Bienvenue sur latouffeverte.com, un site pas piqué des ver(t)s !
Parce qu’on étouffe sous l’intox, vous trouverez ici des infos écolos décalées,
pour prolonger le spectacle Charlotte Normand se met au vert...

 

 

dimanche 29 août 2010

Quand Sarko crie au loup


Photo : © www.loup-ours-berger.org

Quand Sarko déboussolé, quand Sarko critiqué, quand Sarko ne sait pas quoi faire, Sarko cherche bouc-émissaire...
Et se prend pour un chevalier masqué... qui porterait un loup.
Et Sarko passe, et Sarko-phage !

Ainsi en a-t-il décidé du sort du loup. Réintroduit en 1992, surtout dans les régions alpines, la population a augmenté de 20 à 25 % pour atteindre aujourd'hui près de 220 bêtes*. Evidemment, les carnivores se servent dans les élevages, évidemment les éleveurs hurlent à la mort.

Néanmoins, selon Jean-François Darmstaedter, président de Ferus, association de protection du loup, "l'expérience montre que si la protection des troupeaux de moutons est bien mise en place, ça se passe très bien".
Il existe quand même des races de chiens qui protègent les troupeaux férocement et effraient véritablement l'animal aux longues dents. On peut donc se demander s'il n'y a pas comme une envie de vengeance primaire dans l'air, une envie de dégommer du loup pour se sentir un homme respecté.
C'est un peu le loup contre les loulous.

D'autant que certaines morts de moutons seraient aussi dues aux attaques de chiens errants sur lesquels il n'est pas proposé de tirer. Qu'on s'entende, ce n'est pas moi qui vais louer la généralisation de la chasse à court.
La chasse à court ? Tu vois un truc pas loin qui te gênes, tu tires ! D'autant que Sarko propose une autorisation d'accélérer l'obtention du permis de chasse pour les éleveurs concernés. Du vrai court terme. Super.

Plutôt que de persévérer à trouver des solutions d'harmonisation, on va donc tuer l'animal qui a été réintroduit exprès dans nos forêts pour sauver la biodiversité. On ne remet donc pas en cause la surpopulation dans les pâturages qui rend plus difficile la surveillance du troupeau et sa concentration difficile et nocive.

Pourtant Sarko, qu'on pourrait pour le moins soupçonner d'avoir les dents longues, ne semble pas avoir peur des méchants loups de la finance et vampires des multinationales qui saignent le monde à blanc.
De quoi rire jaune et à pleines dents, babines retroussées évidemment.

*article de l'Express
article de Libé avec des photos croustillantes...

     

vendredi 27 août 2010

L'identité...

Une fois n'est pas coutume, je vous fait simplement partager cette chanson des Têtes Raides, car elle a beau avoir 10 ans, elle sonne terriblement d'actualité, en cette période où le débat sur l'identité nationale est plus que jamais sujet à des amalgames attristants.

Je vous laisse donc écouter "L'iditenté", chantée en duo avec Noir Désir et vous conseille de l'écouter en buvant un verre de rhum... ou un vert de Rom ou... whatever, assez de cette France franco-française qui ne veut plus rien dire, car "Que Paris est beau quand chantent les oiseaux, que Paris est laid quand il se croit français" !

     

lundi 23 août 2010

Les noix de lavage ou le vrai faux débat sur les lessives vertes...


Photo : http://resume.trefle.com/

Début juillet sur rue89*, un débat a attiré ma curiosité et à vrai dire m'a un peu stupéfaite... Il s'appelle "noix de lavage contre lessive chimique", comme si la noix était la seule alternative possible aux lessives bourrées de produits de synthèse cancérigènes qui polluent et qui puent (mais souvent, cela va ensemble).

Alors, moi, je le dis d'entrée de jeu et franchement, il y a bien longtemps que j'ai essayé la noix de lavage... et que je l'ai arrêtée aussi. Je ne suis absolument, mais alors absolument pas convaincue de son efficacité, surtout sur les zones en contact avec la transpiration. En clair, en sortant mes t-shirts et autres tops de la machine, ils sentaient encore sous les aisselles ! Certes, j'avais trouvé mes parades et les enduisait à ces endroits-là de savon de marseille, et pour donner à mon linge une odeur agréable, j'ajoutai quelques gouttes d'huile essentielle de géranium... C'était mieux, mais pas top.

En outre, la noix de lavage a aussi l'inconvénient de jaunir le linge blanc. Là encore, on m'avait conseillé l'huile essentielle de térébentine (à ne pas confondre avec l'essence !), et j'ai persisté un temps... Jusqu'à ce que je remarque que le marché de la lessive bio s'était considérablement amélioré et qu'on peut laver vert sans que cela brise les noix.

Il existe maintenant bon nombre de marques qui intègrent des composants naturels d'origine minérale et végétale, biodégradables et, comme dans les cosmétiques bio, s'il y existe encore quelques produits de synthèse, ils sont non-nocifs pour la santé et l'environnement.

Comme pour le transport, et donc le bilan carbone, il est difficile de faire pire que la noix de lavage qui vient d'Inde, voici par exemple l'initiative d'une petite société, Terre d'écologis**, qui compose une lessive à base de savon d'Alep. Celui-ci est fabriqué en Syrie par un artisan selon la méthode traditionnelle au moment où les huiles d'olive sont extraites, soit en novembre. L'élaboration du savon ancestral dure jusqu'en février. Selon les concepteurs : "Il n'y a pas la possibilité en Europe de recréer ce mode de fabrication et cette cuisson si particulière du savon d'Alep"... J'avoue que je n'ai pas de base solide pour les contredire, je me permets donc juste d'émettre un petit doute.

Comme il m'a été donné de tester leur lessive, je peux dire que je la trouve très douce (elle est constituée essentiellement d'huile d'olive et de baies de laurier) et l'odeur est agréable et naturelle. La lessive liquide est plus facile à utiliser que celle en poudre qui doit être diluée avant utilisation. On sent que le tout a été composé avec soin et les concepteurs garantissent un cahier des charges exigeant et respectueux de l'environnement.

Maintenant, c'est vrai que d'autres lessives, comme une lessive à base de composants naturels ou de savon de Marseille, ont l'avantage de pouvoir être entièrement conçues plus proche de chez nous...
A vous de (la)voir !

*article ici
**site de Terre d'écologis

     

Fausse fin et vraies marées noires


Une plate-forme pétrolière remorquée en mer Caspienne
Photo : A. Ustinenko/Peter Arnold, Inc.


Après de multiples rebondissements, la fuite de pétrole de la plateforme Deepwater Horizon a été colmatée. Cependant, si on nous annonce que c'est bel et bien fini, une opération reste encore à effectuer et malgré tout, les risques liées à la pression existent encore même s'ils sont qualifiés de "minimes".

D'autant que le colmatage ne s'est pas fait sans différents épisodes lui-même. Décidémenent, cette marée noire, c'est plus qu'une saga de l'été. Le 15 juillet, donc, la pose d'un entonnoir sur le puits avait permis de stopper la fuite. Puis le 3 août, l'opération poétiquement nommée "static kill" a bouché le puits par des boues de forage, une étape cruciale... mais pas définitive. Une fois les liquides et matières solides injectées, le trou a été cimenté. La manoeuvre n'a cependant jamais été testée auparavant et une initiative similaire avait échoué fin mai.

Oui mais ce n'est pas tout. Une ultime procédure, de son nom de guerre “bottom kill”, doit clôturer les opérations et mettre en service deux puits de secours destinés à intercepter le pétrole sous le fond de la mer, par en dessous. Elle devrait confirmer le succès du “static kill”, et sinon, le puits principal sera cimenté via un puits de secours. Cette action devait être menée à la mi-août... Elle est finalement repoussée à début septembre. La Maison-blanche patauge encore en termes de marée noire.

Et puis, une fois n'est pas coutume, voilà que ce soi-disant "ultime recours" n'est que l'avant-dernier ! En effet, avant de pratiquer "bottom kill", il faut changer une valve. Oh, trois fois rien, il s'agit juste de celle qui a provoqué l'explosion ! Cette vanne "anti-explosion", justement, était défectueuse... Eh oui, ce serait aussi bête que ça. A se demander quels genres de contrôles matériel ils font chez BP.

Mais avant de pouvoir poser une nouvelle valve, des tests doivent être conduits afin de s'assurer que le nouvel équipement n'endommage pas le puits et que la pression exercée par le pétrole ne cause pas de nouvelle fuite, a expliqué l'amiral Thad Allen, principal responsable de la lutte contre la catastrophe.
En clair avant "l'ultime étape", une autre opération doit être réalisée, qui demande elle-même une batterie de tests !

Ils sont forts en fausses fins, décidément ! Le scénario co-écrit par BP et les autorités est troublant de suspens... Cette fois, la date annoncée est "aux alentours du 6 septembre"*. Gageons qu'une ultime pré-ultime étape s'avérera bientôt nécessaire... A croire que les auteurs du drame ne savent pas comment conclure en beauté. Ils se font attendre, désirer... De vrais artistes !

Et pendant ce temps, la Chine affiche le 2e PIB mondial derrière les Etats-Unis. Certes, divisé par le nombre d'habitants, le pays reste parmi les plus pauvres de la planète, mais cela n'empêche pas les économistes de parler de "puissance mondiale" et de "modèle à suivre"... Toujours derrière les Etats-Unis mais bien placée, la Chine a eu aussi sa marée noire de l'été. La catastrophe a été provoquée à la mi-juillet par l'explosion de deux pipelines à Dalian, port au nord-est de Pékin. Le gouvernement chinois a, bien sûr, tenté de minimiser l'ampleur de la chose, affirmant que seules 1 500 tonnes de pétrole ont été lâchées dans la nature.

En fait, selon un rapport de Greenpeace, c'est 60 000 tonnes qui auraient fui, soit quarante fois plus. Selon Richard Steiner,expert en marée noire de l'Université d'Alaska invité par Greenpeace : "C'est habituel pour les gouvernements et les compagnies pétrolières de minimiser l'ampleur des marées noires et l'impact environnemental d'une fuite de pétrole ou chimique et d'amplifier l'impact de leur réaction."
De vrais scénaristes, je vous dis !

Et avec les chiffres aussi, ils savent faire de la fiction : selon Libération**, un total de 4,9 millions de barils (780 millions de litres) se sont échappés du puits endommagé à la suite de l’explosion et du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon fin avril. Quelque 800.000 barils (127 millions de litres) ont été récupérés. Et chez BP, on parle de "trois quarts de bruts éliminés"... Pour moi 127 sur 780, ça ne fait pas trois quarts ! Alors même si une partie s'est "évaporée", ça laisse sceptique.
Et pourtant, BP crie victoire... Cherchez l'erreur.

*dépêche de Libération
**article de Libération

     

samedi 21 août 2010

Willy Ronis, derniers jours


Photo : Willy Ronis (détail)

L'exposition de photos de Willy Ronis, photographe humaniste français disparu en septembre dernier, à l'Hôtel de la Monnaie à Paris touche à sa fin. Si vous ne l'avez vue et avez le courage d'y affronter le monde, il vous reste jusqu'à demain soir.

J'y suis allée vendredi et je dois avouer que j'ai parcouru très rapidement les premières salles pour éviter la promiscuité collante avec la foule amassée devant les précieux clichés. Ils sont écolos à la Monnaie, y a pas de clim'... Et quand il fait 30 degrés, ça devient une expérience intéressante !

J'ai donc testé les flashs de la visite éclair, même si évidemment ça mériterait de s'attarder beaucoup plus. Et voici les instantanés qui m'ont marquée : une vieille dame à Anvers, le sourire aux lèvres et le nez dans la bière, son chien à l'air super-gentil à ses côtés qui a l'air de l'envier. Les nus qui de 1981 à 1999 montrent l'évolution des critères esthétiques : en 18 ans l'épilation du maillot est devenue la règle et à celle qui arborait fièrement une toison fournie a succédé celle qui la porte en ticket de métro !

Enfin, Ronis, quand il ne photographiait pas les gens en ville, avait l'air d'aimer la nature et a même fait des thématiques entières sur les chats. J'ai beaucoup aimé le cliché qui montre un beau matou noir qui mate l'objectif de derrière une plante derrière une vitre. La composition est belle, et évidemment, c'est nous qu'il regarde.
Et chat, cha m'a plu !

     

vendredi 20 août 2010

Crime d'amour versus D'amour et d'eau fraîche



Petite parenthèse estivale cinéphilique dans mes chroniques vertes, j'ai eu envie de vous partager mes impressions sur ces deux films sortis le même jour et à l'affiche cette semaine.

Crimes d'amour est le xième film d'Alain Corneau. Ce monsieur au nom entre Le corniaud et Le corbeau a réalisé notamment Le choix des armes, Nocturne Indien, Tous les matins du monde, Le prince du pacifique, Le cousin, Stupeurs et tremblements, c'est-à-dire du bon et du moins bon. Isabelle Czajka signe avec D'amour et d'eau fraîche son 2e film après L'année suivante déjà avec Anaïs Demoustier et déjà fort remarqué mais que je n'ai pas vu. Espérons que faire des films qui critiquent avec talent notre sombre société ne sera jamais considéré comme un délit et que la dame gardera sa nationalité française... Pardonnez cette petite allusion, cynique s'il en faut, à la situation politique actuelle, mais il est difficile de ne rien en dire.

Mais revenons à nos matons : si les portraits au vitriol de la société du travail sont bien le point commun entre les deux films, la case prison y est aussi présente dans les deux, directement ou par allusion. Cependant, là où Isabelle Czajka parvient à toucher juste, constamment entre humour et drame, Alain Corneau verse dans la caricature. Cela n'engage que moi, mais l'engagement léger de la première est plus marquant que le surlignage appuyé du deuxième.

La jeune femme en quête de travail et de vie d'adulte, incarnée avec une sobriété joyeuse par Anaïs Demoustier, est attachante d'authenticité. A la fois dynamique et dépassée par la tournure des choses, elle crée l'empathie et suivre son parcours montré avec finesse fait passer le message et le temps très vite. Les personnages de femmes d'affaires incarnées par Kristin Scott Thomas et Ludivne Sagnier (au service de la première) ne touchent pas. Elles sont grossièrement dépeintes, l'une comme l'autre, et bien souvent la satire tourne au grotesque.

J'avais aimé Tous les matins du monde et apprécié Le cousin, j'ai été foncièrement déçue par Stupeur et tremblements, Les mots bleus. Crime d'amour ne remplit pas sa promesse, vendu qu'il a été comme film hitchcockien ! Le film noir se déguste bien serré et là, le scénario manque cruellement de rythme. Et la justesse des dialogues d'Isabelle Czajka, drôles et graves à la fois fait mouche là où l'exagération de ceux de Corneau fait moche (comme la scène où Kristin Scott Thomas demande à Ludivine Sagnier de lui dire qu'elle l'aime).

Evidemment, l'appréciation d'un film est suggestive et personnelle. Evidemment je ne remets pas en cause le travail fourni et le potentiel des acteurs. Il se trouve que depuis quelques films, Alain Corneau ne me convainc pas. Mais un film se critique toujours mieux soi-même, alors si vous pouvez allez voir les deux.
Mais si vous ne devez en choisir qu'un, eh bien... Vivez d'amour et d'eau fraîche !

     

mardi 17 août 2010

Charlotte et l'arbre



Elle est belle, Charlotte, et elle fait des choix de rôles exigeants et convaincants. Là, on la retrouve dans "L'arbre", sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes et projection de clôture. Comme son titre l'indique, le film s'intéresse à la vie d'un arbre et de la famille qui gravite autour.

Un puissant figuier aux racines tentaculaires a envahi le jardin d'une maisonnette sur pilotis au beau milieu de la campagne australienne. Ca fait râler les voisins car le fier à bras pousse jusque sous leur nez.

La maison, c'est celle de Dawn (incarnée par Charlotte Gainsbourg, donc), de son mari Peter et de leurs quatre enfants. Quand Peter décède brutalement au volant d'un infarctus foudroyant, la petite Simone, huit ans, sent sa présence dans le grand figuier. Réincarnation puissante, l'arbre parle à ses oreilles et elle fait part de sa découverte à sa mère, qui se réfugie dans les branchages pour fumer une cigarette et garder le contact avec son défunt époux.

Poussé lui aussi par le désir de combler l'arbre, le cadet de la famille l'arrose, le chouchoute discrètement. Un rationnement de l'eau (eh oui, en Australie, c'est déjà chose courante avec la sécheresse) interdit d'arroser l'énergumène feuillu. Qu'à cela ne tienne, l'enfant attend la nuit pour oeuvrer à l'insu de tous.

Mû par une énergie verte et dansante, feuillu, fier, puissant, charnel, l'arbre de tous les débats et les ébats en appelle à la vie. Des péripéties qui découleront de sa proximité sans cesse augmentée avec la maison et ses habitants naît un film fort et léger à la fois. Les actrices et acteurs de tous âges sont poignants et justes, même si le meilleur acteur ne parle pas !

En un mot, j'ai été touchée par cette histoire d'arbre qui ne laisse pas planté là et donne envie de vie.