteurs à abandonner leurs champs**, ensuite cette décision salutaire, et puis la résistance citoyenne partout dans les pays européens qui force les gouvernements à prendre des mesures de sauvegarde... Oui, le dernier bastion de préservation de la biodiversité, c'est encore et toujours nous...

Alors si vous n'avez pas encore signé la pétition pour éviter qu'on ne nous refourgue les OGM via l'Europe, c'est le moment.
Car la Commission européenne a décidé mardi d'assouplir les autorisations aux OGM sur le marché européen***. Cherchez pas la logique, y en a pas. D'un côté, on condamne, de l'autre, on soutient... La loi de l'argent et des couilles en or a la dent dure...

Alors, restons mobilisés... Pour qu'OGM rime définitivement avec pas la peine ! (avec un petit effort de prononciation...)


*cf article "Monsanto définitivement condamné sur le Round up... On nous aurait menti ?" sur La touffe verte
**cf article "Quand la nature dit stop" sur La touffe verte
***article sur le site de Greenpeace
article du Monde sur la question

lundi 28 juin 2010

Pas fane de carotte...



C'est vraiment sympa, l'Amap, les légumes sont bons et bios, on échange des recettes... La quoi ? Mais si, vous savez, AMAP : Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne.

Le principe, c'est que les adhérents... adhérent, et donc s'inscrivent pour au moins six mois et payent d'avance (en plusieurs chèques si besoin, pas de panique) leurs paniers hebdomadaires de 10 ou 15 euros. Comme ça, l'agriculteur a des consommateurs assurés et ajuste sa production en fonction. Enfin, ils sont pas si cons les sommateurs, car ils s'impliquent de fait dans le développement d'une "vraie" agriculture bio : cohérente, fraîche et de proximité. Pas de patates venant d'Egypte et portant le label AB par délégation à un organisme de contrôle local pas forcément fiable.

L'Amap, c'est bon marché, dans tous les sens du terme !
Pour dix euros, on a largement assez de légumes pour la semaine pour deux. Impossible de faire mieux ailleurs. Et l'ambiance est conviviale, quand on va chercher son panier, on discute de l'air du temps, et on échange des recettes. Ca permet de cuisiner des légumes inconnus et de découvrir de nouvelles saveurs...

Ma seule réserve : les fanes des carottes. J'ai découvert récemment que cela se mangeait. Alors, j'ai tenté deux recettes de soupe. La première à base de fanes, d'oignons blancs et de fromage frais. Frais, c'est comme ça que j'ai servi ce breuvage, en verrine, pour tester et faire tester... Eh bien, le petit goût d'herbe et de savon a surpris... mais pas conquis. Ensuite, j'ai fait une soupe avec plein de légumes et ai ajouté des fanes, en me disant que, comme ça, le goût serait moins fort... "J'abandonne !" La fane a tout dominé et, vraiment, je ne suis pas fan de ce goût un rien écoeurant...

Enfin, quand je dis "j'abandonne", je ne le pense jamais vraiment. Alors, je me suis dis que le principe d'un blog, c'était l'interaction... Vous me voyez venir, mesdames (et messieurs ! la cuisine n'est plus réservée aux femmes) : si vous avez des recettes qui permettent d'utiliser la fane sous son meilleur profil, n'hésitez pas, faites passer !

Le site du réseau AMAP

lundi 31 mai 2010

Monsanto essaime en Haïti, et nous, on n'OGMe pas et on signe en Europe !



Une fois de plus, Monsanto, le roi de la semence brévetée (et de l'agent orange précédemment...) veut nous faire croire à sa grandeur d'âme et à sa volonté de changer le monde. Pour "venir en aide" aux agriculteurs haïtiens, il leur fait don de semences. Présent empoisonné s'il en est, tant ces graines demandent des pesticides pour pousser et doivent être rachetées chaque année au géant, car ne se renouvellent pas toutes seules... et préparent le terrain aux OGM, puisque ce sera sans aucun doute le "cadeau" suivant.

Après le séisme en Haïti, voici donc le tremblement de serres !

Pour arrêter de trembler face à la menace OGM en Europe, il nous reste encore la possibilité de nous exprimer : signez la pétition, il nous faut le million ! Le million, le million !

A bon entendeur de plantes, salut.

signez ici

mercredi 28 avril 2010

On n'OGaime toujours pas


photo greenhotelparis.com/

Vous pouvez signer la pétition contre les OGM. Et ça urge, car avec l'avis "acceptable" délivré par le HCB (Haut Conseil sur les Biotechnologies) à la demande de la multinationale suisse Syngenta par rapport à l’autorisation de mise en culture du maïs transgénique Bt11, l'Europe veut vraiment nous faire passer des vessies pour des lanternes... et accessoirement nous les faire manger !

Je ne reviendrai pas sur la nocivité des OGM déjà décrite dans d'autres billets (dans la rubrique "en savoir + sur les OGM et ce qu'on mange", vous les trouverez). Nocivité prouvée et potentielle, y en a pour tous les goûts ! Et ce n'est pas au mien, décidément, qu'on nous impose cette "culture" de maïs transgénique, soit disant pour éliminer un parasite malfaisant, mais en fait pour servir les intérêts de multinationales sans scrupules.

Non, non et non, on n'a pas besoin des OGM, qui consistent à vendre des plantes malades aux agriculteurs, qui ont donc besoin de plus de pesticides encore pour les traiter et les faire pousser, qui appauvrissent la terre et ne prennent pas en compte toutes les mutations et adaptations naturelles qui font que les parasites chopent eux aussi le gêne de résistance au pesticide et finissent par décimer les cultures quand même. (cf : article )

En outre, en donnant son "feu vert", le HCB prévient : ''les études de toxicité produites n'ont pas encore une puissance statistique suffisante'' et encourage donc à des enquêtes supplémentaires. Pourquoi, alors, l'autoriser ? Et le principe de précaution, qu'on nous sert à toutes les sauces quand ça arrange, n'a-t-il pas cours ici ?

Ca suffit avec cette hypocrisie ! Faisons valoir notre droit d'eurocitoyen.

pour signer la pétition, c'est ici

jeudi 15 avril 2010

Nouveau label... la belle vie, la Bio Cohérence !



Il y a trois jours était lancé le nouveau biolabel exigeant "Bio Cohérence"... Késako, me direz-vous ? Eh bien, c'est simple, c'est un label qui certifie que la denrée sur laquelle il est accollé respecte un cahier des charges bien précis. "Encore un autre label, on ne s'y retrouve plus, c'est un coup marketing, ou quoi ?", pensez-vous. Mais non, point du tout. Au contraire. Il s'agit là de mettre l'accent sur la cohérence... D'où son nom, bien trouvé, héhé.

Car en matière d'agriculture biologique aujourd'hui, il y en a de toutes les tendances. Celle prônée par Bruxelles, et sur laquelle se calque le label AB français, est tolérante vis-à-vis des OGM, par exemple. Depuis janvier, ils sont en effet autorisés à hauteur de 0,9 % dans les produits AB. On peut donc avoir du chocolat AB bio, contenant de la lécithine de soja OGM. Sympa, non ? D'où cette volonté de plusieurs acteurs de l'agro-alimentaire biologique d'aller vers plus de... bio-logique ! La charte complète donc le règlement européen en imposant notamment le refus des OGM et la nourriture animale 100 % bio et produite sur place... Oui, parce que là aussi, faire du bio et nourrir les bêtes avec du soja importé d'Amérique du Sud, même bio, c'est le monde à l'envers.

Bio Cohérence se met donc à l'en-vert et nous garantira des produits tout beaux, tout bio. Le label sera visible sur des produits dès 2011. Les labels Demeter ou Nature et Progrès, plus répandus en Allemagne, vont déjà dans ce sens.

Parce que, comme dirait Souchon : "On avance, on avance, on avance, on n'a plus assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens... Il faut qu'on avance !"

en savoir plus sur le label

jeudi 11 mars 2010

Gardez la patate....


http://i137.photobucket.com

Sur le dossier des OGM, les pays européens se refilent la patate chaude, sans jamais vraiment la trancher. A coup de clauses de sauvegarde, un Etat après l'autre, on réussit in extremis à interdire la culture de colzas transgéniques, puis du fameux maïs MON810. Mais on n'a pas gagné un moratoire que la Commission nous dégueule une autre autorisation d'OGM.

Une patate, cette fois ! Pour faire du papier ! Mais qu'est-ce qu'ils vont pas chercher... Alors, bien sûr, on nous assure... que l'usage est purement industriel, qu'on ne la retrouvera pas dans l'alimentation... sauf peut-être dans celle de certains animaux d'élevage... Donc clairement dans l'alimentation humaine, puisque qui mange un boeuf... ou un porc, mange la patate qu'il a mangée, enfin ses résidus, ce qui n'est pas mieux. En faim, ils continuent vraiment à faire n'importe quoi.

Et BASF, l'inventeur de ce nouvel OGM, de se vanter de faire dans l'industriel et le chimique et de ne pas se préoccuper des particuliers. D'ajouter que la cassette était un accident de parcours*. C'est marrant, c'est rentable chez ces gens-là ! N'importe quel quidam qui a un accident de parcours le paie cher, en général. Il ne se fait pas payer pour ça...

BASF, Monsanto, Bayer, ces firmes qui prétendent vouloir pallier les problèmes de l'humanité en amenant plus de rendements et moins de pertes, avec leurs OGM tous azimuts (pas facile à articuler, ça : "avec leurs OGM tous azimuts", vous pouvez essayez), commencent à nous faire suer. Tiens, avec ma sueur, on pourrait pas aussi embellir le rendu du papier ?

A force de nous prendre pour des pommes, le cidre va leur péter au nez. Et rien que pour voir ça, moi, je dis : ça vaut le coup de garder la patate.

*article de rue 89 sur le sujet

jeudi 11 février 2010

Erratum : espèce de thon rouge !



Je faisais récemment, dans le cadre de la défense du thon rouge menacé d'extinction, un manuel du mangeur de sushi responsable à l'adresse de mes concitoyens consommateurs de ces mets japonais. A la lecture de l'interview donnée conjointement par François Chartier (campagne océans chez Greenpeace) et Alain Fonteneau (de l'IRD, Institut de Recherche et Développement) à rue 89*, j'avoue j'en ai bavé, pas vous... C'est-à-dire que je réalise que j'ai clairement fait la confusion entre thon rouge et thon à chair rouge. Pour parler du thon, je n'avais donc pas le bon ton.

Il existe plusieurs espèces de thon. Le thon rouge de l'Altantique, thunnus thynnus, décimé et aujourd'hui à moins de 15 % de la population initiale, en est une. Le thon blanc germon, qu'on mange (ou pas, car c'est plein de métaux lourds !) en boîte. Et les thons tropicaux, listao, albacore et patudos, à chair rouge. Ce sont eux qui sont utilisés dans les restaurants de sushi français. A part dans les restaurants très chers, apparemment, pas de risque de tomber sur du "vrai" thon rouge. Moins de 1% de la pêche est consommé en France. 80 % l'est au Japon.

Dans les restaurants de sushi ici, vous pouvez donc consommer le thon rouge, qui ne l'est que de chair, pas de nom, vous ne prendrez pas cher ! Evitez plutôt le saumon, souvent plein de PCB et de saloperies quand il est d'élevage, et ces élevages polluent et posent des problèmes d'écosystème. Même l'élevage de saumon bio, c'est pas top. Et je rappelle qu'on peut goûter les sushis ou sashimis au maquereau ou à la dorade royale, ça change et ces poissons ne sont pas menacés.

Mais le thon rouge, lui, l'est, et si on n'arrête pas de le pêcher (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinctionpour l'engraisser et l'envoyer vers le Japon). L'inscrire à l'annexe 1 de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), puis dire que cela s'appliquera dans six mois n'est pas suffisant. Je vous renvoie à la pétition de Greenpeace**.

Je maitiens enfin qu'il est intéressant de consulter, voire d'avoir sur soi, le guide sur les poissons du WWF***. Ca aide à savoir où on en est... Encore faut-il bien connaître ce que désigne le nom de l'espèce... Espèce de mea culpa, ce billet vaut pour excuse d'avoir divulgué de mauvaises infos dans le précédent... I'm really sushi... euh, sorry !

*l'article en question est ici
**la pétition sur le site de Greenpeace pour alerter le ministre
***le guide des poissons du WWF à avoir sur soi

dimanche 27 décembre 2009

Un gros "mais" pour le maïs MON 810


Le maïs du futur : plus facile à manger... et à ranger !


Le HCB vient de rendre son rapport. Rien à voir avec le nom d'une substance hallucinogène ou chimiquement dangereuse, le HCB, c'est le Haut Conseil des Biotechnologies, saisi par le gouvernement d'une demande pour tenter d'autoriser ce maïs transgénique interdit de culture en France depuis 2008 (grâce au fameux moratoire obtenu face à l'Europe, et ce dans plusieurs pays*).

Et c'est le recalage pour Monsanto ! Il était presque temps... Entre autres arguments, la nocivité des champs de MON 810 est supérieure à celle des champs traités aux insecticides (dont l'impact cancérigène sur la santé est déjà fort). Et puis l'HCB fait remarquer que les attaques d'insectes ravageurs sont relativement rares et ne justifient pas de telles cultures. En outre, ces insectes peuvent développer une résistance aux insecticides contenus dans le maïs (oui, un OGM peut directement contenir le pesticide en lui), comme cela s'observe déjà. Enfin, les études demandées sont souvent effectuées sur des courtes durées, ce qui ne permet pas réellement d'évaluer les risques sanitaires.

Monsanto trouve cette décision "regrettable"... C'est marrant, nous, ce qu'on trouve regrettable, c'est les stratégies commerciales qui consistent à nous vendre des vessies pour des lanternes, au détriment du bien et de l'intérêt commun. Normal, pour eux, l'intérêt ne peut qu'être privé.

Les ONG Greenpeace, France Nature Environnement et les Amis de la Terre, demandent l'interdiction définitive du maïs OGM en France, et nous aussi ! Mais il faut tenir bon, car cela doit être rediscuté prochainement au niveau européen. Et quand on sait que dans les institutions de l'Union européenne, Monsanto a son petit bureau de "lobby", alors qu'aucune ONG n'a le sien... Ca laisse rêveur. Ou pantois. C'est selon.

*Allemagne, Autriche, Grèce, Hongrie, Luxembourg

lundi 19 octobre 2009

Monsanto définitivement condamné sur le round-up : on nous aurait menti ?



Ainsi font, font, font
Les petites marionnettes
Un siphon, fond, fond
Trois petits tours et puis s'en vont

J'en parlais dans mon billet du 23 septembre, la nature se rebelle contre les plantes transgéniques Monsanto, en rendant résistantes au pesticide round-up les mauvaises herbes qu'il est censé détruire...

Eh bien, le fameux round-up vient d'être mis au ban, et Monsanto condamné pour "publicité mensongère"* sur ce pesticide qu'il disait "biodégradable" et laissant le sol "propre"... alors que le "glyphosate" qu'il contient a été classé "dangereux pour l'environnement" en 1991 par les autorités européennes... Un sale mensonge, donc... Et pas cher payé, puisque l'amende ne se monte qu'à 15 000 euros, ce qui est une broutille pour Monsanto !

Et pourtant, il a fallu plusieurs étapes pour arriver à cette sentence : condamnation, appel, confirmation de la condamnation, pourvoi en cassation... et condamnation par la cour criminelle (de Lyon). Là, c'est sans appel.
Mais à la pelle, il va falloir encore creuser avant d'enterrer définitvement le round-up, qui n'est pas retiré des ventes pour autant. Et pour faire reconnaître judiciairement que ce pesticide est cancérigène, ce que seuls quelques scientifiques défendent péniblement**.

Il reste des monts à gravir, mais Monsanto commence à sombrer "grave" !

*condamnation du 6 octobre 2009, par la cour criminelle de Lyon
**voir billet du 20/10/08

mercredi 23 septembre 2009

Quand la nature dit "stop" !


Un spécimen d'amarante que j'ai photographié un jour à Giverny...
dans les jardins de Monet.



Il était une fois un géant industriel prêt à tout pour faire de l’argent, de l’Agent orange aux OGM… Ils étaient plusieurs agriculteurs prêts à croire la promesse qu’une plante génétiquement modifiée contenant un gène (de bactérie !) résistant au round-up serait la solution aux mauvaises herbes. Même en arrosant le champ de ce puissant pesticide, elle survivrait, au contraire des-dites mauvaises herbes qui seraient toutes anéanties…

Oui, mais voilà… Outre le fait qu’on sait de plus en plus que le "magique" pesticide est cancérigène à souhait, il se trouve que rien ne se passe comme prévu ! En effet, la nature belle, se rebelle. La mauvaise herbe incriminée dans les Etats de Caroline du Sud et du Nord, de l’Arkansas, du Tennessee et du Missouri s’appelle amarante. Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique, il y a eu un transfert de gènes entre la plante OGM et l’amarante, justement. On connaît les arguments des défenseurs des OGM qui persistent à affirmer qu’une hybridation entre une plante génétiquement modifiée et une plante non-modifiée est "impossible", avec tous les non-sens qu’elle implique, comme de penser pouvoir mesurer une distance de sécurité pour éviter la propagation de spores de plantes OGM… (et si ces arguments ne vous sont pas familiers… venez voir mon spectacle ! :))

Mais quand la nature s’en mêle, la nature renvoie à l’homme ces arguments dos à dos et imagine le meilleur contre le pire ! L’hybridation de l’amarante fait qu’elle aussi se met à résister au round-up, ce qui jamais au grand jamais n’est supposé arriver selon Monsanto. Mais si, alors… Eh bien, plus rien ne sert d’asperger les champs de pesticide, il faut arracher ces herbes… à la main. A l’ancienne, quoi ! Et les agriculteurs d’abandonner leurs hectares, qui du coup, deviennent des champs d’amarante. Qui n’est pas une si mauvaise herbe que ça. Tout dépend toujours du point de vue. Pour les Incas, elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Ses feuilles, plus riches en protéines que le soja, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux.
Mère Nature réplique et propose donc une alternative… nourrissante ! Alors que Monsanto prétendait nourrir le monde… Le monde enterrera Monsanto. Pour ce qui concerne ces champs précis d’amarante, je me permets d’émettre un doute quant à leur comestibilité sans risque, tant ils ont dû être aspergés de round-up avant d’être abandonnés… Mais d’ici quelques années, quand la terre aura tout "digéré"… Ils seront peut-être bien utiles.

Le fin mot de l’histoire, c’est que les agriculteurs se remettent à commander des graines "traditionnelles" et reviennent à des étendues de champs un peu moins grandes… Un peu plus "humaines"…
Je commençais par "il était une fois"… Le conte triomphe contre les comptes !


Et pour l'anecdote, en cherchant à quoi ressemble l'amarante, j'ai découvert que j'en avais rencontré une, il y a un moment, dans les jardins de Monet, à Giverny... Elle m'avait fait de l'oeil et je l'avais photographiée... Je la trouvais très belle !
Dans "amarante", il y a "amar"... "aimer" en portugais.
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