Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

 

mardi 28 septembre 2010

De la bière !


Photo : www.dynamictic.info/pubs-insolites-biere

Face à tant de nouvelles du monde qu'on peut juger déprimantes, j'avais envie de vous réchauffer le coeur, ou plutôt de vous le rafraîchir en vous servant une chronique bien fraîche.

Delerm l'a assez fait savoir, la première gorgée de bière, savourée à brûle pourpoint, est la meilleure en même temps que la promesse d'une longue série. Ceux qui sont venus au spectacle le savent, les autres le verront ou pas, en tout cas, je suis amatrice de bière. Et pas des "bières de filles", genre Desperados ou Kriek (quoique de temps en temps, je ne crache pas dessus non plus), des "vraies" bières, celles qui ont du goût, voire du coffre.

De la Chouffe à la Troll, en bassant par les bières d'abbaye, Orval, Leffe, Tripel Karmeliet, les bières belges, bien sûr, ont la classe. Mais les alsaciennes aussi ont la côte ! Eh oui, pour rendre hommage à ma région (God verdommt !), sachez que des brasseries indépendantes et microbrasseries se défendent bien : la Météor, La Licorne, la brasserie Uberach, notamment.

La Fischer reste incontournable et très correcte. La brasserie du même nom a depuis longtemps été rachetée par Heineken, qui est à la bière ce que le vin de table est à l'oenologie... Mais le savoir-faire et la brasserie sont restés du coin et on espère bien que ça va continuer.

Cela ne devrait pas être trop compromis car la brasserie Fischer a des produits phares, et même... stars internationales ! Eh oui, caramba, la Desperados est bien fabriquée à Schltigheim (allez-y, essayez de le dire qu'on rigole), tout comme l'Adelscott, qui n'a rien de scottish. Désolée pour les mythes, mais c'est ainsi et si vous ne me croyez pas, faites ce que fait tout écolo qui se respecte : lisez les étiquettes !

Et à propos d'écolo, j'y viens, j'y cours : il existe évidemment de la bière bio. De nombreuses brasseries s'y sont mises et ça ne date pas d'hier. Si les malts et houblons bio viennent encore d'Allemagne et d'Autriche (avis aux amateurs : il n'y a pas ou peu de culture bio de ces céréales en France), la fabrication, elle, se fait aux quatre coins de l'Europe et aussi en France et sans en faire des packs, je trouve ça bien cool.

La bière bio coule donc à Benifontaine où on fabrique la Jade, première bière bio française depuis 1986 (et vendue même au Monoprix). A Uberach pour la Klintz. A Saverne pour La licorne bio, bière qui n'est pas destinée qu'aux demi-cocus. Au Moulin des Moines, on élabore une bière d'épautre, en collaboration avec l'institut Français de Brasserie, ça fait sérieux. Surtout que d'après Ste Hildegarde, religieuse et mystique allemande du XIIe siècle qui a souligné les mérite de certains produits alimentaires et donné les recettes de compléments alimentaires à base de plantes, la boisson d'épeautre a des qualités revitalisantes, revigorantes et favorise une bonne digestion.

Un pilier de bar n'aurait pas mieux argumenté ! D'autant que c'est ce qu'on dit de toutes les bières chez les amateurs... Enfin, pour ne pas être chauvine, je citerais encore la Moulin d'Asq, fabriquée à Lorchristi, Belgique, et la Moinette de la brasserie Dupont, institution belge également. Il y en a bien d'autres et pour tous les goûts.

Alors pour la mise en bière bio, vous avez tous les choix et ça ne devrait pas être douloureux... Santé ! G'sundheit !

bière Jade
site du Moulin des Moines
La licorne bio
produits de la brasserie Uberach

et dans le commentaire ci-joint, découvrez une autre bière... bretonne, celle-là !

     

dimanche 26 septembre 2010

Une situation électrique !


Photo : "Retour vers le futur", www.premiere.fr

Qui est NOME ? D'où tire-t-elle son nom ? Et en quoi nous intéresse-t-elle ?

La Nouvelle Organisation des Marchés de l'Electricité doit être étudiée, sous forme de projet loi, en 1re lecture au Sénat à partir de lundi, après avoir été adoptée (en 1re lecture donc) à l'Assemblée en juin. Que prévoit-elle ?

Le texte parle modestement de "réorganisation du marché de l'électricité fondée sur un équilibre entre régulation et encouragement de la concurrence". Evidemment, il faut lire entre les lignes et savoir décrypter la langue de bois pour savoir de quoi il en retourne réellement (1).

Depuis l'ouverture du marché de l'électricité à des fournisseurs autres qu'EDF, moins de 5% des ménages ont changé d'opérateurs. C'est-à-dire que les sacripans ne font pas marcher la concurrence (2). Du coup, l'Etat veut forcer la main invisible du marché en adoptant une loi visant à la créer artificiellement. Comment ?

L'idée est simple : EDF se verra contrainte de revendre une partie de l'électricité produite via les centrales nucléaires aux opérateurs concurrents. Si une discussion sur les tarifs fixés par EDF tend à décider si ceux-ci comprendront ou non le prix de démantèlement des centrales, il se trouve en tout cas que pour le consommateur, l'issue est claire.
Certes, EDF ne serait plus la seule à en profiter, mais gageons que cela devrait finir par l'arranger, car si les tarifs de la concurrence augmentent, les siens augmenteront aussi (3).

Et si elle négocie bien, l'entreprise qui a construit son empire sur des fonds publics, devrait pouvoir faire supporter aux autres opérateurs une partie des surcoûts de son exploitation nucléaire.
Il n'est bien sûr toujours pas question d'ouvrir le débat sur l'atome et la privatisation et mise en concurrence du secteur ne va pas aider à garantir le bon fonctionnement et la sécurité des centrales, où les conditions de travail se précarisent depuis quelques années (4).

En outre, les coupures seront beaucoup plus fréquentes, comme c'est le cas dans les pays qui ont déjà privatisé le marché de l'électricité comme l'Angleterre ou l'Italie (5). Remarquez, dans mon quartier, cela fait déjà des années qu'il y a des coupures occasionnelles d'une heure en moyenne... En plein Paris ! Et gageons qu'avec la raréfaction des énergies fossiles, cela ne devrait pas s'arranger à l'avenir.
Mais où est donc passée "la fée électricité", la magie du progrès ?

Sans rire, il est donc plus que jamais temps d'investir dans les énergies alternatives ! Mais si EDF fait du Greenwashing(6) dans ses publicités, a-t-elle l'intention d'aller dans ce sens ? Que nenni.

En effet, autre décision avalisée par le gouvernement est passée cet été : les producteurs d’électricité solaire au-dessus de 3 kWc, soit les professionnels du secteur (propriétaires de centrales solaires et panneaux intégrés au bâti) et les agriculteurs pour qui l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments agricoles constitue un complément de revenu, voient le prix de rachat de leur électricité baisser. Pourquoi ? Borloo invoque l'incidence que cela aurait sur les particuliers, l'électricité solaire étant rachetée par la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE), réglée avec la facture d’électricité (7).

Mais pourquoi ne pas la faire racheter alors directement par les revenus d'EDF, là où se logent les bénéfices ? Si le parc de panneaux solaires français a été multiplié par 10 en deux ans, n'est-ce pas que cela a bel et bien de l'avenir ? Pourquoi tout faire pour bloquer ce mouvement, et en même temps promouvoir la loi NOME, si ce n'est pour nourrir l'intérêt privé plus que le général ? Le Grenelle de l'environnement était décidément une grande mascarade...

Même si une hausse des tarifs se répercuterait aussi sur ses factures, sachez qu'adhérer à Enercoop(8) reste un moyen de soutenir les énergies renouvelables, la coopérative étant la seule de tous les opérateurs qui produit la quantité d'électricité que vous consommez de manière alternative, les autres ne faisant que le dire.

Et pour faire pression en faveur de la non-adoption de la loi NOME, vous pouvez signer ici. En espérant que cela serve à quelque chose... avant que la situation ne s'électrise !

(1) La loi Nome sur le site du Sénat
(2) Loi Nome - fournisseurs-electricite.com
(3) La loi Nome par les syndicats
(4) documentaire RAS Nucléaire, rien à signaler de Alain De Halleux
(5) La grande braderie de l'électricité à travers l'Europe - Le monde diplomatique
(6) EDF nominé en 2009 aux Prix Pinocchio des Amis de la Terre pour son Greenwashing
(7) EDF rachète l'énergie solaire au rabais - France Info
(8) le site d'Enercoop

     

mercredi 22 septembre 2010

Si la Terre m'était contée... (juste un poème pour la route)


Photo : www.ecogine.org

Dans une goutte d'eau, la vie
Sur une feuille gorgée de soleil, l'envie
Le mouvement, la danse dans un rayon de lumière
Dans une goutte d'eau, la Terre tout entière...

     

En vacance...


Photo : linternaute.com

J'ai pris quelques jours de break et du coup, ce site est resté en vacance...
Je suis de retour, alors de nouveaux articles promptement, promis !

     

lundi 13 septembre 2010

Chabrol et la nature... humaine !


Photo : www.gameblog.fr

Adieu l'auteur, adieu l'artiste ! Claude est parti, vive Chabrol ! C'est sûr, il laisse un grand vide dans le paysage cinématographique français, et c'est le cas de le dire, car sa corpulence généreuse était le témoignage de son amour de la vie. Un bon vivant est mort, comme c'est triste. De la Nouvelle vague à celle qui l'a emporté, il nous a laissé de quoi voir.

Alors on continuera de faire Chabrol dans la soupe en voyant ou revoyant ses films, où la bonne bouffe avait toute sa place, à l'écran ou entre les prises. C'est marrant, la première image qui me vient, c'est celle du "Boucher", avec Jean Yanne et Stéphane Audran, croquant des cerises au kirsch qui faisaient saliver. Sa façon de croquer les gens - villageois, bourgeois - et leurs travers était unique.

Démonstration magistrale dans "La cérémonie", "Merci pour le chocolat", "l'Ivresse du pouvoir", "Au coeur du mensonge", "Violette Nozière", "Poulet au vinaigre", et tant d'autres, et un peu moins habitée dans "La demoiselle d'honneur", "La fille coupée en deux". Sur 54 films, il y a forcément du moins bon. Mais peu importe, Chabrol vivait, Chabrol oeuvrait et nous livrait des films, des films, des films. Autant de lucarnes ouvertes sur le monde. Un monde étroit et biaisé, souvent. Il aimait dépeindre la nature, oui, mais la nature humaine.

Dans "Le boucher" encore, c'est d'ailleurs dans la nature que les plus bas instincts de l'homme se dévoilent. Et des gouttes de sang dégoulinent d'un rocher sur le goûter d'une écolière... L'ironie du grand maître faisait passer la satire sociale avec culot et ingéniosité.

Les anges ont de la chance, ils vont bien se marrer, ça va les changer. Quant à moi, je sèche mes larmes amères et je me dépêche de (re)voir ses films...
Mais quand même, Chabrol mort, cha fait tout drôle.

     

vendredi 10 septembre 2010

Les 3 Suisses made in où ça ?


La pub des "3 Suisses", retouchée par mes soins*

Vous l'avez sûrement vue comme moi, la campagne des "3 Suisses" perce un peu partout en ville... A coups de "Finie la lutte pour être classe" ou "La petite robe noire sans être dans le rouge", la marque veut nous imprimer qu'on peut être bien habillée pour pas cher. Oui, mais ce serait plutôt "Le chic sans fric... grâce aux Asiatiques ?"

On ne va pas nous la faire. Le "made in china" permet, certes, d'acheter des vêtements à moindre prix pour nous, mais à un fort coût social pour les Chinois qui les fabriquent. Alors, j'entends d'ici "on s'en fout des Chinois", mais pensez-y : un jour, c'est chez nous qu'on dira "Le Chinois travaille à tant, pourquoi pas toi ?". De toute façon, la régression sociale n'est déjà plus une abstraction.
Ca tombe bien, c'est le moment d'apprendre à faire autrement, de faire des choix. Et on peut aussi dire qu'on ne s'en fout pas des Chinois, qui sont des hommes comme vous et moi... Enfin, moi, je suis une femme, hein, mais c'est un détail.

Quand je dis "made in China", je pourrais aussi dire "made in Indonesia" ou "made in Roumania". Alors, comme c'est l'Europe, on a tendance à penser que c'est mieux. Mais là aussi, les Chinois acceptent à des conditions bien inférieures, les mêmes postes que les Roumains. Lors de l'entrée dans l'UE, bon nombre de Roumains ont quitté leur pays, occasionnant une pénurie de main d'oeuvre à combler**. Je n'incrimine pas non plus spécifiquement le Chinois, c'est bien sûr tout le système qui bat de l'aile.

Alors pour ne pas battre de l'elle, parce qu'être belle ne rime pas avec consommer, parce qu'on n'a pas besoin d'avoir 150 tenues pour être respectable, on n'achète moins d'habits et mieux, pour privilégier la production française et européenne. Direction les créateurs et les marques éthiques, il y en a plein. On peut aussi dégoter de beaux lots en friperie, temples du recyclage par excellence.
Et partout ailleurs, on n'oublie pas ses armes naturelles : ses yeux et ses doigts pour chercher les étiquettes et voir d'où ça vient !

Pour que chic rime plutôt avec éthique.

*Originale ici
**article du Post sur le sujet

     

mercredi 8 septembre 2010

Dans le cochon tout n'est pas bon, non !



Vous aviez suivi l'affaire du cheval déchu par les algues vertes* ? Eh bien, cette année, rien n'a changé ou presque : ce sont des milliers de tonnes de laitues des mers qui déferlent sur les côtes bretonnes et dans les ports à cause de l'élevage intensif de porcs.

Les nitrates et l'azote rejetés par les exploitations porcines en surnombre polluent allègrement et on croirait voir Allègre en action tant le problème est traité à l'en-vert. Bruno Le Maire a fait construire, à grand renfort de pognon, des usines qui réduisent les algues en compost, après les avoir ramassées sur les plages. Coût du ramassage : 30 000 euros par jour, coût des usines : plusieurs millions**.

Ne serait-il pas plus raisonnable de limiter le nombre de cochons qui se comptent par millions ? Pour faire les porcs, tout est bon : on préfère inciter, à grand renfort de subventions publiques, les éleveurs à fabriquer de l'électricité à partir des nitrates... et avec l'azote et le phosphore qui restent, on fait quoi ? Ben, nous, rien, mais les cyanobactéries, elles, aiment ça ! Ces mircoorganismes pullulent l'été dans les rivières et lâchent des toxines urticantes, paralysantes ou amnésiantes... Vous avez dit sympathique ?

Pas de quoi nous faire oublier les gesticulations ministérielles, en tout cas.
A vouloir ainsi éviter à tout prix (c'est le cas de le dire, et c'est notre argent...) le problème majeur de diminution des têtes de bétail et des conditions de leurs traitements (ça, c'est pas du bio, c'est sûr !), Le Maire nous fait de l'art ou du cochon ?

Et les coopératives agricoles, comme le Cooperl de s'inquiéter qu'on les contraignent par des mesures drastiques... Mais la seule dureté en vue, c'est celle de l'eau dont la qualité ne risque pas de s'améliorer...

* cf. "De l'art de noyer le poisson et les ours polaires" sur La touffe verte (déc. 09)
**cf. article "Un tour de cochon" du Canard enchaîné du 18/08/10

     

mardi 7 septembre 2010

La pilule, dure à faire avaler...


Photo : http://i88.servimg.com

Si je vous dis "la pilule pollue et pullule", vous allez me dire que je pourrais réviser ma diction théâtrale ailleurs ? Et pourtant...
Le petit comprimé salvateur qui a permis à bien des femmes, - et des hommes, du même coup -, de vivre plus sereinement leur sexualité n'est pas un bienfaiteur de l'environnement. Qui l'eut cru ? C'est cruel mais c'est ainsi. (enchaîner ces deux phrases est encore un exercice d'articulation)

Reprenons au début : la pilule, composée d'hormones de synthèse, passe dans notre corps, puis est rejetée en partie dans nos urines. Celles-ci sont traitées dans les services des eaux usées avant d'être rejetées dans les cours d'eau ou réinjectées dans le circuit de l'eau potable.
Comme le précise Hélène Budzinski, responsable du groupe "Physico- et toxico-chimie de l'environnement" à l'Institut des sciences moléculaires (1), "les stations d'épuration, bien qu'elles se soient énormément améliorées sur le plan technique, n'ont pas été conçues pour éliminer la totalité des molécules pharmaceutiques."

Des restes cumulés de toutes les pilules prises par toutes les femmes se retrouvent donc dans les rivières et l'oestrogène en surdose fait changer de sexe certains poissons.
C'est là où la femelle fait mal. Et les mâles ne savent plus où donner de la queue ni de la nageoire. C'est triste quand on voit qu'une telle avancée sociale a pu rimer avec une dégradation importante de l'environnement.

D'aucuns, évidemment, se sont empressés d'incriminer la pilule, visant par là la liberté sexuelle : le Vatican a dénoncé les méfaits de la contraception en janvier 2009.
Chez nous, c'est le député Christian Vaneste, réputé pour ses propos de haute tolérance de l'homosexualité (NB : il avait déclaré que l'homosexualité était un réflexe facile à rééduquer, puis avait carrément fait le rapprochement entre homosexuel et pédophile (2)), qui s'attaque au problème lors d'une question au gouvernement en juillet 2010 (3), laissant planer le doute sur ses intentions.

Que l'on s'entende, il n'a pas tort de soulever le débat, mais la pilule n'est pas un cas isolé. En fait, c'est l'ensemble des produits médicamenteux qui sont à prendre en compte.
Même l'aspirine, dégradée à plus de 90 %, se retrouve en traces dans les eaux usées remises en circulation, puis dans les cours d'eau. Certains composés comme la carbamazépine (un antiépileptique) ou le diclofénac (un anti-inflammatoire), eux, ne se dégradent quasiment pas.

Et Hélène Budzinski d'ajouter "qu'il faudrait moderniser les stations d'épuration", mais "ne pense pas que l'amélioration des procédés de dépollution suffise à tout résoudre. Le mieux serait de traiter le problème à la source, c'est-à-dire consommer moins de médicaments inutiles."
Elle a raison, beaucoup de médicaments sont inutiles.

La dernière pilule que je teste en ce moment est la plus proche qui ait jamais été faite de l'oestrogène humaine... Mais sans en être ! Or la molécule humaine, elle, est parfaitement reconnue et assimilée par l'environnement. En outre, cette pilule est fabriquée par Bayer, un labo qui fait aussi des OGM, ça laisse pantois.
Et pourtant, même si j'ai troqué et troque encore de nombreux comportements quotidiens pour des gestes plus écolos, j'ai du mal à trancher, je l'avoue.

Quid des alternatives contraceptives ? Le préservatif, évidemment. Et le stérilet, même si sa pause à des femmes qui n'ont pas été enceintes est controversée.

Quid des solutions plus générales ? Réduire la prescription de pilules, notamment pour l'acné ou la simple régulation des cycles (qui de toute façon sont artificiels sous pilule). Pouvoir fabriquer de l'hormone humaine en laboratoire, mais cela va poser des problèmes éthiques. Trouver un moyen de cibler l'oestrogène dans les stations d'épuration et de la détruire, mais cela semble bien illusoire.

Je vous le confirme, l'affaire est complexe. D'autres problèmes majeurs de pollution doivent être traités avant, selon moi, sans perte sociale (au contraire !), comme celui des pesticides, présents partout, de l'air à la terre, en passant par l'eau, nos assiettes, nos verres...
Et pourtant, si on est verts, il faudra bien aussi trouver une alternative à la pilule...


Mise à jour (février 2011) : ça y est, j'ai franchi le pas et arrêté la pilule qui se remplace quand même assez aisément. A chacun de trouver comment. :)

(1) interview sur le site du CNRS
(2) cf Wikipédia
(3) e-deo.info

     

lundi 6 septembre 2010

Les pesticides avides...



On commence à le savoir, et ceux qui prétendent l'ignorer ou ne pas se sentir concernés feraient bien de s'y mettre : les pesticides nous agressent de toute part. A force de s'insinuer dans les sols, ils les polluent et tuent la terre qui pour produire ensuite doit être aidée à coups de pesticides, sinon ça ne pousserait même pas. Et le cercle est vicieux.

L'eau des cultures gorgée de pesticdes part dans les nappes phréatiques, les rivières, touchent les poissons. Et donc nous, soit direct au robinet, soit dans l'assiette. Et comme ils ne manquent pas d'air, il est dangereux aussi d'inspirer les-dites substances. Tous les légumes cultivés en agriculture extensive sont potentiellement cancérigènes quand nous croquons dedans tant ils sont gavés de ces fameux "produits phytosanitaires".

Mais laissez-moi rire : phyto, ça ne voudrait pas dire la santé par hasard ? Mais la santé de qui alors ? Pas des sols, pas des eaux, pas de l'air, pas des animaux, pas des légumes, pas des humains... Hum, hum, ça se corse... Ah, mais oui, suis-je bête ! C'est la santé du portefeuille de ceux qui produisent les produits ! Et la boucle est bouclée.

Mais, tel le cycle de l'eau, celui des pesticides est partout : au contact (même faible mais répété) des pesticides, on ne risque pas seulement le cancer (ou Parkinson comme cela l'a été montré récemment), non, cela poste aussi un problème de fertilité, puisque la concentration de spermatozoïde est inversément proportionnelle à celle de pesticides ingérée, respirée ou touchée.
Les courbes sont édifiantes : en un siècle, la fertilité à littéralement chuté (1).

Et où en est-on aujourd'hui ? Pas très loin, en tout cas, loin du compte. Avec 76 000 tonnes de substances actives vendues par an (2), la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. L'agriculture biologique ne représente que 2,1 % de la surface cultivée (3). C'est risible quand on connaît l'augmentation constante de la demande. Les gens ne sont pas bêtes, ils commencent à vouloir manger autre chose que ce qu'on leur sert. Et qui serre la Terre.

Le Grenelle de l'environnement a pointé du doigt l'usage intensif de pesticides dans les cultures françaises. Le plan Ecophyto 2018 qui en a découlé vise une réduction de 50 % des produits phytosanitaires d'ici huit ans ''si possible'' (no comment) et le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes. Mais les moyens à mettre en œuvre pour réaliser cet objectif n'ont pas réellement été définis... Ah non ? Comme c'est bizarre.

En 2010, l'étude Ecophyto R&D de l'INRA (2) évalue les techniques et les pratiques pour dessiner des scénarios réalistes de réduction progressive des substances. L'étude conclut qu'il est possible de réduire de 3 à 40 % le recours aux pesticides en moyenne, selon les cultures, par rapport au mode de production intensif, sans affecter le niveau de production. Pour aller plus loin, il faut passer par un ''retour à l'agronomie'' : travail sur la date et la densité du semis, le choix variétal, la rotation des cultures… ce qui paraît quand même être le b.a.-ba de l'agriculture...

L'étude demande de privilégier les techniques de protection intégrée, ce qui veut dire que plutôt que de tout miser sur la guerre contre les parasites (animaux ou végétaux) à grands coups de pesticides, il faudrait des systèmes d'exploitation qui permettent la régulation des "attaques" et l'harmonisation des cultures avec leur environnement. Aller vers l'agriculture biologique, en somme !

Enfin, sachez que les cultures les plus arrosées de pesticides en tous genres, sont la pomme de terre, le colza (présent dans beaucoup d'aliments transformés) et la vigne...
Avis aux hédonistes, le vin bio s'est bien développé ces dernières années et on trouve du bon à tous les prix... Il faut juste goûter, choisir... et déguster pour se réconcilier avec la vie !
PS : bio veut dire vie...

(1) cf courbe sur le site du MDRGF
(2) rapport sur le plan Ecophyto 2018 sur le site d'Actu-Environnement
(3) chiffre INSEE
(4) non, il n'y avait pas de (4) dans le texte, ne cherchez pas ! C'est juste pour remettre le lien vers le site de France Nature Environnement, dont j'ai utilisé les affiches très parlantes !

     

mercredi 1 septembre 2010

Le gâchis du Gaucho



A ceux qui doutent encore que les pesticides ont un impact sur la santé, voici le témoignage de Gilbert Vendée, qui a réussi à faire reconnaître son intoxication au Gaucho comme maladie professionnelle. Il a développé Parkinson suite à son travail d'agriculteur en contact récurrent avec le pesticide. Vendée, pas vendu, a tenu bon pour obtenir ce verdict.

Car c'est là que le bât blesse, la MSA (Mutualité Sociale Agricole) a refusé de reconnaître sa maladie comme professionnelle, ayant trop peur de créer des précédents, démontrant par là-même l'efficacité des lobbyings des grands groupes producteurs de pesticides.

Et si le TASS (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale) a finalement accédé en sa faveur, pour que cela devienne un précédent, il faudra... qu'il y ait des suivants ! Voilà pourquoi Gilbert témoigne sur le site de rue89 (1), incitant ses collègues touchés à s'exprimer. Oui, mais...

Si les apiculteurs ont démontré les liens entre le Gaucho et la mortalité des abeilles, ils peinent à faire interdire définitivement le produit. Le principe de précaution qui consistait à interdire le Gaucho sur les cultures de tournesol n'a été appliqué que de 1999 à 2003 (2). Pour ce qui concerne le maïs, l'interdiction d'utiliser le pesticide est en vigueur depuis 2004, ce qui n'empêche pas que le Cofidor qui a la même matière active soit autorisé sur d'autres cultures... Et que d'autres pesticides comme le Cruiser posent problème (3).

Alors, pour ce qui concerne les hommes, ce n'est pas mieux, les entreprises tergiversent et tendent à responsabiliser directement les utilisateurs qui ne porteraient pas leurs masques... Un peu facile, non ? Si les recommandations insistent tant sur le fait de se protéger, cela prouve la toxicité des produits, et on sait bien que même avec un masque, des particules passent. En outre, d'après Gilbert, il est irréaliste d'imaginer rester masqué 13 heures d'affilée.
Les agrochimistes s'accrochent et les agriculteurs décrochent...

Même si la reconnaissance obtenue ne le soignera pas, gageons que Gilbert Vendée s'en sent un peu plus léger. Les pesticides ? Vendez-les au diable, on n'en veut plus !

(1) voir sur rue89
(2) cf Wikipédia
(3) article de février 2009 sur La touffe verte