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pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

jeudi 28 janvier 2010

Coeur "Océans"...



Je sors d'une projection du dernier film de Jacques Perrin... et j'ai le coeur océan.
Tant d'animaux, tant d'images, tant de beautés... Des raies de lumière dans l'eau et des raies protectrices : de petits poissons se nichent sous elles, sous leur nageoires comme des ailes... Des membranes colorées se mouvant telles de précieuses étoffes, des touffes d'algues qui cachent des espèces aux aguets... Des bancs de poissons, de dauphins malins... Et des hordes de fous de bassan, fous, alertes, qui plongent et qui au fond n'ont pas peur du fond. Ils côtoient les requins et les dauphins, et tous ensemble piègent leurs petites proies, pour mettre les petits plats dans les grands poissons.

Des animaux nagent, tournent, sautent, se frôlent, dansent, d'autres se déplacent la gueule ouverte... Comme certains dans la salle de cinéma qui ne peuvent s'empêcher de commenter à tout-va. Et tout va vite, voilà un requin, un orque qui rôde, une terrible bataille entre un crabe et une langouste. Ouste !
Et puis les plus grands mammifères du monde se laissent porter par les vagues, chantent, se font des mamours. Dans une autre vie, j'étais effrayée par les baleines. Je réalise maintenant qu'elles sont plus paisibles que certains de mes con-temporains. Majestueuses, gracieuses, tranquilles, elles forcent le respect. Leur grandeur et leur air un peu préhistorique nous rappellent à notre humble condition.

D'autres poissons, plus au fond, ont l'air de drôles de pierres. Et pourtant, eux aussi se meuvent avec détermination et harmonie. Ce qui me frappe, dans ce monde marin, c'est que tous, même les tout petits, même ceux tout au fond, respirent la vie, aspirent les possibles. Pourquoi l'homme répand-il ainsi la mort ? Les scènes les plus tragiques ne sont pas celles où des animaux en attrapent d'autres pour se nourrir, mais... les méfaits causés par l'homme.

Je reste un peu sceptique quand je vois sur l'écran "Fondation Total, EDF, Veolia Environnement"... Je comprends Jacques Perrin qui prend les fonds là où ils sont (c'est le cas de le dire). Mais j'aimerais comprendre comment on peut à ce point-là bousiller la nature et faire semblant de vouloir la sauver. Schizophrénie. Il est vrai qu'il n'y a dans le film aucune allusion aux marées noires... Ni même au réchauffement climatique, ce que j'ai trouvé un peu étonnant. Néanmoins, ma réserve s'arrêtera-là, car la beauté parle et le message passe, je pense.

Courez vous immerger, vous ne coulerez pas ! Et la musique de Coulais (il était destiné à composer pour le film !) vous bercera. Ode à l'eau, hommage à la mer pas amer, sauf que... Il nous faut nous bouger pour la préserver... Amen. Et déjà... Amène-toi au cinéma !

dimanche 24 janvier 2010

Invictus Clint...



Une fois encore, Clint fait mouche, Clint est loin de faire moche, et Clint ne mâche pas les maux de société... Non, il n'est pas du genre à remâcher, Clint, il agit, il fonce, encore et encore. Depuis 97, un film par an en tant que réalisateur (et acteur souvent), et ce rythme s'accélère : depuis Invictus, il a tourné à l'automne un film à Paris (avec Cécile de France et Matt Damon) et est sur la production du suivant.

Alors, bien sûr, d'aucuns disent que ses films sont linéaires, plein de bons sentiments... Je ne suis pas tout à fait d'accord. D'une part, ça dépend des films. Car on ne peut pas dire que Million Dollars Baby soit exactement linéaire et prévisible, avec une happy end à l'américaine. Pour ce qui concerne Gran Torino, il y a une vraie ambiguïté et progression dans les personnages (je pense par exemple au personnage du prêtre). Et puis, il y a les autres, je ne vais pas tous les citer...

Dans Invictus, c'est peut-être plus attendu, et pour cause : ça cause d'une histoire vraie, et globalement, l'histoire, on la connaît. OK. Mais malheureusement, on ne peut pas dire que les problèmes du racisme et du rejet de l'autre soient des maux réglés aujourd'hui, donc la façon dont Eastwood porte la démonstration que l'union fait la force et la farce aux opposants, est jouissive et porteuse d'espoir. Et je réalise que, si j'apprécie les films qui montrent ou dénoncent, un peu d'espoir ne fait pas de mal. Ca ne veut pas dire qu'il faut nécessairement finir en fin heureuse et mièvre ou être léger tout le temps, ça veut dire UN PEU d'espoir, une lueur à un moment ou à un autre. Ou alors, s'il n'y en a presque pas, l'empathie avec les personnages m'est nécessaire. Sinon je reste en dehors du film, à distance.

Mais je m'égare, car pour en revenir à "Robin Easthood", avancer en âge semble le motiver à accélérer le rythme et à défendre des causes sociales. Et il ne lésine pas sur les moyens. Les reconstitutions des matches de rugby sont impressionnantes et le nombre de figurants, rien que pour jouer les joueurs de tous les pays, important. Tom Stern à l'image fait encore des miracles. Matt Damon, grossi et durci pour son rôle de capitaine de l'équipe de rugby nationale, est convaincant. Quant à Morgan Freeman (seul acteur jugé digne par Mandela de jouer son rôle) en Mandela, il est criant d'authenticité et très attachant.

Et puis, ce poème "Invictus" (de William Ernest Henley), qui veut dire "invincible" et parle d'insoumission et de courage, a encore des résonances pertinentes aujourd'hui... Plus que jamais, c'est ce dont nous avons besoin pour arriver à dessiner un monde meilleur et plus vert... A vos marques !

mardi 12 janvier 2010

Hommage... De Mano Solo aux Flow




Une des plus belles chansons de Mano Solo...




Flow, une voix rocailleuse et un style musical assez proches de ceux de Mano... La reprise du flambeau ? A suivre...

vendredi 1 janvier 2010

La touffe blanche au vent...



Hier pour le réveillon, une fois n'est pas coutume, j'étais de spectacle au manège de Bartabas à Aubervilliers pour voir le dernier opus de la troupe, "Darshan". Je n'avais jamais vu de prestations de Zingaro, j'avais donc hâte de voir les chevaux pris au garrot, euh au galop. Et la mise en scène d'innover, apparemment.

Après une assez longue attente et guidée désorganisée jusqu'à nos gradins, nous nous sommes retrouvés sur un gradin conique et central, tournant légèrement sur lui-même, afin de nous faire admirer les séquences qui se déroulaient devant et derrière une épaisse toile de cinéma. Les idées s'enchaînent, les images se déchaînent : chevaliers de l'Apocalypse, arche de Noé, retour à la vie primitive, avec ses rapports à l'animal plus direct, guerre, fin du monde... Du moins, c'est ce que j'y ai perçu.
De très belles idées marquent, comme celle où un cheval et son cavalier se trouvent devant la toile, sont doublés derrière, et donnent l'impression de bouger en même temps que leur ombre, alors qu'en fait il y a deux cavaliers et deux chevaux en tout... C'est pas facile, facile à expliquer, ça gagne à être vu !

Globalement, oui, le spectacle vaut le coup. Bartabas et son univers graphique et audiovisuel (la musique est très présente) nous emmènent. Mais c'est vrai qu'il est un peu décevant de ne pas "voir" assez les chevaux, dans le manège, devant la toile, tourbillonner devant nous. Le plus beau moment est pour moi ce cheval blanc, queue levée, tournant à tout galop autour de la piste, en regardant ses comperses qu'on voit courir aussi en transparence floutée. Ils sont derrière le voile, il est devant. Et la queue au vent, ça veut dire qu'il est super-content. Qu'il est tout fier ! Et c'est jouissif à voir.

La soirée s'est curieusement finie, car dans le noir précédant les applaudissements, une femme s'est permis de hurler lâchement un "on s'ennuie !", à l'encontre des comédiens tombés à nos pieds. J'ai trouvé ça d'une irrévérence inouie. Même si j'ai quelques réserves, on ne peut que respecter le travail fourni et on ne harangue pas ainsi l'équipe. Sinon, il fallait rester devant Patrick Sébastien à manger du hareng. Le théâtre, oui, c'est toujours "une prise de risque", dans la mesure où on n'y va pour se laisser surprendre. Après, on apprécie ou moins, on y réfléchit ou pas, on s'extasie ou on fulmine...
Mais pas de triste mine qui tienne, c'est comme la vie. Bonne année dans le vent, verte bien sûr, pleine de surprises... et de respect !