Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

 

jeudi 2 février 2012

Net Wars, Acte II : Acta, l'Europe contre-attaque



Net Wars, la suite.
Voilà que l'Acta (Accord Commercial Anti-Contrefaçon), signé par 22 Etats de l'Union Européenne entre dans sa phase de ratification par le Parlement Européen et la Commission européenne.
Alors que les lobbys se déchaînent pour faire passer le texte, partout fleurissent des manifestations Anonymous anti-Acta.
La phase 2 de la Guerre de la Toile est déclarée...

Contrefaçon et piratage sont mis dans un même sac. De toile évidemment.
Mais si la contrefaçon, notamment de jouets, est dangereuse pour les gens (voir le scandale provoqué par les jouets chinois ayant intoxiqué des enfants) et doit être prise au sérieux, le piratage sur Internet ne représente pas le même problème.

Piratage et partage sont assimilés.
Pirater, c'est voler des données.
Partager, c'est échanger des fichiers. Rien à voir !

Les fournisseurs d'accès seraient chargés de trancher.
Le traité veut ainsi responsabiliser les "intermédiaires techniques", c'est-à-dire les fournisseurs d'accès à Internet.
Mais comme le dit Françoise Castex "quand on achète par correspondance une contrefaçon, le facteur n'est en rien responsable". Les FAI deviendraient ainsi de super gendarmes surveillant leurs réseaux.
Or ce n'est pas leur fonction, donc cette surveillance serait forcément inefficace... et surtout inégalitaire et arbitraire !

Une loi fourre-tout.
Du coup, d'éléments épars et disparates on fait une grande soupe liberticide, sous prétexte de droits d'auteurs et leur protection.
Nous ne mangerons pas de cette mixture-là, nous ne voulons pas de langue de bois !

Tout va à vau-l'eau. Voire à vau-l'Europe.
Ainsi, le rapporteur de l'Acta a-t-il démissionné, dénonçant les pressions des lobbys et de la droite du Parlement sur les eurodéputés pour accélérer le calendrier de vote.

La société civile est écartée. Et les eurodéputés écartelés.
Pour que les députés fassent leur job, c'est-à-dire accessoirement celui de nous représenter, nous les citoyens - et mal nommés "concitoyens" - devons faire pression aussi !
A travers la nouvelle pétition d'Avaaz, déjà à 1,5 M de signatures. Objectif : 2 millions. Vous connaissez la chanson : "et un, et deux millions !"

Et restons connectés les uns aux autres, toujours...

     

lundi 16 janvier 2012

Itinéraire bis : suivez le guide !



Ca sonne comme une indication routière et c'est tout à fait ça...
Quelle voie suivre pour aller vers un nouveau monde ?

Itinéraire bis, c'est un magazine qui décortique de façon pédagogique et ludique comment vivre plus écologique et éthique.
Et qui dans chaque numéro explique quatre points névralgiques de nos systèmes politiques et sociologiques. Hic !

La forme adoptée, entièrement imprimée sur papier recyclé et sans chlore, est très agréable. Et à ranger dans son cartable. De grand enfant.
Il s'agit d'un format entre le livre et le cahier. La présentation, avec ses titres comme passés au fluo et ses illustrations colorées et souvent rigolotes, incite à la lecture.

Des explications claires permettent de faire le point sur sa consommation d'eau invisible, par exemple.
On y apprend donc des choses et ce qu'on sait déjà est énoncé clairement. Et comme ce qui se conçoit bien s'énonce clairement justement, eh bien chapeau aux concepteurs-auteurs-chauffeurs !

Karine Sabatier-Maccagno et Loïc Hamon, depuis 2004, sont spécialisés dans l'édition d'ouvrages de sensibilisation au développement durable... on leur souhaite que ça dure !

Et avec cet itinéraire déjà bien balisé, ça semble bien parti.

Alors suivez le guide dans toutes les bonnes libraires et par correspondance.

     

mercredi 11 janvier 2012

Spin : à lire absolument !


(couverture recadrée pour les besoins du blog
mais taille normale de livre de poche)


Plus ça va, plus j'aime la science-fiction.
En film oui, mais aussi en livre.

C'est dans la SF qu'on trouve des auteurs clairvoyants et visionnaires comme Jules Verne, HG Wells, Asimov, Barjavel, Clarke, Orwell, pour ne citer qu'eux.

C'est souvent là que je trouve les meilleures descriptions de sociétés qui ressemblent étrangement à la nôtre et les plus réalistes des projections même si elles ne sont souvent pas gaies.

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est justement la capacité de ces auteurs à travers leurs histoires à nous faire nous dépasser, à nous faire réfléchir plus loin, encore plus loin...

Et dans cette veine, Spin de Robert Charles Wilson est un modèle du genre ! L'auteur, canadien, est déjà une référence en science-fiction avec des titres tels que Les Chronolithes ou Mysterium.
Spin a obtenu le Prix Hugo aux Etats-Unis et Le Grand prix de l'Imaginaire en France.

Voici ce que dit la 4e de couv' : "La vie de Tyler Dupree est inextricablement liée à celle des jumeaux Lawton, Diane et Jason.
Ils étaient ensemble la nuit où la Terre a été coupée du reste de l'univers par une mystérieuse barrière opaque (NB : le fameux "Spin") à l'extérieur de laquelle le temps s'écoule des millions de fois plus vite.
Il ne reste donc plus que quelques décennies avant que le Soleil ne transforme la Terre en une boule de feu, exterminant ainsi l'humanité."

Le style est agréable et fluide. Et c'est passionnant de voir comment les personnages réagissent face à cette fin du monde attendue et comment l'histoire évolue.

Attention : lecture géniale et terriblement contagieuse... là où vous le posez, quelqu'un d'autre tombera dedans !

Tant mieux, faites tourner !

     

vendredi 30 décembre 2011

En 2011, des films engagés !


Quand Marie Gillain et Michel Blanc se regardent à la dérobée à travers le Larzac...

2011 a été un bon cru. Les films de Cannes étaient pour beaucoup des millésimes, ce qui n'arrive pas tous les ans. Et hors les murs de Cannes, les autres films diffusés dans les salles obscures n'étaient pas en reste.
En s'enfermant entre quatre murs devant l'écran noir de nos nuits blanches, cette année il nous a été donné de voir le monde.

J'ai déjà parlé de Tree of Life et Melancholia, qui ont été coups de poing pour moi, surtout le Lars Von Trier.
En cette fin d'année, ce sont des films français qui m'ont plu dans ce qu'ils disent de notre société.

Toutes nos envies, de Philippe Lioret, parle de con-sommation et précisément de comment mettre en sommation les cons qui nous incitent à consommer. Ou comme dirait Souchon :"On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né, pour des cons alors qu'on est... une foule sentimentale, avec soif d'idéal..."
Le film basé sur le duo Lindon-Gillain est fort, même si j'ai moins aimé la dernière partie qui focalise sur la maladie de Claire (mention à la direction d'acteurs, épurée et touchante).

Le bien nommé Tous au larzac, retrace l'histoire de la lutte paysanne dans la contrée devenue le fief de Bové.
Je n'ai pas toujours accroché avec la réalisation mais dans l'ensemble l'alternance des interviews et images d'archives est bien rythmé et permet de revivre les faits.
Ca fait son effet et ça donne la patate pour continuer à se mobiliser.

Enfin, l'Exercice de l'Etat est le film politique de l'année.
Là où La conquête s'était lamentablement vautrée en soap opéra imitatif, l'Exercice de l'Etat présente des hommes politiques au nom fictif mais à la contenance bien réelle. Et de contenance il est bien question quand le pouvoir met en jeu l'intérêt général et le perd souvent...
Gourmet et Blanc sont brillants, et c'est tout sauf chiant. Je le dis et le redis car le titre, austère, peut faire peur. Pourtant, surtout en cette période pré-électorale où on entend tout et n'importe quoi, tout citoyen devrait courir voir ce film.

1969 année érotique... 2011 année cinéphile ?
Je ne m'en fais pas pour 2012 et j'attends avec impatience le prochain Eastwood sur J. Edgar Hoover avec Di Caprio, le film "social" Louise Wimmer et le très bizarro-attrayant Take Shelter où le héros est obsédé par la fin du monde...

C'est sûr qu'en termes de changement de monde, gageons qu'en 2012, il va y avoir des choses à vivre et à filmer !

     

mercredi 14 décembre 2011

Pour l'éveil des consciences !



Je l'avoue, j'étais un peu sceptique au lancement de cette campagne que je trouvais trop tournée vers la comm' et la présidentielle.

Et puis, quand même, c'est "Les Colibris", le mouvement de Pierre Rabhi qui en est à l'initiative.
Et l'idée est bien de montrer que nous sommes de plus en plus à vouloir autre chose qu'une société basée sur la con-sommation où l'humain et la nature sont aux abonnés absents.
Et d'autres dirigeants que des politiques férus de pouvoir personnel où la solidarité et la sollicitude sont aux abonnés absents.

Et puis, Pierre Rabhi le dit bien "Une élection n'est pas suffisante pour faire la différence".
Pour changer de paradigme, il faut changer de paradis, d'idéologie. Construire autre chose, un monde plus juste, à travers de nombreux gestes, plus ou moins petits, et qui ont de plus en plus de poids.
Car un jour les dominants tomberont comme des dominos.

Pour faire savoir que vous en êtes, n'hésitez donc pas à participer à touscandidat2012.com.
Ca a le mérite d'être ludique et d'être plus visible qu'une simple pétition. Moi, je l'ai fait.

Après, bien sûr, pour changer le monde, ça ne suffit pas.
Si vous séchez vraiment sur comment vous y prendre, par exemple les Colibris vous démontrent qu'acheter autrement c'est déjà voter, ce que je défends ici aussi sur ce blog, qui peut vous donner, je l'espère, quelques pistes pour vivre et consommer autrement.

Il y a également le livre de Christophe Chenebault, "Impliquez-vous", qui sonne comme une réponse à "Indignez-vous" de Stéphane Hessel.
L'auteur y recense 101 actions à faire à son niveau pour changer les choses.

Ce que je crois, c'est que chacun chacune et tous ensemble, par petites touches on y arrivera !
Alors haut les coeurs et les couleurs ! Pour 2012 et pour la suite...

     

mardi 1 novembre 2011

Qui n'est pas à sa place ?



A mon humble avis, pas le journaliste...

Pour la Toussaint, à l'heure où on éponge la dette grecque ni plus ni moins comme une tache d'huile, dans la série "Tous des saints", voici un court reportage filmé par une télévision allemande (RTL Allemagne) dans le couloir du Parlement Européen où des eurodéputés vont pointer et recevoir l'argent complétant leurs salaires (déjà mirobolants) pour les cessions qui ont lieu 12 fois par mois... auxquelles ensuite ils ne siègent pas...

Accrochez-vous, car comme dit un ami, ça s'appelle la d€mocrati€ !

     

vendredi 7 octobre 2011

Les sept autres lauréates du Prix des femmes du développement durable



Je vous l'ai dit, j'ai gagné via Biba le Prix des femmes du développement durable 2011 (organisé par Mondadori et la fondation Yves Rocher).

Et parce qu'elles sont dynamiques et pleines d'entrain, parce qu'elles sont tous les jours sur le terrain, parce qu'elle aide la terre à leur manière, parce qu'elle change la donne à leur niveau et parce qu'elles sont dans le don avec brio et souvent bio, j'ai envie de vous présenter les sept autres lauréates.

Sophie Doussau, de Gascogna Terre, est la lauréate l'Ami des Jardins.
Sophie a la pêche, même si elle travaille dans la pomme. Ainsi, au pied des remparts de Larressingle, dans le Gers, son association travaille d'arrache-pied pour redonner vie à un verger-vignoble de collection laissé à l'abandon depuis cinq ans. Pas pomme pour deux sous, Sophie veut créer un lieu exemplaire et convivial où respect du patrimoine, agriculture bio et partage ne sont pas que des mots. Eve pourra ainsi croquer dans la pomme sans risquer de pécher. En savoir +

Fanny Struelens, choisie par Closer, cumule les prix.
Déjà lauréate du Prix Terre de femmes 2011 de la fondation Yves Rocher, Fanny a les épaules larges, même si elle est toute fine et toute jolie. En effet, elle porte à bout de bras un atelier de maraîchage bio pour adultes autistes en lien avec l'association Sésame autisme Languedoc. S'ils ont peut-être la langue dans leur poche au départ, les autistes, au contact de la terre et de l'enseignement que leur dispense avec patience la douce Fanny, gagnent en confiance et commence à partager dans une belle prise de conscience réciproque. En savoir +

Sakina M'sa est la lauréate Grazia.
Cette fille-là aussi est unique. Passionnée de mode mais surtout de métissages divers, elle coud, joue des coudes, tord et réanime les tissus comme elle mord la vie. Si elle habille des stars, c'est pour mieux donner accès à la mode aux femmes des prisons, si elle collectionne les prix, c'est pour mieux amener le prêt à porter self made aux femmes de tous horizons, à la Goutte d'Or, lieu de brassage qui lui ressemble. En outre, elle récupère et recycle des vêtements professionnels qu'elle customise pour en faire de vrais beautés... En savoir +

Nathalie Kaid est la lauréate Modes&Travaux.
Et c'en est une, de caïd ! Elle se donne corps et âme à sa structure, Atelier d'Eco Solidaire, qui récupère, en partenariat avec les institutions locales de Bordeaux, les vieux meubles et autres matériaux dont les gens se débarrassent. Armée de ses outils, elle ponse, peint, scie, perce, visse et restaure les vieilleries pour leur donner une seconde vie. Le recycl'art par excellence, j'adore ! Comme un bonheur ne vient jamais seul, Nathalie fait des ateliers de sensibilisation aussi, et ça, c'est de la transmission concrète. En savoir +

Sylvie Jacob est la lauréate Nous deux.
Et comme la vie pour elle se fait à plus qu'à deux, elle a décidé de foncer en faisant fille des radars limitant. Ainsi, via Autoécole 23 pour tous, dans la Creuse, elle permet à des femmes qui peinent à trouver un travail et sont en difficulté financière d'avoir accès au permis de conduire. Parce qu'apprendre à conduire, c'est conduire sa vie, retrouver le lien social qui unit aux autres et retrouver la confiance. En savoir +

Dafna Mouchenik-Morvan est la lauréate Pleine vie.
Si son nom est dur à prononcer et son visage très jeune, c'est pour mieux brouiller les pistes car Dafna a la simplicité de l'expérience et va au-delà des apparences. Chef de l'entreprise Logivitae qui assiste les personnes âgées à domicile, elle est en effet pleine de vie et d'envie. D'accompagner dans la joie et le respect des personnes laissées pour compte. Son initiative fonctionne et se développe grâce à un grand nombre de femmes motivées, et ce n'est pas un conte. Longue vie à elles ! En savoir +

Caroline Herbert est la lauréate Top santé.
Et si la disparité touchait aussi les ONG ? Si les "grandes" étaient mieux répertoriées que les "petites" ? C'est face à ce constat que Caroline a décidé de créer Planet n' Go, un portail qui met en avant les initiatives méconnues à armes égales. Pour mieux lutter pacifiquement sur tous les fronts. Pour mieux faire connaître toutes les actions. Mention spéciale à sa secrétaire générale, Laetitia, venue recevoir le prix en son absence, qui a le sourire et la motivation de ceux qui disent "ONG parce que la haine je n'ai pas". (OK, le jeu de mots est un peu foireux, mais vous m'excuserez les filles, encore l'inconvénient de passer à la fin ! :)) En savoir +

     

samedi 17 septembre 2011

Parking Day : c'est le jour pour parquer !


Photo : www.parkingday.fr

Si vous ne connaissez pas encore le principe, le voici : lors de Parking Day, les citoyens squattent les parkings pour y installer des espaces végétalisés et conviviaux où on pique-nique et se rencontre autour de diverses manifestations festives.
Objectif : que les citoyens se réapproprient l'espace public et voient la vie en vert au coeur de la ville. Cela tourne autour de l'écologie et/ou de la solidarité, comme par exemple le recycl'art, le tout dans une ambiance conviviale et créative.

Parking World.
D'abord lancée à San Francisco en 2005, l'opération a depuis conquis le monde.
A Paris en 2010 près de 60 parcs ont été recensés, insensé ! Et il se dit même que cela s'est fait par la joyeuse collaboration de centaines d'associations, artistes, militants et loueurs de vélo...

Parking Paris.
Ah oui parce que lors de Parking Day, on en profite pour véloter ! Et cette année, c'est encore avec Dédale qu'on pédale.
Cette association relaie l'appel à mobilisation depuis 2010, dans le cadre du projet Smartcity, programme de recherche et de production artistique autour du concept de ville créative, intelligente et collaborative.
Alors si vous avez loupé le premier jour mais voulez collaborer, le programme est ici, avec notamment une explosion de structures en carton (56 rue du Temple, 4e), des animations au Jardin Nomade (rue Trousseau, 11e), l'occupation d'un parking à Bastille par les Jeunes Ecologistes, etc.

Parking Rouen. Allez Rebecca !
Rebecca Amstrong qui m'avait invitée à répondre à une interview durable sur son blog animera à Rouen 3 à 4h d'émission de radio direct live surround (si, si) dans la rue.
RV entre 13h et 17h au 43 rue Armand Carrel, devant Le Café de l'Epoque pour les Rouennais (c'est comme ça qu'on dit hein ?) si vous avez une idée sur la mobilité ou sur le partage de l'espace public urbain à divulguer. Pas folle, la guêpe, elle se fera un plaisir de partager l'antenne.

C'est où qu'on se branche ?
Pour écouter l'émission de Rebecca c'est sur HDR, 99.1FM. Ailleurs, vous pouvez avoir la connexion Internet ici.

C'est où qu'on parque ?
Un peu partout. Sortez de chez vous, c'est tout...

Have a nice Parking Day , oh yeah !

     

dimanche 28 août 2011

Une cosmique Melancholia



Quand les films nous ramènent à l'Univers... palmarès cannois, suite. Après The Tree Of Life* de Terence Malick, Melancholia de Lars Von Trier montre une vision de plus des liens (cassés) entre l'homme et l'Univers... C'est mélancosmique.

Je passerai sur son ironie maladroite et mal comprise en conférence de presse, car ce qui m'intéresse chez Von Trier, c'est son oeuvre. A la fois visionnaire, folle, insupportable, fantasque... géniale.
Son dernier film submerge, agace, fait sourire, éblouit, pèse.

Par le biais de Justine, son héroïne romantique (Kirsten Dunst illuminée), il nous montre la vacuité des conventions sociales, la déconnexion de l'homme avec ce qui semble le dépasser mais dont il est part : les lois de la Nature, de l'Univers, des possibles.

Lors des scènes de mariage, le Dogma-tique Festen n'est pas loin, avec son ambiance familiale qui sent le souffre et la naphtaline, avec les vieilles histoires qui dorment dans les placards comme des cadavres enfouis.

Lors des scènes entre ciel et terre, où la planète Melancholia n'est pas loin, la beauté des images est saisissante, les plans sont comme des tableaux suspendus dans la microseconde... Le temps s'arrête... et puis repart.

Melancholia, c'est le nom de la planète qui s'approche de la Terre... Melancholia, c'est Justine faite allégorie.
Face à elle, Claire (éblouissante Charlotte Gainsbourg) essaie d'y voir. Clair, justement. Mais bute, trébuche, se calme, s'emballe.

Les héroïnes se voilent, les héroïnes se lâchent dans le miroir acide de Lars et ce n'est pas du cochon (même quand Kirsten Dunst offre sa nudité dans un plan magnifique).

Après s'être lâchées la main, elles se la reprennent pourtant... mais je n'en dis pas plus.
Kieffer Sutherland, John Hurt, Charlotte Rampling, Stellan Skarsgard complètent ce casting brillant pour un film hors normes.

Qui nous renvoie franchement à la petitesse et au nombrilisme de l'homme face à l'Univers. Parce que l'équilibre est si fragile, il serait peut-être temps de la bichonner, notre Terre...

En évitant la Mélancolie !


* voir article "L'Arbre de vie de Terence Malick ou la ligne verte" sur La touffe verte

     

vendredi 29 juillet 2011

Fast Food Nations



Cet article est paru aussi sur Cinethinktank, blog d'un collectif qui décode l'actualité à travers le cinéma.
Allez y faire y faire un tour (de moto en hommage à Lelouch par exemple) !

"La vérité sera dure à avaler"... c'est le sous-titre du film Fast Food Nation.
C'est écrit en rouge sur l'affiche, entre les mains du bébé qui se tendent pour attraper les mamelles alléchantes et hamburgerisées de la nation modèle dans laquelle il est venu au monde.

En guise d'apéro, le film s'insinue du côté de la frontière mexicaine, là où les immigrants tentent la chance de leur vie : être de l'autre bord d'abord. Et puis travailler. A tout prix, de toute façon ils seront mieux payés que chez eux.
Seulement voilà... Dans la vaste usine de fabrication du steak haché et surgelé spécial Big One, tout n'est pas rose. On y voit plutôt très rouge.

Sans concession, le scénario a pourtant pris des libertés avec le livre dont il est inspiré. En effet, l'enquête d'Eric Schlosser qui avait fait grand bruit aux Etats-Unis était conduite de manière journalistique et énonçait des faits.

La force du film est de nous faire suivre trois personnages centraux dont les vies sont liées par le Big One, le dernier né hamburger de la chaîne Mickey's (à peine fictive) : l'un (Greg Kinnear) le commercialise pour sauver sa carrière, l'autre (Ashley Johnson) le vend pour payer ses études, la dernière (Catalina Sandino Moreno), émigrée du Mexique avec son copain et sa soeur, participe à son élaboration.
Petits maillons d'une gigantesque chaîne qui n'a au bout du compte plus rien d'alimentaire, ils vont se trouver confrontés aux erreurs et aux horreurs d'une vaste machine destinée uniquement à faire des gros sous.

Des gros souls aussi peut-être, tant la réalité peut donner envie de boire pour oublier.
Ce n'est pourtant pas ce que font les personnages, décidés chacun à leur manière à affronter les choses. S'il semble plus difficile de trancher pour celui qui promeut, d'autres se retrouvent pro-meuh. Ou carrément digérés par le système. C'est selon.

La réalisation est maligne, oscillant sans à-coups de la vitrine aux coulisses, prenant des allures de film promotionnel pour mieux montrer l'envers du décor dans une ambiance quasi-documentaire.
Les acteurs ont la ligne malgré le sujet et de l'ardeur à revendre : Ethan Hawke en tête nous offre une diatribe jouissive sur le système de con-sommation. Bruce Willis, Avril Lavigne, Paul Dano complètent et illuminent le casting.

On sent que faire partie de cet opus était important pour eux, pour faire passer le message.
Ou comment pour nourrir les gens, on leur sert de la merde sans que ce soit une image. Où pour créer de l'embauche, peu importe les conditions puisque ceux qui ont toujours plus à gagner que perdre sont nombreux : les immigrés, les étudiants, les chômeurs... le fast-food est une aubaine pour eux !

Ce slogan est d'ailleurs directement utilisé par MacDo dans les pubs que nous connaissons "Nous créons des emplois et de magnifiques opportunités de carrière", mon frère.
Le bonus sur le DVD présente l'auteur qui nous rappelle combien les forces en action aux Etats-Unis sont les mêmes en France.

Pas de doute, ce film qui date de 2006 est bien d'actualité, et à (re)voir partout.
Car d'une nation à l'autre, il n'y a qu'un pas et pas (toujours) pour le meilleur !

     

dimanche 10 juillet 2011

Welcome to the junte


Happy World : Birmanie, la dictature de l'absurde
par happy-world_tv


Welcome to the junte
We got fun 'n' games
We got everything you want
Honey we know the names
We are the people that can find
Whatever you may need
If you got the money honey
We got your disease

In the junte
Welcome to the junte

En remplaçant "jungle" par "junte", ces paroles de "Welcome to the jungle" de Guns 'n Roses (oui bon, on a les références qu'on a, hein) s'adaptent très bien... à la junte birmane racontée de manière inédite et décalée par deux lascars français partis filmer le pays clandestinement.

L'un, Tristan Mendès France, journaliste, a eu l'idée originale de ce documentaire et l'autre, Gaël Bordier, réalisateur, l'a aidé à la mettre en oeuvre et en images.
En outre, des petites séquences d'animations rigolotes où ils font les pitres rythment le propos en illustrant les chapitres.

Regardez et vous verrez !
On y parle de la vie quotidienne en Birmanie (que l'on est censée appeler "Myanmar"), des aberrations du système mis en place par la junte... et même d'une cutlure qui se veut écologique judicieusement baptisée "propagande verte" par les auteurs.

Le tout est saisissant et plaisant. Saisissant par ce qu'il montre de l'absurdité de la situation en Birmanie, où la main mise de la junte rime avec fascisme de pacotille.
Plaisant par la forme ludique et humoristique choisie pour raconter les choses... d'ailleurs sur leur site, y a plein de bons bonus aussi.

Pourtant, les deux compères ont risqué la prison. Ils l'expliquent bien dans le "making of", lui aussi super bien fait.
Et je suis ahurie de voir qu'une fois de plus, un docu qui a des couilles (et pas que parce qu'il est réalisé par des mecs) n'a été financé par aucune aucune télé* ! Ainsi, Cinquième étage production, qui fait essentiellement des documentaires, et Upian, boîte de création multimédia, l'ont autoproduit.
Décidément, le formatage du journalisme en France (comme de la culture) prend racine...

Mais je ne finirai pas sur un coup de gueule car ce n'est pas l'esprit de cette initiative, que vous pouvez, au choix, télécharger, partager, faire connaître... soutenir !
En effet, l'objet de cette "hypervidéo" est bien d'être une expérience de partage Internet inédit...

Alors allez les gars ! Merci pour votre professionnalisme et votre fantaisie... Bon vent !


Site Happy World ici

*Cependant le film a tout de même été diffusé sur Planète le 8 avril 2011 !

     

dimanche 22 mai 2011

L'Arbre de vie de Malick ou la ligne verte...



C'est acquis, "The Tree Of Life" est la palme d'or de ce 64e Festival de Cannes. Elle va à qui ? A Terence Malick, grand cinéaste de génie, auteur de seulement quatre films jusque-là, mais tous cultes, excusez du peu.

Mon ressenti sur "The Tree Of Life" est mitigé... je vous en livre ici les grandes lignes... de mon ressenti, hein, pas du film. Ce n'est pas mon genre si vous ne l'avez pas vu, de vous gâcher la surprise.

Reprenons. Malick, donc, dont j'ai vu les films de manière tout à fait arbitraire m'a, à chaque fois, scotchée. "La ligne rouge" d'abord : je ne m'attendais pas à être à ce point touchée par sa façon de dire la guerre, son absurdité, le lien cassé entre l'homme et la nature.
"Badlands" (La balade sauvage) ensuite... Fascinant, dérangeant, hypnotisant. Ou le portrait au vitriol de deux jeunes qui s'évadent pour vivre leur amour mal vu par une étroite société de village...
"Les moisssons du ciel" : la splendeur, l'épopée, le déchirement, la terreur... là encore condition humaine et naturelle font bon ou mauvais ménage, c'est selon. Le film a révélé Sam Shepard et Richard Gere, eh oui.

Malick a le goût des superlatifs et filme la nature et les comédiens comme personne. Il y a d'ailleurs toujours un lien entre les deux. Je n'ai malheureusement pas encore vu "Le nouveau monde", qui traite de l'histoire de Pocahontas.

Dans "The Tree Of Life", Malick touche à la quintessence des choses. Remonte aux origines. Du monde et de la vie. Les images, hypnotiques, sont réelles ou de synthèse, mais toujours touchent au sublime, avec une pointe de mégalomanie grandiose.
Et puis, il y a cette famille des années 50 dont Brad Pitt est le patriarche agressif à l'ancienne et Jessica Chastain (superbe !) la douce mère aimante, touchée par la grâce.

J'ai eu, je l'avoue un peu de mal à rassembler ces morceaux que Malick semble vouloir d'un même puzzle.
Ou est-ce que justement la différence d'essence qui doit nous faire réfléchir ? A comment on ramène tout à notre toute petite condition par exemple ?
Malick apostrophe un peu beaucoup le Créateur. Son allégeance sans faille au divin touchant à l'outrance m'a un peu fatiguée.

Restent les images et cette atmosphère singulière qui m'a imprégnée, l'air de rien, et que je laisse encore décanter, quelques jours après avoir vu ce film.

Finalement, peut-être qu'à nouveau Malick "m'a eue"...

     
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