OTAN pour nous !
Par Charlotte, jeudi 2 avril 2009 à 16:39 :: Les Chroniques :: #61 :: rss

Crédit photo : lepoint.fr
J'étais à Strasbourg, la ville où j'ai grandi, le week-end dernier... Le grand chantier avait déjà commencé... A partir de samedi se tiendra dans la capitale alsacienne (et accessoirement européenne, pour ceux qui l'ignorent encore) le très controversé sommet de l'OTAN. Et pour cause...
Cela fait quelques semaines que les Strasbourgeois voient s'ériger sous leurs yeux et leurs fenêtres un véritable arsenal de guerre. Guère que quelques mesures de précaution selon les services du préfet, il s'agit en effet de prévenir les risques de violence et de terrorisme lié à la présence de 28 chefs de l'Etat sur place, dont Obama himself. Et gare à ceux qui expriment leur pacifisme ! En marge du sommet, on a sommé le fils d'un membre du collectif anti-OTAN de retirer le drapeau « Pace - no to Nato » multicolore qui était accroché au balcon. Contraint, forcé, il s'est exécuté. Avant que son père ne raccroche l'étendard, criant au déni de démocratie et portant plainte. La représentante de la préfecture s'est dit « désolée » au tribunal administratif qui traitait l'affaire... On a affaire a une grosse machine qui s'emballe.
De grosses machines sont postées un peu partout : il y a même des missiles sol-air de la défense aérienne installés dans un champ près de Hoerdt, là où d'habitude on fait pousser des asperges ! Des hommes grenouille feront trempette aux alentours du Parlement européen et des hommes armés seront postés à proximité : pour le coup, on a même abattu les rangées d'arbres qui empêchaient la visibilité... Et la foi d'Obama, sage conscient des problèmes écologiques de la planète ? On en fait fi et au lieu de préserver notre poumon mondial, l'Amazonie, les dirigeants nous pompent l'air.
Quel intérêt de venir perturber la vie d'une ville pour une réunion militaire ? Ils pouvaient pas squatter dans une zone excentrée, facile à sécuriser ? En pleine crise, on bloque l'activité économique pendant une semaine ! Car tous les Strasbourgeois qui le peuvent fuient aujourd'hui. Les universités sont fermées depuis le début de la semaine... Et les commerçants ne savent pas sur quel pied rester. Car il y aura bien les médecins et avocats, qui sont d'astreinte, obligés d'être là « au cas où »... Mais que craignent-ils donc ? 30 000 hommes sont mobilisés : 15 000 Français et 15 000 Allemands, pour que les grands de ce monde puissent planifier la guerre en Afghanistan tranquillement ! Grands ? On a plus l'impression d'un jeu de guégerre d'enfants grandeur nature... Enfin, quand je dis nature...
Et les contre-manifestants ? Ils sont parqués à Ganzau, dans un camp éloigné des opérations et du centre-ville. Oui, « camp » est bien le terme employé. En Alsace, ça ressemble à de l'humour macabre... Une surveillance acérée les met sous pression, même si la préfecture dément avoir donné des ordres dans ce sens. Des échauffourées ont déjà éclatées mardi soir. La tension est palpable. Le tracé de la manifestation de samedi est délimité lui aussi et ne passe par le centre. « Nous voulons y passer si ça nous dit », c'est que disent en substance les responsables anti-OTAN, qui voudraient une meilleure visibilité de la démocratie.
Démocratie ? Mais on en est déjà à faire passer des lois sans qu'elles soient votées par le Parlement : sur la publicité et l'audiovisuel, sur le retour dans l'OTAN, justement... C'est cruellement ironique de voir que d'aucuns pensent manifester pacifiquement contre une organisation militaire, qui par les moyens qu'elle mobilise pour se protéger, assimile les contre-manifestants à de dangereux terroristes et en les parquant dans des camps, les pousse à être violents pour se faire entendre... La boucle est bouclée, le cercle est vicieux.
On sert la ceinture des Strasbourgeois, des contre-manifestants, de la démocratie, et pendant ce temps, Obama, Sarkozy et compagnie vont s'en mettre plein la panse. Où ça ? On ne sait pas encore, car le lieu de restauration est tenu secret et peut même changer, stratégie oblige. Un restaurateur me confiait qu'il espérait qu'aucun officiel ne finirait chez lui en dernier recours. Car il n'avait pas envie de faire du zèle. D'ailleurs le zèle, même avec de la mayonnaise, c'est jamais très bon... Au temps pour moi !
Loin de ce sommet de l'Alliance atlantique, de l'autre côté de l'Atlantique, à Londres, Alain Robert a tenté d'atteindre un autre sommet, celui du Lloyds building. Cet homme, qui a déjà escaladé à main nue plusieurs tours emblématiques, voulait alerter l'opinion sur le réchauffement climatique... Il s'est fait interpelé et a fini gelé par la police. Autant pour lui !





Commentaires
1. Le mercredi 8 avril 2009 à 18:58, par miss bio bo
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